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Celine Langlois

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Espace perso de Céline

La vie est belle
October 17

Croisières Caraïbes 2008

Jeudi, le 13 mars 2008


Il y a tellement de neige d'accumulé suite aux derniers millions de centimètres reçus à date que je dois demander au taxi d'entrer par le garage car on ne peut pas escalader la montagne qui sépare le trottoir de la rue. On quitte le sol québécois avec 30 minutes de retard que nous rattrapons facilement avec quinze minutes d'avance.... Lise, la tante de Nicole, nous attends à l'aéroport avec son fils Eric. Ce sont les retrouvailles. Dans l'après-midi, on va prendre une marche sur la plage où je fais une rencontre gélatineuse, des jelly fish. Ca ressemble à des implants mammaires ou fessiers, selon la grosseur quoi ! Après une petite marche, on retourne à la pharmacie où Nicole a vu un parasol de plage. WOW, on achète pour la folle somme de 20$ un chic parasol de plage multicolore.

Après avoir gagné de haute lutte à savoir qui était pour payer, nous avons gagné et payé le souper de Lise dans un "Diner" (Gourmet Diner sur la Biscayne à la hauteur de la 178/182e Avenue). C'était super bon et la carte n'avait rien à envier aux meilleurs restaurants et cela ressemblait un peu au Diner dans « Happy Days ».

Anecdote: A la pharmacie, nous avons vu une dame d'environ 70 ans habillé pour la St-Patrick. Ouf, plus kitch que ça tu meurs; à croire qu'elle avait pris ses rideaux de cuisine pour faire sa jupe où elle avait rajouté une bordure en dentelle blanche et des boutons blancs de différentes grosseurs un peu partout sur sa jupe vert irlandais. Elle portait une blouse blanche où l'on pouvait apercevoir environ 2 à 3 pouces de ventre d'une blancheur laiteuse et d'une viscosité.... Et pour couronner le tout, elle devait avoir oublié de passer le peigne dans ses cheveux orange Sunkist car les rouleaux semblaient encore là. Quant au maquillage, disons que le noir Khol rivalisait avec les joues roses.

 
Vendredi, le 14 mars 2008


Ce soir Lise reçoit tous ses enfants à souper. Je me met à la confection de la salade de fruits. Après le lunch où je fais les sandwiches, Nicole et moi partons magasiner avec la voiture de Lise. Je suis presque gênée que je suis ressortie de chez DSW avec 3 paires de chaussures, tout comme Nicole. Lise nous a fait connaître ce dépôt de chaussures il y a quelques années et c'est un rendez-vous incontournable. Ce sont de magnifiques chaussures qui ont pour seul défaut d'être ceux de l'année précédente et comme qualité extrême, être à un prix dérisoire.
Après ces folies, nous sommes revenues pour le souper où nous avons revu avec joie les enfants et petits-enfants de Lise et Louis.

Anecdote : C’est sûr, c’est sûr, c’est sûr, j’ai fait un tout minuscule détour pour me rendre chez DSW; bon, j’ai passé tout droit à l’intersection où je devais tourner.

 

Samedi, le 15 mars 2008

 

C’est le temps de se ramasser et quitter pour l’embarquement sur le bateau. Lise conduit jusque chez Éric son fils qui va conduire jusqu’au port. C’est tout à côté de chez lui. Oups, ne rentre pas qui veut au port de Fort Lauderdale. On doit montrer patte blanche, carte d’identité pour les « chauffeurs » et billets d’embarquement pour les voyagistes. Depuis 09-11 ces installations portuaires sont sévèrement gardées à cause d’une grande quantité de pétrole et autres biens qui transitent par ce port.

Enfin, nous sommes sur le bateau. Après avoir défait nos valises, on se paie notre premier verre de la croisière. Premier mais non le dernier….

C’est l’heure du souper et nous nous rendons à notre table. Nos craintes sont non fondées, on nous a placé avec un couple sympathique de Laval. Et oui, pas besoin d’aller loin pour voir nos compatriotes; un bon groupe de canadiens se trouve à bord. Après le souper, on va voir notre premier spectacle et c’est le dodo après.

 

Anecdote : En arrivant chez Éric, nous débarquons toutes du véhicule pour aller dire un dernier au revoir à la femme d’Éric. Soudainement, le dessus de mon pied gauche se met à chauffer et brûler. Je regarde…. Ah !!!! j’ai plein de petites bibittes sur mon pied. Éric finit par m’attraper le pied, car vous me connaissez, je sautille partout et il m’enlève toutes ces horreurs en examinant entre les orteils. Sa femme arrive avec la « cruche » d’alcool à friction. J’ai pilé sur un nid de fourmis rouges appelées « fire ants » là-bas. J’ai au moins 5-6 petites piqûres sur le pied et ça pique en titi. Bof, une heure après, tout est oublié.

 

Dimanche, le 16 mars 2008

 

Journée en mer aujourd’hui et passée sur le pont pour prendre un peu de soleil…. alors que nous aurions pu rester sur notre balcon qui a été au soleil toute la journée. M’enfin, on était près du buffet et des cornets de yogourt glacé et du lit pour la sieste bien méritée. Après le petit dodo, quoi de mieux que d’assister à la dégustation de vins.

Ce soir c’est le « Welcome Party » en robe de soirée. Le champagne coule à flots ainsi que le vin et je ne m’en prive pas. Après le souper, même routine, soit le spectacle et le dodo.

 

Anecdote : Malgré ma visite au buffet des desserts, il n’y a pas de Boston Cream Pie à l’horizon. Je ne prends pas de chance et je demande ce soir à mon serveur de se renseigner.

 

Lundi, le 17 mars 2008

 

Après 2 déjeuners, non mais il faut prendre des forces intellectuelles, Nicole et moi jouons aux cartes et au Scrabble. Après le lunch, on finit par arriver à San Juan où un tour organisé de la ville nous attend. On va voir le couvent où l’émission « La Sœur volante » a été tournée. San Juan est une jolie ville bordée de la mer.

Au retour, on va prendre notre verre au Colony Club – seul endroit où Nicole peut fumer et encore une fois, le souper et le spectacle…. Routine, routine, mais quelle belle routine.

 

Anecdote : Toujours pas de Boston Cream Pie à l’horizon. Là, mon serveur met ma requête entre les mains du « head waiter ». Ouh là là, il semblerait qu’il va y avoir du Boston Cream Pie bientôt dans mon assiette….

 

Mardi, le 18 mars 2008

 

Ce matin, c’est l’arrivée à Saint-Thomas. On descend assez tôt du bateau afin d’aller en ville pour un peu de magasinage. On se rend à un magasin de dentelle où l’on achète encore plein de petits trucs. Au retour au bateau, on se trompe de taxi « teuf-teuf » et on se retrouve à l’opposé d’où est notre bateau. Notre chauffeur avait mal compris – bof on revient sur nos pas. C’est vraiment une petite île; les poulets se promènent en avant des maisons et commerces. On débarque avec une pluie diluvienne. Quelle chance, car juste sur le quai, il y a plein de boutiques hors-taxes où je m’achète des perles roses en boucles d’oreille.

Après le lunch, on se rend à Megens Bay où nous étions allées il y a 2 ans; magnifique plage mais un temps nuageux. Au moins, je n’aurai pas de coup de soleil quoi ! Au retour, il n’y a plus de place dans le taxi « teuf-teuf », je me retrouve à l’avant à côté du chauffeur. C’est super car tu as une bien meilleure vue de la baie et de la route. C’est tellement beau comme vue.

En arrivant au bateau, on a le capitaine qui nous fait son petit laïus au micro comme à chaque jour. On annonce une mer « rough ». Yes, action!!!!

Ce soir, c’est le souper mystère. On se paie un extra Nicole et moi et allons assister au souper mystère où on a tué quelqu’un. Tout débute dans le Colony Club où il y a une cinquantaine de convives; on nous attend avec champagne et bouchées. Sept comédiens nous présentent la pièce. On se dirige vers la salle à manger où les comédiens viennent à tour de rôle nous dire que ce n’est pas eux qui ont assassiné la personne et on a droit à des questions. Le plus drôle, c’est que le détective-comédien nous montre son faux révolver et je m’en empare. Ce fut le moment le plus drôle car il m’a collé sur une colonne et a fait semblant de vérifier si j’avais le révolver sur moi… oui je l’avais avec moi mais enfoui dans ma serviette de table que j’avais à la main. Quelques minutes plus tard, il est revenu à la table à côté de moi mais à quatre pattes. Je lui ai indiqué le pot dans lequel j’avais mis le fameux révolver. Sinon, le souper spectacle était somme toute assez ordinaire.

Après le souper, nous sommes allées à la chambre de peine et de misère car le bateau semblait pris de tremblements. Wow, là il y avait de la vague.

 

Observation : Les vagues qui nous secouaient étaient d’environ 30 pieds. Selon le capitaine, il y avait eu une tempête en pleine mer; toutefois, des vagues de cette envergure n’avaient pas été vues depuis 1991. Pour Nicole et moi, le seul inconvénient est que le bateau craque et on a l’impression que quelqu’un est dans la cabine, sinon le mal de mer c’est bon pour les autres.

 

Mercredi, le 19 mars 2008

 

J’ai encore le ventre plein du souper de la veille, donc pas 2 déjeuners ce matin. Nous arrivons à Antigua sous un ciel couvert. Bof, y’a rien qui nous arrête Nicole et moi. On prend nos sacs à main et nous voici dans les magasins hors-taxes à la sortie du quai. On achète encore quelques « magnets » à mettre sur les réfrigérateurs et on abouti à une boutique de sacs à main Longchamps. Et arriva ce qui devait arriver et nous sommes ressortis avec chacune un sac. Société de consommation….

On revient au bateau sur l’heure du lunch et après on prend un taxi qui nous amène à une très belle plage mais diminuée du ¾. Et bien oui, quand la mer est agitée elle gruge la plage et on peut presque pas se baigner à cause du ressac. Après avoir déboursé chacune 5$ pour une chaise de plage, on s’installe. M’enfin, Nicole s’installe car moi je bouge 3 fois d’endroit car la mer vient nous lècher les fesses. Les gens sont super gentils; je parle avec un jeune qui est new-yorkais et qui est venu s’installer à Antigua; un autre m’explique un peu la religion rasta et ses 12 branches différentes – vous savez les noirs qui portent les cheveux très longs et en genre de boudins. La mer est tellement forte que Nicole se fait carrément arrosée par une grosse vague. Vraiment la plage est de la longueur d’une chaise longue, mais il fait soleil et on s’en fout.

Notre taxi est revenu nous chercher à 16h pile tel que demandé. Encore une fois, c’est la même routine, petit drink au Colony Club, souper, spectacle et dodo.

 

Observation : La mer était tellement agitée qu’une amarre s’est brisée au quai. Lors du laïus du capitaine, il a mentionné que c’était tout un casse-tête de ne pas laisser le bateau cogner sur le quai et l’endommager. Il faut savoir aussi que durant tout le reste du voyage, la mer sera agitée et on ne pourra pas se baigner en raison des trop grosses vagues et surtout du ressac. Au moins, grâce à ce « brassage » il y a moins de monde dans les coursives…. ils doivent dans leur chambre à rendre l’âme. Il y a même des gens qui travaillent sur le bateau et qui ont une belle couleur verdâtre….

 

Jeudi, le 20 mars 2008

 

Saint-Marteen à l’horizon sous un ciel couvert encore une fois. Bof, on fera une petite sieste en matinée pour nous préparer à l’après-midi qui sera ensoleillé. On quitte le bateau vers 11h30 en water taxi – sorte de teuf-teuf sur l’eau quoi. On fait quelques magasins, plus pour flâner que pour acheter, ben à part les magnets qui sont déjà dans le sac à main; m’enfin, on ne peut pas ne pas en acheter. Après avoir trouvé le magasin de chocolat et celui d’alcool et autres babioles touristiques, on revient tranquillement au quai à teuf-teuf non sans avoir pris un drink sur le bord de la plage. Quoi, l’alcool ça nourrit et ça endort – ce que nous avons fait en arrivant.

C’est le temps de nous habiller et aller souper. Bon, on s’est retenu pour le drink au Colony Club ce soir-là. Comme dessert, wow le Boston Cream Pie pour nous seulement. Notre « head waiter » en fait monter 2 morceaux à la chambre – où je m’empresse de les donner à celui qui s’occupe de nettoyer notre chambre à tous les jours.

 

Anecdote : Jamais plus je vais demander un Boston Cream Pie, plutôt une crème brûlée. En effet, au lieu de mettre une crème pâtissière légère et vanillée, le chef a mis un espèce de mixture ordinaire. Quelle déception.

 

Vendredi, le 21 mars 2008

 

La mer est moins agitée aujourd’hui mais quels craquements nous avons eus dans la chambre. On se fait dorer la « couenne » sur notre balcon. On passe la journée entre la salle à dîner pour le lunch, le balcon pour se faire griller et surtout être près du lit pour faire la sieste. Après une première sieste, on joue aux cartes mais c’est tellement fatiguant, que je dois en refaire une autre. Quelle vie difficile.

Et c’est la routine encore une fois, le drink, le souper et le dodo.

 

Samedi, le 22 mars 2008

 

On arrive à Nassau encore une fois sous un ciel couvert. Il semble que notre voyage sera sous le signe du nuage matinal et du soleil en après-midi. Je revois avec beaucoup de joie l’hôtel Atlantis que nous traversons pour nous rendre à la plage publique.

Je reviens seule car Nicole ne veut pas retourner voir l’aquarium géant de l’hôtel. Quelle merveille, je suis encore une fois bouche bée devant les raies, les requins et les poissons multicolores.

Ce soir, le spectacle est très bon et le patron des spectacles vient nous faire part des différentes questions que les gens lui ont posées au cours des années. Je me suis souvenue de deux, soit si l’eau dans les toilettes était salée ou non et la deuxième, où lorsqu’un type est sorti furieux de sa suite la journée du départ et a enguirlandé une personne du service à la clientèle en lui disant qu’il n’avait pas payé 4 000$ pour avoir une vue sur le stationnement…. Il avait oublié que le bateau était pour quitter le port….

 

Anecdote : Aujourd’hui est la seule journée où je n’ai pas trimbalé le fichu de parasol car toute la semaine nous ne pouvions pas l’ouvrir à cause du vent trop fort. On voulait en louer un mais on a reculé devant le prix exhorbitant qu’on voulait nous charger. Comme quoi, j’aurais dû encore une fois me promener avec cet immense parapluie.

 

Dimanche, le 23 mars 2008

 

Après avoir attendu près de deux heures assises par terre, on finit par appeler notre groupe pour débarquer. C’est que nous devons libérer notre chambre à 8h et on sort du bateau selon l’heure de notre vol d’avion. En plus d’avoir ma petite valise, j’ai le parasol. Et bien oui, j’ai décidé de le ramener au Québec. Un beau parasol tout neuf, on le ramènera avec nous l’an prochain car s’enfonce mal dans le béton de mon balcon.

Le voyage est déjà terminé. On arrive à l’aéroport et on peut ramener sans problème notre parasol. Yes, tout ce que j’espère c’est qu’il arrive en même temps que nous. Et bien oui, il arrivera en même temps que nous mais sur un autre tapis roulant. Ce qui fait que nous l’avons attendu un bon quinze minutes après nos valises pour s’apercevoir qu’il était deux tapis plus loin. Fini le gazon vert, pouah la neige.

 

Anecdote : Nicole et moi nous nous attendons chacune de notre côté de la sécurité. On s’est perdu et croyant qu’elle a passé la sécurité, je la passe à mon tour pour m’apercevoir qu’elle n’y est pas. Un coup passé, il n’y a pas de retour en arrière. Finalement, je la vois arriver près de 30 minutes plus tard. Moi qui déclanche habituellement toutes les alarmes, c’est au tour de Nicole d’être prise à faire sonner l’alarme, mais là c’est pire que moi car on la tâte; elle porte une paire de pantalons avec de gros boutons décoratifs de métal. Ça dure bien un bon dix minutes stressants car on ne sait jamais avec les agents mais elle finit par passer.

July 10

Provence 2007

Mercredi, le 26 juin 2007

Après avoir eu des sueurs froides car j'avais perdu mon argent, enfin le terme égaré serait plus exact, il est temps que je descende avec les deux valises car Roger et sa femme, un couple d’amis, devraient arriver bientôt pour m’amener à l’aéroport. J'ai bien écrit deux valises. Oui, même pour un si court séjour j'ai 2 valises. En fait, j'ai une petite valise de cabine avec mes effets et l'autre, plus grosse appartient à Jeanine qui me l'avait laissée l'hiver dernier. Elle voyageait trop lourd, beaucoup trop lourd... à la Céline quoi et je lui rapporte avec une partie de ses effets dedans dont des livres. Tant qu'à faire, je la rempli à mon tour de trucs à lui apporter, dont d’autres livres, du sirop d'érable, des conserves de maïs en crème (ils en ont pas en France), du Kraft dinner, du ketchup aux fruits et je mets également mon sac à dos vide pour mon retour.

Au comptoir d'Air Transat, je dépose la valise de Jeanine sur le tapis. Bof, elle ne pèse que 26kg. Je ne peux pas garder ma valise de cabine car elle a 2 pouces de trop long. Bon bien je n'aurai que mon sac à main. Après avoir été au duty-free, je me dirige vers la porte d'embarquement. Assez étonnant, je passe les doigts dans le nez au contrôle de sécurité. Rien ne sonne. Tant mieux car habituellement je fais sonner toutes les cloches.

Je suis en classe club sur Air Transat. C'est le chemin mitoyen entre la classe bétail sur charter et la classe affaires. On est assis sur des sièges en cuir assez large, servi dans la vaisselle en porcelaine et on a le droit à un petit mousseux dès notre arrivée. On mange très bien aussi - un choix de 4 trucs - j'ai pris un poulet dijon arrosé de 2 verres de vin rouge, un petit vin glacé en finale et trois cafés. Bon, j'ai passé outre le digestif.... Ils disent partout qu'il faut manger léger et ne pas boire d'alcool et de café en avion. J'ai fait tout pour quoi..... Et fort heureusement, le film est bon et me fait bien rire.

Jeudi, le 27 juin 2007

Je n'ai pas dormi dans l'avion. On arrive à l'heure et on attend les bagages. Je saute sur la première valise rouge que je vois - la valise à Jeanine. Un type vient me voir et me dit assez faché, je crois que vous avez ma valise. Effectivement, ce n'est pas la mienne. Naturellement, je répète le même manège sur une autre valise et le même type revient me voir. Toujours aussi souriant.... faut croire que le manque de sommeil lui porte sur les nerfs. Bon à la 3e valise rouge, je me retiens car ce n'est toujours pas la bonne. Finalement, la valise rouge arrive. On se croirait quelques années plutôt avec l'histoire des dames du Saguenay et de leurs valises rouges qui transportaient de la drogue sans le savoir....

Toute énervée que je suis, je trouve difficilement la porte pour l'extérieur. Je fais presque le tour de l'aérogare - m'enfin de la place où les gens récupèrent leur valise et je me dirige vers la sortie où Jeanine m'attend.

A la sortie du stationnement, on est bloqué dans la circulation comme ce n'est pas possible. Rien n'avance. On fait comme les autres et on prend une cote à sens unique - naturellement dans le mauvais sens, hein !!!! On se perd dans une zone commerciale et industrielle et on finit par aboutir en arrière d'un bus qui nous ramène direction aéroport. Le lendemain, nous apprendrons qu'une voiture remplie d'explosifs a été découverte à quelques kilomètres de là tout près d’une garderie.

Finalement, on finit par se retrouver exactement là où Jeanine voulait aller. Nous sommes donc dans un genre de Club Price. Elle y recherche un bureau pour son adjointe. Dès notre arrivée chez elle, on débarque les valises et nous repartons aussitôt pour aller luncher. Et qui dit lunch, dit un p'tit verre de vin pour fêter mon arrivée. On se quitte et Jeanine part pour le bureau et moi pour un petit dodo bien mérité.

Jeanine me téléphone vers 15h15 pour que je ne dorme pas trop. Thierry son fils est là et on jase un peu ensemble. Je quitte pour aller joindre sa soeur. Anne-Sophie m'amène prendre un verre sur une terrasse. Le verre finit par être deux verres de très bon rosé. Je vais payer et au lieu de laisser 40 centimes, je laisse 2,40 Euros. Le serveur devait être très heureux. On repart du café et on va souper avec Thierry dans un super bon resto. Juste à y repenser et mes papilles gustatives se remettent à saliver. Des fruits de mer en sauce, délicieux avec une crème brûlée en finale; le tout arrosé de vin rosé.

Puis-je vous dire que j'ai tellement bien dormi que Jeanine et Jean-Paul n'ont pas réussi à me réveiller ni lors de leur arrivée en soirée, ni à leur départ le matin.... Il faut croire que le rosé a un effet somnifère….

Observation: Ici il faut sonner pour entrer, pour sortir, pour tout quoi et ce n’est pas évident de trouver les boutons pour enclencher l’ouverture des portes. Il faut un cours et encore.

Anecdote: Au resto, il n'y a que le bol de toilette - ils ont enlevé le siège. C'est assez rigolo. Mais le plus drôle, c'est que pour avoir de l'eau au robinet, il faut peser sur une petite pédale qui est sous l'évier. Vraiment ces français....

Vendredi, le 29 juin 2007

Après un lever pénible à 9h, je déjeune. Je me suis fait piqué par une araignée, je crois, durant la nuit. Je dois rejoindre Jeanine après avoir passé au Musée Granet qui vient tout juste d’ouvrir. Après avoir passé tout droit sur la rue, je demande mon chemin à un Aixois qui me répond en anglais…. Je lui dis que je parle français. Bref, je rebrousse chemin et je trouve finalement le musée qui accepte les cartes de crédit qu’à compter de 10 Euros. Le coût pour l’entrée, 4 Euros. Je ne les ai plus car j’ai donné 2,40 Euros de pourboire la veille.

Finalement je vais au bureau de Jeanine où j’envois des courriels aux amies au Québec. On quitte pour le lunch en passant par un nouveau développement à Aix où se trouve, entre autre, la Cure gourmande. Ouf, c’est plus qu’un coup de canif dans la diète ce magasin... Miam, miam, tout semble délicieux et tout sucré. Je craque pour un caramel et nous repartons à la chasse au resto. Ils ont aussi des amandes enrobées de chocolat et sous la forme d’une olive. Je me retiens car pour un tout petit sac d’environ une dizaine d’olives c’est 8 Euros ou 12$. Je vais continuer à manger mes Glosettes au raisin….

Durant notre petite marche vers Monoprix, je m’aperçois que les bornes empêchant les autos de passer à certains endroits pénètrent sous terre. Et bien oui, pour laisser passer certains véhicules utilitaires, les bornes s’enfoncent sous terre. C’est vraiment un truc à voir.

En fin de journée, nous allons prendre un verre sur une terrasse. C’est vraiment la belle vie. Le soleil, la chaleur et le bon rosé. Pendant que Jeanine et sa fille discutent, je vais marcher dans les rues d’Aix. C’est plein de petites boutiques. Malheureusement les prix pratiqués sont assez élevés. Le coût de la vie à Aix est élevé – ce n’est pas une ville pour pauvres. J’achète une baguette et comme tout bon français qui se respecte, je commence à grignoter. Ça aussi ce n’est pas mauvais du tout. En revenant, je vais à l’autre succursale de la Cure gourmande où je me paye 2 caramels ce coup-ci. Pas donné, donné le caramel car pour un petit carré c’est 2,25$.

Pour le souper, nous sommes que Jeanine, son mari Jean-Paul et moi. Nous nous faisons une pierrade le tout arrosé d’un bon rouge.

Observation : Pas mal les français, dans le sud il fait chaud et dans certains magasins, ils ont des climatiseurs sur roulette. Donc pour évacuer l’air chaud produit par la machine vous avez deux solutions, soit mettre la clim devant la porte et laisser la porte ouverte… ou, creuser un trou à côté de la porte à même le béton du trottoir pour mettre le tuyau qui pousse l’air chaud vers l’extérieur.

Anecdote : Les toilettes sont tellement petites dans le bureau de Jeanine que je me suis cognée le genou sur le mur en voulant m’asseoir et en sortant, je me suis cognée le nez sur le mur d’en face, pour me rendre compte que les murs sont tous recouverts d’un genre de plastique molletonné à l’intérieur. En fait, tous les murs de ce bureau sont recouverts de ce plastique. Très bizarre….

Samedi, le 30 juin 2007

C’est jour de marché aujourd’hui et qui dit marché dit chaussettes avec dessins dessus. Yes, yes, yes, je me procure 6 paires de chaussettes avec différents dessins dessus. Justement, je devais renouveller mon stock de « Twitty, Garfield, les Dalton, Mickey Mouse, etc. ». J’achète également des herbes et épices diverses à un prix beaucoup moindre qu’au Québec; par contre, le miel est hors de prix, 4 Euros ou 6$ pour un mini pot. C’est à se demander si leurs abeilles sont syndiquées.

Après le lunch arrosé de vin encore, c’est Plan de Campagne et Géant Casino. Pour ceux qui ne m’ont jamais lu, Plan de Campagne est un géant Marché Central. C’est immense, c’est plein de magasins divers et Géant Casino est l’épicerie géante – un Club Price qui ressemble à un Loblaws mais en dix fois plus grand. J’en ai pour 75$ d’épicerie; des petits pots de confitures, de pâtés, de rillettes, du vin, du chocolat, alouette. C’est aussi le temps d’acheter mes minis saucissons. Quel délice ! En plus, ils viennent en paquet style sac de chips. Mon cholestérol en sera sûrement heureux… Après Casino, on va la Fouille Foire – sorte de Dollorama français. Oh yes, encore des chaussettes avec différents motifs dont un Gaston Lagaffe. J’en ai presque hâte à cet hiver pour les porter.

On laisse tous les achats à la maison et on se dirige vers un autre magasin épicerie où on achète du vin. Sur la route, il y a une plaque qui indique 34oC. Il fait vraiment pas froid mais le soir il fait très frais, au point où l’on doit se couvrir.

A 20h, nous sommes attendus chez Odile et Philippe des amis à Jeanine et Jean-Paul, mais avant une petite sieste s’impose. On prend la voiture au grand dam de Jean-Paul et nous nous rendons chez les voisins ou presque. Nous sommes reçus comme des rois. Philippe me montre ses 25 variétés de plantes dont un prunier dont les fruits étaient juste à point. Quel délice de cueillir une petite prune jaune et de la manger encore toute gorgée du soleil de la journée.

On nous sert l’apéro dans le jardin intérieur accompagné de petits hors-d’œuvre. Odile a fait un mix de rosé et sirop de pamplemousse vraiment bon. J’ai bien cherché après le sirop de pamplemousse mais je suis revenue bredouille au pays. Si quelqu’un en voit dans les tablettes, laissez-le moi savoir, du sirop pas du jus.

Comme entrée, nous avons eu droit à une soupe froide après une côte de bœuf avec pommes de terre – dirons-nous déshydratées tant Philippe les a fait cuire sur le BBQ, fromage et une magnifique tarte aux abricots du jardin. Le tout bien arrosé d’un bon vin rouge. Nous sommes restés à parler de tout et de rien et ce, sans se faire piquer par les moustiques comme au Québec.

Anecdote : Comme petit cadeau, j’ai apporté à Odile et Philippe un pot de ketchup aux fruits. Il faut faire connaître nos produits du terroir, n’est-ce pas?

Dimanche, le 1er juillet 2007

Il fait encore beau – la température est magnifique ici. Il fait toujours beau, par contre c’est moins bon pour les feux de forêt. Nous quittons Jeanine, Jean-Paul et moi pour La Ciotat petit village en bordure de mer. C’est super dans la voiture de Jean-Paul, il y a une petite tablette à l’arrière pour déposer un peu n’importe quoi.

On passe près de Cassis où nous avons une vue magnifique sur la baie. On est accueilli au rond-point par un petit train en feuillage. C’est mignon comme tout. On arrive au resto qui surplombe la Méditerranée. Le bruit des vagues, le ciel bleu, un petit vent qui rafraîchit, que demander de plus. Le menu est excellent; on débute par de la ricotta avec de l’huile et quelques morceaux de tomate marinées; nous avons le droit à une bonne soupe de poissons et comme plat principal trois grosses crevettes. Le dessert est sublime et c’est des fraises avec un tout petit gâteau le tout surmonté d’une meringue. Tout était très bon mais beaucoup trop cher. M’enfin, ça reste dans la lignée du coût exhorbitant de la vie dans le sud de la France.

Au retour, il pleut. Et oui, le ciel est plutôt gris. Pour souper, Thierry le fils de Jeanine rapporte des pizzas. On finit par se coucher à 1h du matin.

Observation : Il y a beaucoup d’étrangers à Aix. Selon les gens, il y a très peu d’aixois d’origine qui vivent à Aix.

Anecdote : La fichue de piqûre d’araignée du début du voyage m’enquiquine royalement et pourtant je mets un désinfectant à tous les jours. J’ai l’impression que c’est infecté; j’ai des bubulles et c’est rosâtre tout autour. Non mais, fichue de bibite européenne.

Lundi, le 2 juillet 2007

Aujourd’hui c’est mon dernier jour et je me dirige vers le Musée Granet. J’ai les 4 Euros. Ben non, ils n’auraient pas pu faire comme tous les autres musées de la France et être fermé le mardi… Non, c’est le lundi qu’eux sont fermés. Et bien, ce sera pour une autre fois le musée.

A défaut de musée, je vais chez Monoprix. Je vais acheter le reste des trucs que je veux apporter au Québec comme les tapenades, les rillettes, les pâtées, les fausses olives en amandes et chocolat, alouette. Je viens pour payer et la dame, d’après moi, a enlevé la carte beaucoup trop vite et me dit qu’elle ne fonctionne pas. Je dois donc aller chercher du « cash » pour payer. Une chance qu’il y a une machine à « cash » juste en haut des escaliers. Très commode pour acheter encore plus. J’ai bien cherché le sirop de pamplemousse mais il n’y en a pas.

Je retourne au bureau de Jeanine. Comme elle doit sortir, je quitte avec elle et je vais prendre un café sur une terrasse avec mon livre en l’attendant. Au retour nous allons chez le vietnamien du coin et on va se chercher un lunch. Nous arrêtons à la pharmacie montrer la « morsure » de l’araignée. Oups, la pharmacienne me suggère de mettre une crème à base de cortisone et si cela ne va pas mieux de consulter un médecin. Ok là, tant qu’à faire les choses aussi bien de mettre le paquet.

Je passe l’après-midi au bureau de Jeanine à lire tranquillement assise. Oui, oui, je n’ai pas été visiter Aix; c’est pas la première fois que j’y vais et il fait très chaud alors qu’à l’intérieur j’étais très bien.

C’est l’heure du retour à la maison que nous faisons en bus car Jeanine doit être chez elle pour 17h. Finalement Thierry est là pour recevoir la personne et nous, nous retournons au centre ville manger une glace, non sans avoir bu un p’tit verre de rosé avant. C’est super le cornet car ils mettent la crème glacée dessus en forme de fleur avec un genre de cuillère palette. C’est très beau et surtout c’est très bon – saveur crème brûlée.

On retourne chez Odile lui porter une boîte de sirop d’érable et qui nous reçoit avec 2 verres de rosés. On revient chez Jeanine tranquillement. Je viens de comprendre pourquoi Jean-Paul était aussi étonné de prendre la voiture samedi pour y aller, c’est à moins de dix minutes de marche. Pour notre dernier repas, on fait une raclette le tout arrosé d’un verre de vin rouge et comme dessert, j’ouvre la bouteille de Sauternes que j’ai acheté samedi et je me sers non pas un verre mais bien deux verres. Tant qu’à être imbibé aussi bien l’être comme il faut.

Observation : Lors de notre marche pour se rendre chez Odile, on passe à côté du lycée et c’est jour de résultats de passage du bacc – équivalent de notre cegep. On voit donc des étudiants qui crient de joie et d’autres qui sont complètement à terre à pleurer toutes les larmes de leur corps. Ils sont recalés.

Mardi, le 3 juillet 2007

Debout à 8h, je déjeune et met ma valise à la porte afin que Thierry la descende et la dépose dans la voiture. Elle est quand même assez lourde même si c’est une valise de cabine… n’oublions pas qu’elle contient toute une épicerie. On quitte la maison Jeanine et moi.  

L’enregistrement des bagages se fait très rapidement puisque je suis en classe Club. Je dois mettre mon sac à dos dans la soute car j’ai trop de soupe aux poissons. Bof, ce sera comme à l’aller, un voyage avec mon sac à main seulement. Je dois quitter Jeanine car il semblerait que le passage à la sécurité est très long. C’est que la veille, en Angleterre, un attentat terroriste a eu lieu à l’aéroport de Glasgow.

Je me dirige vers la sécurité et effectivement ça prend plus de trente minutes pour passer à la sécurité et après un autre cinq minutes pour passer aux douanes françaises. Je suis maintenant au duty-free français où je trouve mes deux bouteilles de blanc pour mon souper en août où je recevrai Jeanine, son mari et ses deux sœurs et leurs conjoints. Je ne peux quand même pas les recevoir avec de la piquette.

J’ai encore un banc à côté du hublot et personne à côté de moi. On quitte avec quinze minutes de retard seulement. Le lunch est encore une fois très bon; poulet marsala, fromage et petit dessert le tout accompagné d’un rouge en apéro, d’un rouge pendant le repas et quoi de mieux que deux verres de vin de glace en digestif. Et après tout ce vin, je ne suis même pas saoule. Je crois que mon corps est rendu très habitué au vin et l’absorbe de mieux en mieux.

Nous voici rendu à la petite minute écologique. C’est fou ce qu’il y avait d’icebergs dans l’océan près du Labrador. Pas seulement de petits morceaux de glace mais d’immenses icebergs que nous pouvions très bien voir du haut des airs. Était-ce à cause de l’été ou du réchauffement climatique mais c’était impressionnant.

Nous sommes arrivés à l’heure prévue et j’ai passé aux douanes sans me faire fouiller mais les fesses serrées de peur car on est pas supposé de faire son épicerie en France et la rapporter au Québec. Mais bon, pourquoi pas, tout est tellement bon là bas.

Observation : On arrête de pleurnicher – l’essence est à 1,40 Euros le litre à Aix. On a dépassé notre petit 1,03$ le litre d’ici.

Anecdote : Après m’être fait engueulée par mes amies, je suis finalement aller voir le médecin le vendredi suivant mon retour et j’ai eu le droit à 7 jours d’antibiotiques pour la piqûre d’araignée. Et mon frère, gentil comme il est, a suggéré que l’araignée avait peut-être fait son nid dans mon genou et qu’il y était pour avoir plein de petits bébés araignées. Pouah!

June 21

Croisière transatlantique 2007 - 1ère partie

La traversée de l’Atlantique

Depuis le mois de novembre que le voyage est réservé. Je ferai la traversée de l’Atlantique avec Nicole ma compagne habituelle de voyages et Lyse, une connaissance de Québec avec qui nous avons fait une croisière l’an dernier.

Samedi, le 14 avril 2007

Après un dur lever à 4h30, Nicole et moi sommes descendues pour attendre Roger, un ami, qui nous a amené à Dorval. Naturellement, rien ne passe facilement à la sécurité avec moi; j’ai toujours une paire de pantalons avec fermeture métallique à mi-cuisse et cela fait sonner le détecteur de métal. Le type de la sécurité a appelé à la rescousse une fille qui a dû me faire une fouille à main sur les fermetures. Tout est ok et on peut partir. On a le droit à un petit véhicule qui nous amène vis-à-vis notre porte d’embarquement.

Nous sommes allées nous chercher un petit déjeuner et après l’avoir mangé, il était temps d’embarquer. Quelle chance, nous sommes très bien placées car il n’y a personne en avant de nous, sauf un mur avec écran télé individuel. Je prends le film avec Will Smith mais je me ramasse avec le film en français avec sous-titres…. japonais. Ben, on ne sait jamais je pourrai peut-être m’en servir un jour.

On arrive à l’heure tel que prévu; par contre, la tante à Nicole qui devait nous prendre à l’aéroport de Miami est arrivée avec une heure de retard. Nous commencions à être inquiète. On arrête à la marina où Lise achète un mahi-mahi, appelé là-bas « dolphin »; pour quelle raison « dolphin » je ne le sais pas car cela ne ressemble vraiment pas à un dauphin. Très intéressant et instructif de voir quelqu’un faire des filets avec un poisson. En tout cas, ça prend un couteau aiguisé.

Finalement, nous sommes arrivées à la maison où Lise nous a fait le mahi-mahi frais du jour. Quelques heures plus tard, trois des cinq enfants de Lise venaient manger à la maison avec leurs conjoints et leurs enfants. Lise avait préparé un succulent buffet. Et oui, la bouffe à profusion vient de commencer. Après m’être risquée à mettre les espadrilles avec roulettes au talon d’un des enfants et de me casser la « gueule », je suis allée me coucher à 23h30. J’avais ma journée dans le corps.

Dimanche, le 15 avril 2007

Il fait chaud et humide à mon lever et je vais lire les deux pieds dans la piscine. Je suis seule jusqu’à 8h10 où Lise vient me rejoindre. Nicole nous rejoint quelques minutes plus tard. Après déjeuner, je décide d’user mon maillot de bain. Et oui, vous avez bien lu. Je me suis baignée et il n’y a pas de chlore dans la piscine mais du sel. C’est bien mieux et ça ne pue pas le chlore.

Vers 11h, on part les trois vers les magasins. Et bien, je retournerai au pays avec 5 nouvelles paires de chaussures et un sac à main – tous à rabais naturellement. Après une visite chez l’un des fils à Lise, on va dans un autre centre d’achats avec stationnement couvert, suite à la recommandation de son fils. Il semblerait qu’un gros orage s’en vient vers nous. On va luncher/souper au Grand Luxe Café; resto qui porte très bien son nom car c’est vraiment luxueux – onyx, marbre, grands lustres. Une chance que nous sommes à l’intérieur car il pleut et vente très fort dehors.

On revient tranquillement à la maison après un arrêt à la pharmacie et c’est un coucher à 21h pour moi. Je suis crevée.

Observations : Lise nous fait remarquer que les cubains qui sont venus s’installer en Floride sont peu assimilés et n’y tiennent pas. Les floridiens vont dans certains magasins et doivent parler espagnol s’ils veulent être servis. Et les cubains qui ne peuvent avoir de service dans leur langue, changent tout simplement de magasin. Nous devrions peut-être leur faire parvenir un exemplaire de notre loi 101…

Lundi, le 16 avril 2007

Je me réveille à 5h mais fini par me lever à 6h. Nicole vient au salon pas longtemps après moi. Il fait 56oF dehors. On gèle. Il fait soleil mais on gèle. Dire que la veille j’étais dans la piscine. On déjeune tôt et on se repaye une bouffe à midi. Lise vient nous reconduire à 13h45.

A notre arrivée à notre cabine, un mot de Lyse notre compagne de Québec nous mentionne qu’elle est arrivée. Peu de temps après notre arrivée, c’est l’exercice de sécurité et le départ du bateau. La mer est agitée et je marche comme si j’avais bu quatre cinq cocktails. Je vais me chercher des biscuits sodas car mon estomac est très légèrement écoeuré de ce tangage et j’ai faim. Notre souper est à 20h30. En attendant j’ouvre la télé et c’est le film Da Vinci Code. Wow, il est à quatre postes, en anglais, en espagnol, en allemand et en français. A notre table, il y a un couple de britannique et un d’allemand. On croyait avoir une table près de la fenêtre et pour nous trois. Nous verrons demain matin et on tentera d’avoir une meilleure table.

La mer s’est calmée un peu. Nous allons voir le spectacle et nous allons nous coucher vers 23h30.

Mardi, le 17avril 2007

Premier réveil à 4h; deuxième réveil et lever à 8h. Après le déjeuner, je me rends au Solarium, endroit protégé du vent avec une toiture en vitre et piscine. Disons que lorsque le soleil décide à se montrer le bout du nez, ça fait plus sauna que solarium. Je m’étends sur une chaise longue et finis par dormir jusqu’à 11h30. Je vais luncher et changer notre heure de souper. Nous serons donc au premier service à 18h. En après-midi, je me dois de faire une petite sieste; non mais, je suis en vacances quoi. Après la sieste, c’est le temps d’aller réserver les tours organisés dans les différentes villes que nous visiterons.

Au souper, on se rend à notre nouvelle table et nous sommes seules à une table de 10. Bof, demain peut-être aurons-nous de la compagnie. Notre serveur se prénomme Andry et notre aide-serveur Iwayan. Les deux sont originaires de l’Indonésie. Après le souper, Nicole et Lyse vont sur le pont et moi je retourne à la chambre chercher un truc. Je réussis à me perdre. Sont-elles sur le pont 5 ou le pont 4. Je marche et fais le tour du bateau. Personne. Je me rends finalement à la salle de spectacle et je m’assois à côté d’une mexicaine qui s’est roulé dans le parfum… A la fin du spectacle, je finis par retrouver les deux filles qui s’étaient inquiétées. C’est vrai que ça brasse mais pas au point où je passerais par-dessus bord… On a des vagues d’environ 12 à 13 pieds.

Observation : J’ai le pied marin. Pas de mal de cœur, pas d’étourdissement. Le seul problème, c’est que je dors dans un petit lit simple et avec une douillette qui glisse inexorablement du lit. Je la récupère le matin à terre, à côté ou au bout du lit. Dur, dur la vie de matelot de luxe.

Mercredi, le 18 avril 2007

Encore un p’tit réveil à 4h, mais un lever à 7h. C’est bien car on dort la porte patio ouverte. On se laisse bercer par le bruit des vagues et surtout par le roulis et le tangage. Même petit topo que la veille, déjeuner, solarium et petit dodo en matinée.

Wow, ce midi c’est un BBQ autour de la piscine. Très bien et très bon. En plus, Iwayan notre aide-serveur me voit et me dit qu’il y a du Boston Cream Pie comme dessert. Que demander de plus ? Bien deux morceaux de Boston Cream Pie, un consommé immédiatement et le deuxième apporté à la chambre.

Après un repos bien mérité sur le bord de la piscine, un p’tit creux s’est installé dans mon estomac et à 14h30, je retourne à la cafétéria et je me paye un 2e morceau de gâteau. Il ne faut pas oublier que pour couronner le lunch du midi, je m’étais prévalu de mon éternel cornet de yogourt glacé vanille et chocolat. Ben quoi… C’est bon pour la santé du yogourt. M’enfin, j’ai monté plusieurs escaliers cette journée-là pour brûler les calories.

Après une petite sieste réparatrice, on s’habille et on va prendre un verre dans l’un des bars du navire. Le souper est une petite merveille pour moi soit des côtelettes d’agneau cuites comme je les aime. Une petite marche dans l’allée des magasins et le spectacle à 21h permettent de digérer un peu les agapes de la journée. Bon, la petite marche m’a peut-être permis de digérer la bouffe mais pas la facture… et bien oui, je craque pour un magnifique bracelet de perles trois couleurs.

Le spectacle fini, on se dirige vers la disco où le personnel ne semble pas savoir c’est quoi un Planter’s Punch ou un Singapour Sling. Finalement, je leur demande un jus d’orange, de la grenadine et du rhum. Allo, le drink. Tu en prends un pas deux car il ne ménage pas le rhum. Disco pas très enlevante avec problèmes informatiques. Il faut croire que nous ne sommes jamais à l’abri de problèmes informatiques. Finalement, on se couche vers 1h du matin l’estomac qui digère et le portefeuille dégonflé.

Observation : On mesure la hauteur des vagues avec…. le pif. C’est ce que le capitaine a dit; il n’y a pas d’instruments pour mesurer la hauteur, seulement l’habitude et le pif.

Jeudi, le 19 avril 2007

Lever vers 8h, déjeuner à la cafétéria de mon saumon et bagel quotidiens. C’est la routine qui s’installe déjà. La mer est légèrement moins agitée, au lieu de vagues de 12 pieds, elles sont que de 10 pieds…. Les filles viennent me rejoindre et on joue à un jeu de devinettes « Baby Boomer ». On va dîner à la salle à dîner et non à la cafétéria – où jour après jour je me fais une super bonne salade. Le repas est très bon et nous rencontrons de très sympathiques personnes.

Naturellement c’est la sieste avant de se préparer pour le souper et le « Welcome Back Party » où nous sommes conviées. Très bien le party de bienvenue, nous sommes reçues au champagne et aux petits fours. Bon, après deux coupes on va souper et naturellement après, c’est le spectacle quotidien. C’est moyen – du divertissement et c’est correct.

Observation : Je rencontre un deuxième couple américain et qui me parle de séparatisme au Québec. C’est assez surprenant surtout que ce sont des gens qui vivent à Dallas et les autres à Houston. Cela doit être à cause des élections qu’il y a eu au Québec quelques jours plus tôt.

Vendredi, le 20 avril 2007

Ce matin, on change un peu la routine. On va déjeuner à la salle à dîner. Lyse prend un œuf mais on arrive avec 2 œufs. Elle m’offre le blanc – ce que je préfère. Elle me donne le premier côté et je viens pour prendre le deuxième et je m’accroche dans le verre d’eau qui se renverse directement sur elle. On rit bien car son temps de réaction a été tellement long qu’elle s’est faite royalement aspergée.

Encore une matinée à jouer. Ce coup-ci c’est au Jok-A-Rummy, un genre de jeu de cartes. Après le lunch à la cafétéria, on recommence à jouer aux cartes et vlan, Lyse réussit à donner une claque à son verre d’eau qui tombe à la renverse. Bof, c’est de plus en plus nuageux dehors, alors il faut bien quelque chose pour nous amuser.

Pour le souper, Iwayan nous offre du pain. Habituellement je refuse mais je vois des mini-pains tout mignon, de la grosseur d’une balle de golf et recouverts de graines de sésame. J’en prends un. Andry notre serveur passe et je lui demande le nom de ces petits délices; en rigolant, il me répond que ce sont des leftovers (des restants en français). Je finis par savoir le nom quelques jours plus tard, ce sont des sour bites (bouchées sures) qui sont recouverts de graines de pavot.

Et devinez quoi, après le souper c’est le spectacle et le dodo. Les vagues sont de 9 à 10 pieds.

Observation : C’est beau savoir que les vagues sont hautes, mais tout craque partout. Ce n’est plus le bruit des vagues qui nous endort mais les craquements du navire. Ça craque tellement qu’on se réveille en pleine nuit en pensant que quelqu’un est dans la chambre. On s’habitue mais c’est sonore.

Samedi, le 21 avril 2007

Toujours la même chose, déjeuner à la cafétéria avec ma petite boule de saumon fumé. Je lis beaucoup car je suis la première à arriver à la salle adjacente à la cafétéria. On s’y installe pour manger et jouer. Les fauteuils sont hyper confortables et il y a une belle grande table. C’est relativement calme. Il faut dire aussi que je voyage avec les clubs d’âge d’or. Tout ce vieux monde… je commence à en faire partie, mais bon, ce n’est pas nécessaire de se le rappeler.

C’est gris et pluvieux aujourd’hui et c’est frais. Ce n’est pas une journée à bikini. On va très vite maintenant car il y a une urgence médicale. Nous devrions donc arriver 24 heures à l’avance à Ponta Delgada. Ce n’est pas pour me faire de la peine car les livres finissent vite. Les filles arrivent et nous jouons au Scrabble aujourd’hui.

Comme d’habitude après le lunch et mon cornet de yogourt glacé, car il faut aider à la digestion de la salade…, on va faire une bonne grosse sieste de 2 heures. C’est le souper et le spectacle qui suit après. Vraiment, c’est routinier notre affaire, mais quel repos.

Observation : Un chanteur de Bel Canto qui a fait un spectacle la veille dans la grande salle, nous pousse quelques petites chansons dans une salle au milieu du navire. Il nous demande de faire attention au staff. Et bien oui, il semblerait que les employés n’ont qu’une hâte, nous voir partir. Il faut dire que nous avons le droit à une gang de mexicains juifs extrêmement impolis et rudes. Ils traitent les employés comme des esclaves.

Dimanche, le 22 avril 2007, Les Açores

Encore gris et venteux ce matin. Peu après le déjeuner, terre, terre; et oui, enfin on voit la terre poindre à l’horizon. Après le lunch, on débarque et nous prenons la navette qui nous fait traverser le port et nous amène à la ville de Ponta Delgada, sur l’île de San Miguel.

On prend des photos et nous marchons dans la ville qui est très tranquille car nous sommes dimanche. C’est religieux au Portugal. Peu de magasins sont ouverts. On voit une très belle petite église; on est à y pratiquer un office. Je trouve des petits coqs pour mettre sur le réfrigérateur. C’est l’achat du jour.

Les rues sont en pavé ainsi que les trottoirs. C’est très joli. La ville n’est pas très grande et de facture architecturale européenne. Malheureusement, ils sont à construire un nouveau port pour les bateaux de croisière et un nouvel hôtel tout ce qui est des plus floridiens. C’est dommage.

Les filles reviennent avec la navette et moi je me paye une bonne marche rapide. Non mais je ne veux pas revenir avec 10 livres en plus.

Iwayan commence à être habitué à moi. Lorsque je lui demande un petit pain « left over », il m’en donne un et dès qu’il voit que j’ai fini de le manger et que j’ai le dos tourné, j’en ai deux autres dans mon assiette. J’aurai donc 3 left overs par souper.

C’est le soir de la finale karaoké après le spectacle habituel. En arrière de nous, on a une gang de mexicains. On a dû partir avant la fin car entre Nicole, Lyse et moi on ne savait pas qui était pour leur sauter dessus et leur arracher la langue. Ils enterraient les gens sur la scène tant ils parlaient forts. Lyse leur a même demandé à deux reprises de se la fermer. Je comprends encore plus les employés du bateau et leur souhait de les voir quitter au plus vite.

Observation : Nous avons rencontré un type, record Guinness. Il parle 48 langues; il vient de Colombie-Britannique. Assez étonnant de le voir sauter d’une langue à l’autre.

Lundi, le 23 avril 2007, Les Açores

Je rencontre le polyglotte et sachant qu’il était en avant de nous au spectacle la veille, je lui demande qui a gagné au concours. C’est le mexicain qui n’était même pas bon. Je regrette de ne pas être restée jusqu’à la fin car j’aurais tellement crié fort « chou, chou », j’aurais enterré cette gang de malcommodes et là, je suis polie car les écrits restent…

Je vois mon sous-chef Constin du début de la croisière, celui à qui j’avais demandé quand le Boston Cream Pie arriverait. Je retourne lui piquer une petite jasette en français. Ben là là, vous ne me croirez pas mais le chef pâtissier va me faire un Boston Cream Pie, juste pour moi dans deux jours.

A 9h, on quitte le bateau pour notre tour de l’île San Miguel. Ce sont de petites rues avec des maisons qui ont toutes de petits jardins intérieurs. Les fleurs sont reines, hibiscus, azalées, oiseaux du paradis. Que de beauté pour les yeux. Nous visitons une plantation d’ananas. Très intéressant car ça pousse comme un brocoli ou un chou-fleur sauf que l’on doit les transplanter au milieu de leur croissance car ils s’auto cannibalisent entre eux s’ils poussent trop serrés. Après la visite, on a le droit d’une petite gorgée de liqueur d’ananas. A 10h le matin, ce n’est pas ce qui est des plus bons. Au moins, il n’y avait qu’une gorgée car la deuxième n’aurait jamais passé.

Après la plantation, c’est au jardin botanique que nous allons. J’y vois un arbre centenaire à caoutchouc. C’est assez phénoménal. Les racines courent à l’extérieur. J’ai l’impression d’être devant un jeu de petites voitures (Hot Wheels) géant. On continue et ce sont des plantes que nous avons dans nos maisons et que nous dorlotons. Ici, elles sont exposées au vent, à la pluie, à la chaleur et au froid et elles sont magnifiques.

De gris et pluvieux en matinée, le soleil revient en fin de matinée. Il fait super beau et nous nous rendons au cratère. Les 9 îles qui composent les Açores sont des îles volcaniques sauf une. Dans le cratère de près de 5 km de circonférence, il y a deux lacs; l’un est bleu et l’autre vert. La démarcation dans les couleurs n’est pas très évidente mais elle existe. Cela dépend du degré d’ensoleillement. Il y a un petit village dans le cratère – cela semble tellement tranquille et surtout silencieux. Aucun bateau à moteur ne peut circuler sur le lac. C’est bucolique.

La légende dit qu’un berger aux yeux verts aimait une princesse aux yeux bleus et que le roi ne voulait qu’ils se marient ensemble. Ils ont pleuré, pleuré et tellement qu’un lac aux eaux bleues est né et un autre aux eaux vertes. Snif, snif….

En redescendant, on arrête à un point de vue. On y voit l’île du nord au sud. Un vrai décor de carte postale. Les champs sont séparés entre eux par de petits murets de pierre. En deux minutes, tout devient couvert de brume.  On revient tranquillement à la ville et la brume disparaît aussi vite qu’elle est venue. Après avoir mangé un succulent navarin d’agneau, c’est l’heure de la sieste. Une petite heure et après c’est la dernière vue de l’île qui s’éloigne tranquillement.

Je revois ma voisine de cabine que j’avais rencontré lors de l’exercice de sauvetage. Je viens d’apprendre qu’il y a encore plus myope que moi; elle fait -14 et moi -12. Allez, c’est l’heure de s’habiller et d’aller souper, non sans être allée voir Ernesto notre barman pour acheter des verres qui s’allument. Et bien oui, il y a des verres qui dans le fond ont des lumières vertes et rouges qui flashent. Comme ces verres ne se trouvent qu’à la disco au 13e, Ernesto doit aller les chercher d’avance. Je lui en ai commandé 5. Naturellement la journée se termine comme les autres, soit souper copieux, spectacle et dodo.

Suite à une demande de ma part quant au menu du lendemain, notre serveur Andry nous dit que demain ce sera du « flying sharks ». Il semblerait, selon ses dires, qu’il y a des requins volants entre Les Açores et Lisbonne. On rit bien. Andry est un pince-sans-rire et il fait des blagues régulièrement.

Observation : San Miguel est une île où il y a beaucoup de pâturages et de vaches. Il y a 3 % de chômage et ils ont des problèmes liés à la drogue. Il est assez difficile de voler une auto…. Il y a 25 000 habitants et pas trop de routes. On se fait remarquer à moins que cela. Par contre, c’est une île et les contrebandiers et passeurs de drogue y ont très facilement accès.

 

Croisière transatlantique 2007 - 2e partie

Mardi, le 24 avril 2007

Ouf après un lever assez énervant, j’avais perdu une boucle d’oreilles que je retrouve (oui, je dors avec mes boucles d’oreilles) je pars déjeuner avec un livre. Je vais au cours de cuisine qui se donne; bof, pas très intéressant. Ils font un gâteau Forêt Noire et je n’en suis vraiment pas friande. Je retourne à la chambre lire un peu.

Après le lunch, on joue les trois au Jok-R-Rumy et Blokus dans un petit coin reculé et tranquille près de la cafétéria. Des vieilles espèces de « grébiches » mexicaines viennent s’asseoir la table à côté de nous et ne trouvent pas mieux de prendre la salière et la poivrière sur leur table et les mettre sur le bout de notre table, sans rien nous demander. Nous sommes tellement estomaquées que nous ne disons rien, on ne fait que se regarder. Une vingtaine de minutes plus tard, c’est au tour de la vaisselle sale … là on dit « hey, hey »; l’espèce de vieille sacoche ne se tourne même pas. Et pour finir, un troisième morceau arrive sur notre table. Quand nous nous levons, Nicole prend une dernière gorgée de sa limonade et en passant à côté de la table des vieilles peaux mexicaines le dépose dans les regarder. Il y en a une qui nous a lancé tout un regard…. Mais on s’en foutait et surtout on avait le fou rire. Vraiment, plus mal élevées que ça … Ce sont des gens qui utilisent leurs serviteurs chez eux comme des esclaves, donc c’est bon pour tout le monde.

Lyse et moi passons par le corridor à boutiques et je m’achète un bon coton ouaté; oui, oui, c’est la température grise et pluvieuse qui m’y a incité car tout le monde le sait déjà, je ne m’achète que très très peu de vêtements et encore moins de souliers...! »/$/ »%?% Voilà, après un verre au bar Nicole et moi, nous allons retrouver Lyse à la salle à dîner.

Aujourd’hui, à ma question habituelle du menu du lendemain Andry nous suggère du « flying octopussy ». Eh oui, de la pieuvre volante. Nicole, quant à elle, suggère un « flying Dumbo ». Finalement, nous décidons que nous allons jeter par-dessus bord Derrik (notre serveur du premier soir) ainsi que Burok, Francesco et Andy tous des serveurs. C’est maintenant notre « running gag » à tous les soirs. Il ne faut pas oublier que les serveurs et aide-serveurs se souviennent de nos prénoms dès le premier soir. C’est très convivial et surtout chaleureux.

Ce soir c’est le « chocolate party » à la salle à dîner. On va veiller tard… ce n’est qu’à 23h30. On va à notre spectacle quotidien et après on va prendre un verre à l’un des bars. Le nouveau capitaine arrive. Ouf, qu’il a l’air suffisant et hautain. L’ancien semblait beaucoup plus près des gens. On se rend au bar à chocolat. Des gâteaux au chocolat, des bouchées au chocolat, des fruits avec du chocolat et des Rice Krispies au chocolat blanc. Pas mauvais du tout les Rice Krispies. Pour une dent sucrée comme moi, je n’ai pris que du Rice Krispies. Non, non je n’étais pas malade mais trop de chocolat c’est comme trop, et puis il ne faut pas oublier que tous les midis j’ai mon cornet de yogourt glacé mi-vanille, mi-chocolat.

Information : On a changé de capitaine hier. On a également quelques nouveaux employés dont une nouvelle interprète dont je vous parlerai un peu plus tard.

Mercredi, le 25 avril 2007, Lisbonne Portugal

Fini les beaux ports, on ancre dans des ports plutôt commerciaux entre deux cargos de containers. Par contre, au loin on voit la ville de Lisbonne et cela semble très beau, avec plein de petites collines. Il fait soleil mais on a le droit à beaucoup de nuages et le fond de l’air est frais. Après le déjeuner, on se rend dans une salle où l’on nous assigne notre autobus pour notre tour organisé.

Grâce à Lyse qui court presque jusqu’à l’autobus, on a les deux premiers bancs en avant. Notre guide est relativement bonne. On a un tout petit peu de difficulté à comprendre son anglais qu’elle parle en zézayant un peu. Comme les tuiles en céramique sont peu coûteuses, il y en a partout et quand je dis partout, c’est partout. C’est vraiment joli car c’est de toutes les couleurs. Les abricots sont déjà mûrs dans les arbres. Il y des femmes « squeeges » dans les rues; ça se trouve partout il faut croire.

On voit un ascenseur en fer forgé fait en 1905 – le plus haut ascenseur extérieur. On fait un tour dans Alfama, quartier pauvre de la ville et où on peut se passer une tasse de sucre par la fenêtre de 2 immeubles tant les rues sont étroites, en fait la largeur d’un minuscule escalier. Après une visite de la très belle ville de Lisbonne, on retourne au navire. On va au petit magasin supposément « duty free » et qui coûte trois fois le prix en ville et j’achète des minis bouteilles de porto. Oups, ma carte de crédit ne passe pas. Une chance, j’ai des euros sur moi mais je ne la trouve pas drôle. Je croise Andry notre serveur et je lui remémore mon Boston Cream Pie de ce soir. Très sérieux, il me regarde et me dit qu’il n’y a pas de Boston Cream Pie ce soir, qu’on l’a remplacé par un Monaco Cream Pie…. Toujours aussi pince-sans-rire.

Après le lunch, on prend la navette et on retourne au centre-ville. Dès que le centre-ville est éloigné de plus d’un kilomètre et difficilement accessible, Royal Carribean met à la disposition des vacanciers des navettes au coût de 4$ US par aller; même si le prix est élevé, ça vaut vraiment la peine. On marche dans les rues de Lisbonne. C’est relativement tranquille puisqu’aujourd’hui c’est une journée fériée pour le Portugal. En tout cas, ça permet de moins dépenser car seuls les magasins de « touristes » sont ouverts. J’ai quand même la chance de me trouver 2 pashminas – faux naturellement – et une paire de boucles d’oreille pour ma filleule. Mais il y a un os car au magasin de colifichets, ma carte de crédit ne passe toujours pas. Dès mon retour au bateau, j’envoie un courriel à mon frère afin qu’il appelle Visa et qu’il vérifie ce qui se passe avec cette gang d’abrutis – surtout que je les avais avisés que je quittais pour une croisière. Je fulmine.

Enfin le souper et mon Zimbabwe Cream Pie, car ce n’est plus un Monaco Cream Pie mais un Zimbabwe. Il arrive déjà tranché en six morceaux. Tel que promis, Iwayan, Burak, Andry et Phumza en ont chacun un morceau ainsi que Lyse et moi. Ils sont tous ravis. Qu’est-ce que c’est bon!

On se couche tôt ce soir mais non sans voir la fin du film Da Vinci Code. Il passe en rafale à tous les jours. Donc, on peut écouter ce film en pièces détachées.

Observation : Ce soir nous avançons l’heure d’une heure pour une dernière fois. On a déjà avancé l’heure à cinq reprises. Ainsi, on ne souffre pas du décalage horaire. C’est une merveilleuse façon de voyager sans se fatiguer.

Jeudi, le 26 avril 2007, Cadix Espagne

Je ne veux pas déjeuner à la salle à dîner avec les filles. Je vais donc déjeuner à la cafétéria où je lis la traduction du petit dépliant qui est fait en anglais à tous les jours. C’est une vraie blague. On a changé de traductrice et celle-là est vraiment à côté de la plaque, tellement qu’à un endroit où on peut voir comment on peut avoir un sourire plus blanc c’est écrit « comment avoir un sourris plus blanc ». Assez surprenant le matin au réveil !!!! Je corrige toutes les fautes et va porter le tout à son bureau. Ce n’est pas celle qui fait ce dépliant qui est là mais une autre qui me dit que notre traductrice travaille très vite…. Pas besoin de me le dire, c’est évident.

Je rejoins les filles à la salle à dîner. On va après à la salle de spectacles où nous attendons notre assignation d’autobus pour notre tour organisé. L’attente est interminable, les autorités espagnoles sont tatillonnes. Finalement, après plus d’une heure d’attente, on nous donne notre autobus. Grâce à Nicole et Lyse, nous avons encore des places en avant dans l’autobus.

Cadix est une très jolie ville et comme nous quittons tard ce soir, nous nous promettons d’y revenir marcher tranquillement. Notre guide ne parle pas très bien en anglais et nous avons de la difficulté à le comprendre. On longe les différentes plages de Cadix où le sable est blanc ocre; il y a des poubelles sur la plage et cela fait très propre. Cadix est dans la province de l’Andalousie qui veut dire en arable « terre des dieux ».

On prend la route vers Jeres de la Frontana où l’on fabrique du Sherry. Route très jolie où l’on y vois des champs de sel de mer, d’un côté l’Atlantique et de l’autre la Baie de Cadiz. L’essence n’est pas donnée, 1,04 Euros ou 1,71$ canadiens. Sur une colline, on voit au long un immense taureau noir. On voit que la tauromachie est le sport national. En arrivant à la ville, on voit un Carrefour chaîne d’épiceries françaises que je fréquente assidûment à chaque voyage que je fais en France.

Arrivé au vignoble, on change de guide à notre grande joie. Cette dernière vient d’Anvers, Belgique et parle très bien anglais et français. Il faut dire aussi que tous nos tours sont en anglais. Après un court métrage sur la fabrication du sherry, on visite le chai. Vous pouvez aussi visiter en allant sur leur site : bodegastiopepe.com et ça coûte moins cher qu’une croisière.

On visite un chai et non une cave; un chai est à ras le sol. Les barriques et les bouteilles ne sont pas entreposées dans une cave. A la fin de la visite, on nous amène dans une grande salle où l’on fait une dégustation de sherry extra sec. Ouain, je vais continuer à utiliser le sherry dans mes recettes, c’est vraiment pas à mon goût. On nous donne un verre de sherry plus doux – pas encore à mon goût mais notre guide me dit qu’ils fabriquent un sherry très liquoreux de couleur presque brune. Après dégustation de ce vin, dont le nom est Nectar et il le mérite bien, je vais en acheter une bouteille plus 3 autres mini ainsi qu’un petit livre de recettes de tapas. En sortant du chai, on peut voir des arbres qui ont des oranges et des citrons, oui, des oranges et des citrons dans le même arbre.

On revient au bateau vers 15h30 et on va manger une petite bouchée avant de repartir tranquillement vers la ville. Je m’achète des poignées pour mes portes pliantes à la maison. On s’arrête sur le parvis de la cathédrale et on laisse le temps filer doucement. Le temps est magnifique, ni trop chaud, ni trop froid avec un beau soleil qui nous caresse la peau. J’y serais encore.

Ce soir, nous soupons au Chops’ Grill, restaurant à forfait du navire. J’ai pris une bisque de homard, un champignon Portobello et un T-Bone. Arrivée au dessert rien ne rentrait. J’ai tellement mangé ce soir-là que j’ai dû marcher un peu afin de faire descendre toute cette bombance.

J’ai rencontré la directrice du « staff » ainsi que la traductrice pourrie, dirons-nous. Notre charmante traductrice trouve toutes les excuses du monde pour dire qu’elle a fait des fautes. Ce n’est pas de sa faute….

Observation : Christophe Colomb est parti de Cadix lors de son 2e voyage en Amérique.

Anecdote : En quittant le bateau le matin nous dépassons un chariot élévateur qui se promène dans la rue. Ce n’est pas à Montréal que nous verrions ça.

Vendredi, le 27 avril 2007, Malaga

Ce matin encore, je lis le petit journal que la traductrice a supposément corrigé. Ouf, c’est pire que la veille. Là on a le droit à la mèse du prêtre et autres coquilles du genre et que j’avais corrigé la veille. Je suis donc retournée voir Bérénice avec les corrections. Espérons que demain sera moins pire car elle a toujours une bonne excuse. Au déjeuner, je suis tranquille à ma table quand un couple de mexicains vient s’asseoir au bout de la table sans me demander s’ils pouvaient – il y avait d’autres tables de libre. Vraiment, ils font …… ces mexicains sans éducation.

Encore le même petit train train matinal, Nicole et Lyse vont réserver des places dans l’autobus; mais ce coup-ci il y avait d’autres personnes qui les ont devancées et je suis à deux bancs des filles. Un type très gentil de la Caroline du Nord vient s’asseoir à côté de moi.

On monte à 400 pieds au-dessus de la mer où l’on a une vue merveilleuse de Malaga, du « bull ring », de la mer et même de notre bateau qui ressemble à un jouet. Le sable est brun à Malaga et non pas blanc. Après une balade en autobus, on fait un premier resto. Il est midi et on a droit dans une petite assiette à une délicieuse paella et des poivrons rouges cuits, le tout arrosé d’un p’tit rouge. Allez hop, après dégustation et pipi room, c’est à un autre resto que l’on va. On y a droit à une tarte aux pommes de terre. C’est tout bonnement exquis. Pour accompagner le tout, on nous sert un verre de vin blanc assez sucré. Triple zut, Lyse n’aime pas le vin sucré; je bois donc son verre de vin en plus du mien. Y commence à faire chaud…. Au troisième bar, ce sera des chorizos avec un autre p’tit rouge. Puis-je vous dire qu’à 14h30 j’avais tout un verre dans le nez.

A la sortie du resto, notre excellent guide reste et mange. Je viens pour suivre les filles et finalement je retourne aux toilettes; tout ce liquide doit être évacué. Je ressors du resto et je suis complètement perdue. Je suis donc restée à la porte en attendant le guide, mais un des serveurs du navire passe et me ramène tranquillement où sont les autobus. Ouf, je retrouve les filles.

Au retour sur le navire, je me couche. Oublions ça tout de suite, les vagues n’étaient rien à comparer à celles qui m’envahissent dès que je mets la tête sur l’oreiller. Je me relève et je vais manger une petite salade. Ça cale l’estomac. Et la sieste réparatrice se fait une heure plus tard.

C’est déjà le souper et le spectacle qui n’est pas très intéressant; c’est déjà la nuit.

Observation : La Méditerranée est une mer très différente de l’océan autant en couleur qu’en vagues. Le mot « tapas » vient du mot « tapa » qui veut dire « couvert ». Le roi Ferdinand d’Espagne commandait un verre de vin avec un tapa afin d’éviter les moustiques dans son verre. On lui donnait un petit en-cas et on le mettait sur l’assiette « couvert » qui était sur le verre, d’où vient le nom tapas.

Samedi, le 28 avril, Valence

C’est une journée brumeuse et nuageuse qui nous attend au réveil. Je prends une chance et je lis une dernière fois la super traduction… Pire que jamais et toujours les mêmes fautes. Trop de troubles et plus assez d’énergie pour aller lui dire qu’elle est pourrie.

Bof, après le déjeuner c’est le rassemblement pour le départ pour notre tour organisé. Nous avons une guide qui est moyenne; pas mauvaise mais pas notre meilleure. On commence notre tour par une partie très moderne de la ville. Ils ont un opéra assez intéressant au niveau architectural car en plein milieu en hauteur ils ont planté des palmiers. On traverse un pont avec des gargouilles. En fait, il y avait une rivière qui traversait une partie de la ville mais après une inondation dans les années cinquante, la ville a décidé de détourner le cours de la rivière. Ils ont remplacé l’eau par de magnifiques arbres et arbustes.

On va visiter un musée, musée Fuller, où sont exposés des personnages de style Tolkien – Le Seigneur des Anneaux. Ce sont les personnages qui ont gagné lors de la parade annuelle en chars allégoriques à chaque année. Vraiment pas très jolie comme exposition.

Valence a été bâtie par les romains en 150 B.C. C’est une ville moderne avec des buildings modernes d’un peu plus de 1 million d’habitants. Ils ont bâti il y a peu de temps un « Palais de musique » surnommé le micro-ondes. En effet, pour économiser ils ont bâti l’édifice sans air climatisé… Valence n’est pas Montréal et il fait chaud le printemps, l’été et l’automne. Par contre, ils ont assez d’argent pour changer les arrangements floraux dans les rues aux trois mois. Allez comprendre quelque chose.

Assez amusant, ils peuvent stationner leur auto au milieu de la rue sur deux rangées côte à côte. Ce n’est pas dans toutes les rues mais sur de grands boulevards. Bof, on a plus les terre-pleins qu’on avait, mais au moins pas besoin de changer les fleurs, ils changent les autos. On passe devant le « bull ring ». Selon la guide, il n’y en a plus pour très longtemps des arènes car de plus en plus de voix s’élèvent contre les combats de taureaux.

Nous passons devant une super belle gare de train en style « art nouveau » pas très vieille. C’est vraiment magnifique. Pas très loin, on débarque et nous allons au marché. Ma guide a la gentillesse de m’amener à un stand où une dame vend du safran. Je crois que nous avons presque dévalisé son stock de safran; mais à 1,20 Euros ça vaut vraiment la peine. Ici il coûte très cher et de moindre qualité. A voir tous ces comptoirs de fruits, légumes, poissons et autres ça ouvre l’appétit et j’avise un comptoir de fruits. Sans se dire un seul mot, sauf gracias à la fin, je me suis achetée une clémentine. Le type m’a montré sur sa balance le prix à payer, je lui ai donné l’argent et je suis partie. Oh, ce qu’elle était bonne et juteuse cette clémentine.

On rembarque dans le bus et nous allons un peu plus loin visiter la cathédrale. Très jolie mais très touristique; si tu vas à droite tu paies et si tu vas à gauche c’est gratuit et tu ne vois rien. Pas très intéressant finalement. J’ai perdu Lyse et Nicole ne nous avait pas suivi. Je reviens tranquillement vers le bus et j’avise de deux dames qui étaient dans le bus avec nous. L’une d’elles parle espagnol et je la réquisitionne car j’avise d’un guichet bancaire et j’ai crainte que tout soit inscrit qu’en espagnol. Et bien non, j’ai le choix de 4 langues, français, anglais, portugais et espagnol. Quoi de mieux ! Je garde quand même la dame espagnole avec moi et juste avant d’embarquer dans le bus, il y a un magasin de bonbons. Ouh là là, leurs boules maltées ne sont pas piquées des vers…

C’est le retour au bateau. Je dois aller au Guest Relations desk et chanceuse que je suis, les chanteurs de ce soir se pratiquent juste en face. Je m’assois et écoute le spectacle.

Comme c’est notre dernière nuit sur le bateau, c’est également l’heure de la valise. Je la fais pendant que Nicole fait sa sieste. Ouh, là là, elle est tellement pesante que je dois prendre des trucs pesants, dont ma bouteille de vin, et les mettre dans ma valise de cabine. Finalement, après avoir tout refermé, perdu mon cadenas et déposé la valise par terre (car elle était sur mon lit), je réalise que la fichue bouteille de vin doit être dans la grosse valise et non dans la valise de cabine… Ne pouvant pas remettre la valise sur mon lit à cause de son poids, je l’ouvre à nouveau et remet bien précieusement ma bouteille de vin et prend tous les documents papier et autres trucs pesants et les met dans ma valise de cabine. Je croise les doigts et je me dis qu’il y aura certainement un homme bien intentionné qui m’aidera à mettre la valise dans le casier au-dessus de nos sièges, ce qui s’avèrera vrai.

Après tous ces efforts, c’est l’heure d’une petite sieste. Après c’est notre éternel et très bon souper. C’est quand même un peu tristounet car nous avions de très bons serveurs et je vais m’ennuyer de mes petits pains « leftovers ». Au retour, Nicole et moi arrêtons dans les magasins. ERREUR, j’ai encore dépensé mais pour une magnifique porcelaine LLadro. Il faut dire que je n’ai pas arrêté de tourner autour des porcelaines dès le début de la croisière. Je paie ma LLadro et remonte à la chambre.

Je dois refaire ma petite valise de cabine afin de mettre la boîte. Rebelotte avec le jeu des valises et des poids. Quel bonheur !!! Bon, c’est terminé et je décide de rejoindre Nicole. Je pars mais je ne l’a trouve pas. Je reviens à la cabine… ma carte pour ouvrir la porte est à l’intérieur et Nicole est pas là. J’avise d’Alfonso, notre steward, au bout du très long couloir. Je vais le trouver mais en arrivant, ce n’est pas Alfonso et lui, il n’a pas le passe-partout pour notre partie de couloir. Il appelle Alfonso à mon grand désarroi car ce dernier est à son heure de souper. Quelques minutes d’attente et c’est Alfonso qui apparaît et qui m’ouvre la porte. Je le remercie pour tout et surtout pour les animaux composés à l’aide de serviettes.

Finalement, après plusieurs in et out de trucs dans ma valise, je la mets à la porte. Je passe encore une fois à deux cheveux de m’embarrer. Non mais, c’est stressant faire des valises. On ne va pas au spectacle; Nicole finalise sa valise et je fais le tour encore un million de fois afin de ne rien oublier.

Anecdote : Les céréales pour déjeuner sont offertes dans de petites boîtes individuelles. Depuis 2 jours, j’amène avec moi une boîte de « Frosted Flakes » pour grignoter en autobus durant les tours.

Dimanche 29 avril, Barcelone

Le lever est à 5h15 et il y a beaucoup de bruit autant dans le navire que dehors. C’est tout gris dehors avec de bonnes apparences de pluie. Après avoir été déjeuné à la cafétéria, je vais dire un dernier bonjour à Andry, notre serveur. Je retourne à la cabine pour prendre ma valise de cabine. La grosse « Bertha » a déjà été prise hier soir et amenée dans la cale. Après avoir attendu le numéro de notre autobus pour notre tour de ville, on descend du navire une dernière fois. Nos valises sont vites arrivées et on avise d’un portier. Il pleut.

Tout le monde est dans le bus et on part pour un tour de ville. On nous amène tout en haut d’une colline dans un ancien quartier juif et de là on peut apercevoir au loin la fameuse « Sagrada Familia ». On passe devant le Musée d’art Catalan bâti tout comme un magnifique château mais pour abriter un musée. On passe devant les installations olympiques encore sur la colline.

Après avoir passé devant la « Casa Mila » et un autre édifice conçus par Gaudi, célèbre architecte, nous arrivons devant sa pièce maîtresse, la « Sagrada Familia ». Il est impossible de rester impassible devant tant de beauté et de magnificence. C’est à couper le souffle. Mais la beauté a un prix et pour finir ce magnifique ouvrage, Barcelone facture 8 Euros par personne qui désire visiter l’intérieur. On repassera en 2020 pour la visite quand la cathédrale sera terminée.

Finalement après avoir fait le tour extérieur de la cathédrale, c’est le dernier magasin visité. Enfin, je trouve un cadeau à mon frère soit un taureau façon Gaudi, c’est-à-dire tout en petites mosaïques de couleurs éclatantes. J’ai également acheté deux petites boîtes à pilules, une pour moi et une autre pour mon ancienne nounou. Nicole aussi trouve ses derniers cadeaux.

On retourne à l’autobus et nous allons visiter la vieille Barcelone et ses ruines romaines. Assez impressionnant mais là c’est le déluge. Il pleut, il pleut, il pleut. On se réfugie sous les auvents des magasins; on se fait engueuler par les propriétaires car on bouche les portes, m’enfin, l’autobus finit par arriver.

Arrivées à l’aéroport, notre guide téléphone à notre hôtel qui nous fait envoyer une navette. Il tombe toujours des clous, il tonne, le vent est frais et après plus de 45 minutes la navette arrive. On met une croix sur une visite ultérieure de Barcelone. On dépose nos valises à la chambre et nous allons manger. Je prends un pot-au-feu qui s’avère une soupe avec un morceau de saucisse, deux petites boulettes de viande hachée et un truc qui ressemble à une saucisse mais noir. Ne faisant ni une ni deux, je prends le truc noir pour réaliser en le mâchouillant que cela doit être du boudin noir. Bon, je l’ai avalé mais ne me demandez pas le goût, ni la texture, je préfère oublier.

Après une petite sieste, il ne faut pas perdre ses bonnes habitudes, je regarde par la fenêtre et le beau temps est revenu. Lyse ne voulant pas nous accompagner, on prend un taxi Nicole et moi et allons nous promener sur l’artère piétonnière de Barcelone, Las Ramblas. J’ai en main le nom de deux restos avec le chemin pour nous y rendre. Le premier est fermé; à 20h30, le deuxième nous prend et on se retrouve assise au 2e étage d’un beau resto typique de Barcelone. Je mange une demie épaule d’agneau et une crème catalane (version espagnole de la crème brûlée). Que puis-je dire sinon que ce fut copieux et délicieux. En plus, au 4 Gats (quatre chats) tout est à l’effigie du resto, les nappes, les serviettes de table et les assiettes portent tous le nom du resto imprimé. En sortant, un guide avec quelques personnes dit que ce restaurant a été fréquenté par des artistes très populaires. C’est classe! Un retour tranquille à l’hôtel en taxi après une petite marche de santé et le séjour tire vraiment sur sa fin.

Observation : Barcelone est le 9e port maritime du monde et le 1er en Europe pour les navires de croisière.

Anecdote : Comme il tombait des cordes, Lyse, Nicole et moi sommes réfugiées dans un café. Quel service !!!! Encore plus pourri que la température; pas moyen de se faire servir, on se fait lancer un regard et presqu’engueulée quand je demande du lait avec mon café et en plus, on est tassé comme des sardines. On avait l’impression d’être accueilli comme des chiens dans un jeu de quilles. Le service en Espagne n’est pas des plus souriant!!! On avait eu le droit aussi à l’air bête à Malaga.

Lundi, 30 avril

Ouf, le lever à 2h45 est assez dur. Dans le taxi qui nous amène à l’aéroport Nicole me demande si j’ai mon passeport. Bien oui que j’ai mon passeport et les billets d’avion… Arrive à l’aéroport et Nicole n’a pas son passeport. Branle-bas de combat, la fouille des valises, la mienne, la sienne et celle de Lyse, juste au cas où. On appelle l’hôtel afin qu’il y ait vérification dans la chambre et on nous dit de rappeler dans une dizaine de minutes. Naturellement on les rappelle et ils disent qu’ils n’ont rien trouvé.

Une chance, les guichets de Lufthansa n’ouvrent que dans une heure. J’ai le temps de prendre ma valise et vérifier son poids…. 28 kilos !!! J’aime mieux dire en kilos, ça semble moins lourd que 62 livres. Les guichets ouvrent et Lyse s’enregistre et quelques minutes plus tard, je m’enregistre à mon tour mais au comptoir « First Class » puisque le type me fait signe de passer car il n’y a pas personne. Je mets ma valise sur la pesée et pas un mot, rien sur le poids excessif de la valise. Ils sont moins sévères qu’aux Etats-Unis.

Je lui conte la mésaventure et me dit que si nous avions eu une photocopie du passeport de Nicole, ils nous auraient laissées passer sans problème. C’est une bonne chose à savoir pour le futur, toujours voyager avec une photocopie de son passeport. Par contre, il nous dit que si jamais Nicole retrouve son passeport de venir le revoir. Nicole décide de prendre un taxi et de se rendre à l’hôtel fouiller elle-même la chambre. Comme elle n’avait pas assez d’euros sur elle, on fait nos poches Lyse et moi et nous lui donnons nos euros.

Et là c’est l’attente pour Lyse et moi. On va s’asseoir à un petit resto et où nous regardons seulement la bouffe car on n’a que 2,4 Euros sur nous. Finalement, au bout d’une trentaine de minutes au loin j’aperçois Nicole qui me fait signe qu’elle a son passeport. Il était sur son lit. Ouf, quel soulagement.

Après avoir enregistré ses bagages on passe du côté Duty Free. On a toutes faim mais on a pas le temps de manger avant l’embarquement. On nous appelle et c’est le temps de monter dans l’avion. De ce que j’ai vu de l’aéroport de Barcelone, le Duty Free semble très grand et surtout très aéré. Toutefois peu de magasins sont ouverts car il n’est que 6h15 du matin et notre avion décolle à 6h45.

Nous sommes assises les trois à des endroits différents mais l’avion est loin d’être plein; Nicole vient me rejoindre et nous décollons. Nous avons le droit à un petit déjeuner composé d’un sandwich au jambon qui est très bon. Deux heures et quelques minutes plus tard, c’est l’aéroport de Frankfurt. Une chance que nous avons près de 90 minutes entre les deux avions car cet aéroport est long, longtemps. Ouf, il y a plein de tapis roulant mais, car il y a toujours un mais, le petit chariot dans lequel j’ai mis ma valise à main qui pèse 4 tonnes, celle de Nicole qui n’est pas trop pesante, la boîte encombrante dans laquelle il y a une porcelaine que Nicole a acheté, mon sac à main plein à craquer et mon manteau ne peuvent pas se faufiler entre les poteaux qui sont à l’entrée et la sortie de ces tapis. Je pourrais toujours forcer mais je risque de faire tomber l’un des paquets.

Ce coup-ci nous sommes les trois tassées comme des sardines mais l’une à côté de l’autre. On réussit à dormir un peu et à regarder les deux films plates. Et voilà, 7 ½ heures plus tard nous sommes à Dorval où Lyse se rend à son avion pour Québec et où le frère de Nicole nous attend pour nous ramener à la maison. Mes 17 jours de pures vacances sont terminées.

Observation : A l’aéroport de Frankfurt il y a des stations où les gens peuvent fumer debout. Assez surprenant.

April 13

Les dents - partie 1

Récit envoyé à quelques ami(es)s par courriel relatant mes aventures dentaires

Le 11 octobre 2006

Comment allez-vous ? Les travaux d’aménagement paysager dans ma bouche ont commencé. J’aime mieux – en fait c’est préférable pour moi – vous écrire car parler me porte à avoir des nausées. Voilà mes nouvelles. 

Hier, 4 ½ heures de temps sur la chaise du dentiste pour 4 couronnes temporaires avec un nouveau partiel.

J’y retourne ce soir, car il a oublié de me faire une empreinte (j’en ai eu 4 hier) et en même temps il va sabler un peu le palais du partiel temporaire car j’ai des nausées aux demi-heures. Je ne suis pas habituée à avoir un faux palais dans tout mon palais et surtout qu’il est épais. Pouah !!!! Je suis aux anti-nausées depuis hier soir.

Dans 2 semaines, j’y retourne pour la pose de mes 4 couronnes permanentes qui allongent mes dents (travaux de remblaiement).

Le 23 novembre, je vais chez le chirurgien maxillo-facial pour mes 4 implants (travaux de creusage). Mais avant, je vais devoir retourner chez mon dentiste je crois, car je dois avoir un autre partiel temporaire car lorsqu’on implante, ce sont des vis avec de petits bouchons. Hors, le partiel temporaire que j’ai ne fera plus à cause des bouchons. Alouette….

Quelques mois plus tard, environ 2 à 3 mois, je retourne chez mon dentiste et là, il va me mettre mes dents après les vis de mes implants (travaux d’aménagement paysager). Ca prend très peu de temps et même pas gelé car il enlève les petits bouchons et il fout les dents dans les vis et voilà le tour est joué.

Or, comme j’ai déjà plusieurs plombages en bas qui sont faits des mêmes matériaux que les ensembles de patio en résine, j’appelle toute cette chose, mon aménagement paysager. J’aurai donc une piscine creusée avec sets de patio de premier ordre dans la bouche !!!!! Plus besoin de rêver à une piscine creusée dans la cour, seulement ouvrir la bouche et tout sera là !!!! Et le prix avec !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Mais si vous me demandiez là, tout de suite, si je recommencerais au début, je vous dirais non car j’ai des nausées. En plus, le partiel temporaire qu’il m’a mis est, selon moi, horrible. Bon, les dents sont plus grosses et longues – ça je peux vivre avec, mais comme c’est un temporaire, les dents ont l’air d’être faites en cire et tout d’un bloc. Tu jurerais que j’ai une allée de quilles dans la bouche. En plus, j’ai énormément de difficulté à le mettre car je dois l’insérer de gauche à droite en passant dans le fond ; en tout cas, tout une job à mettre. Comme il y a un genre de fil de fer qui le tient à l’arrière et qui vient ceinturer mes molaires, le dedans de ma joue accroche un peu dedans et  ça me chicotte.

Hier, comme le dentiste a « gossé » pendant plus de 4 heures, je ne vous dis pas comment le dedans de ma bouche est. C’est un peu pas mal usé. Quand il t’examine, il lève ta lèvre supérieure et tu as vraiment cette sensation d’être un vieux canasson – vous savez qu’on regarde l’âge des chevaux en examinant leurs dents et pour cela on leur lève la lèvre supérieure. Il ne me restait qu’à hennir. Bof, j’ai gémi quelques fois, ça doit s’équivaloir non ? Au moins, on a rit durant la procédure car vers 15h30, je commençais à avoir faim et je dois avoir dit 100 fois que j’avais faim et entre deux arrêts (il devait aller chercher différents trucs) j’avais la revue Coup de pouce et à son retour je lui montrais les recettes. De quoi activer notre faim. En plus, je parlais beaucoup – donc très dur de prononcer des mots dont le mot « soupe » ; il avait donc de la difficulté à comprendre ce que je lui disais. On a bien rigolé.

Ce qui fait qu’hier soir, j’ai mangé « mou », ce midi j’ai mangé « mou » et ce soir je devrais manger « mou » encore. Comme j’ai pris 10 livres en 2 mois à cause de mon hypo-thyroïdie, je devrais pas avoir trop de difficulté à les perdre. Mais, je ne vous conseille pas ma méthode.

Au fur et à mesure que les procédures avanceront, je vous ferai part des nouvelles.

Au fait, pour les québécoise qui ont un terrain à feuilles, comme mes dents ont l’air d’un râteau, je peux aller ramasser vos feuilles en ouvrant la bouche. Avez-vous besoin d’aide pour feuilles ?????

Allez, je vous laisse car je dois aller prendre un anti-nausée.

Bisous à toutes.

Le 13 octobre 2006

Bonjour mes toutes belles,

Voici la suite de mes aventures dentaires.

Hier, je suis retournée chez le dentiste. Vous connaissez mon sens de l’orientation !!!! Et bien, la sortie pour y aller était bloquée. Une chance que je me souvenais de son numéro de téléphone par cœur et j’ai appelé et on m’a dit quoi faire. Ouf !!!!! En plus, j’avais déjà plusieurs anti-nausées dans le corps ; c’était pas le temps de faire un tour de ville à Saint-Jérôme.

Donc j’arrive chez le dentiste et je m’assois sur la chaise dans la salle en l’attendant. Je me mets à « sniffer » comme un p’tit chien. Ca sentait pas les roses mais plutôt l’urine ! Je croyais avoir le nez qui dégelait. J’ai demandé à Véronique la femme du dentiste qui passait, qui a senti et m’a dit la même chose. Après enquête auprès de Daniel le dentiste, il appert que malgré le fait que la chaise ait été désinfectée, il avait reçu un client âgé qui ne sentait pas le chocolat… Il y a vraiment qu’à moi que ces choses-là arrivent, n’est-ce pas ?

Daniel a sablé et raccourci mon partiel temporaire. Au moins le mal de cœur n’est plus au rendez-vous. J’ai repris encore 2 empreintes et vogue la galère, je suis repartie après une quarantaine de minutes. Il a également arrangé l’un des crochets qui m’abîmait le dedans de la joue et vérifié l’état du dedans. C’était assez massacré hier mais aujourd’hui ça va un peu mieux. Par contre, au lieu de mettre mon partiel temporaire en 3 secondes, j’en ai pour 4-5 minutes car je dois placer le crochet d’en arrière en premier et c’est pas du gâteau. Bof, j’en ai jusqu’au 25 octobre car le 25, j’aurai un nouveau partiel temporaire.

Ce matin, oui ce matin mesdames j’ai fini par allumer. Vous souvenez-vous des bonbons qui ressemblaient à des cigares en cire et qui étaient remplis d’un liquide sucré orange, rouge ou mauve ? Après avoir bu le liquide on machoullait la cire et on se l’appliquait sur les dents en avant. Et bien, si vous essayez de vous imaginer de quoi a l’air mon partiel temporaire, et bien c’est comme si j’avais appliqué cette cire sur mes dents de devant. De toute beauté quoi.

Et si vous voulez m’entendre zézayer, appelez-moi car maintenant je zézaye surtout lorsque je prononce des « ti ». C’est très joli. Johanne au bureau m’a dit que cela faisait sexy. Maintenant appellez-moi « sexy dent » et non pas pepsodent (ancienne pâte dentifrice) ou accident mais « sexy dent ».

Allez je vous laisse.

Vous aurez certainement un nouveau chapitre le 16 octobre.

A la prochaine et bonne fin de semaine à toutes.

 

Le 16 octobre 2006

Bonjour la gang,

En fin de semaine, j’ai réalisé que la semaine où j’avais prévu l’opération pour les implants en était une complètement « débridée et folle » ; je devais aller à Drummondville et en plus j’avais un rendez-vous chez le coiffeur, tout ça le samedi suivant l’opération. Le 21 novembre j’avais un spectacle à l’Orchestre symphonique de Montréal et le 23, jour supposé de l’opération, j’avais un rendez-vous chez le médecin à varices. Donc, j’ai avancé mon opération pour le 16 novembre. Vous aurez donc de mes nouvelles le 26 octobre, soit après mes couronnes permanentes et mon nouveau partiel temporaire et le 20 novembre, soit 4 jours après mon opération. Enfin, espérons que je serai revenue au bureau. Il semblerait que la seule restriction est de ne pas trop forcer. Comme forcer pour moi représente lever un crayon, je ne crois pas que cela m’empêchera de travailler.

A date ça va couci-couça car le crochet qui retient mon partiel temporaire en arrière m’irrite la joue gauche et c’est pas jojo quand je mange. J’ai toutefois appris à contrôler mes nausées. C’est simple, comme mes dents sont désormais plus longues, j’avais tendance à garder la bouche légèrement ouverte et je respirais par la bouche. Là, j’apprends à me la fermer !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Assez étonnant pour le verbo-moteur que je suis.

Allez bonne journée à tout le monde.

 

Le 27 octobre 2006

Mesdames, Monsieur Bon matin,

Hier, je suis allée me faire poser mes couronnes permanentes. Encore un p’tit 4 heures sur la chaise du dentiste car il a fallu qu’il me refasse une empreinte (alouette) et un nouveau partiel temporaire. En plus, enlever les couronnes temporaires, ce n’est pas évident car il faut qu’il tire. M’enfin.

Là mes canines sont moins grosses mais un peu plus longues – les dents sont plus longues aussi sur le nouveau partiel. Bientôt je vais finir par me ramasser avec les dents sur le menton !

En plus, à chaque fois que je parle, il y a comme un mini-jour entre mon palais et le faux palais et de la salive s’y accumule et ressort en avant. C’est certain que ce n’est pas beaucoup, mais juste assez pour faire des bulles…. Ca ne parait pas, mais moi je le sens et je trouve que cela fait super chic !!!!! On voit les petits bébés faire des bulles avec leur salive… Ca s’apparente. En plus, je zézaye de plus belle. Il semblerait que ma langue va s’habituer à aller frapper ailleurs sur mes dents et le tout va cesser éventuellement.

Donc, après ce long après-midi je suis retournée chez moi et après une petite soupe rapide je suis allée assister à la conférence du Prix Nobel de la paix 2003, madame Ebadi avec Jean-Claude un de mes bons amis. Et comme ce dernier est au courant de mes aventures rocambolesques, il m’a proposé d’aller manger « mou » chez St-Hubert. Naturellement, vous le savez comme moi, il y a de la salade de chou et j’aime bien. Ouh là là, pas évident de mâcher la salade – à gauche ce sont mes nouvelles couronnes et je ne suis pas habituée et à droite, il n’y a plus rien car c’est en attente d’implants. Donc, je mange avec mes palettes en avant et c’est très chic.

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J’entends « crack » dans ma bouche.

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Dans mon cœur et dans mon esprit je sais que je viens de casser une de mes couronnes flambant neuve, celle de ma canine gauche. Je n’ai même pas besoin d’aller tâter le terrain avec ma langue ou mon doigt. C’est ma canine qui a eu un traitement de canal et une apectomie (ouverture de la gencive pour aller enlever le nerf encore plus haut que le traitement de canal). Comme cette dent est fragile donc propice à casser très facilement, je le sais que cela ne peut pas être le nouveau partiel temporaire. Je prends ma langue et j’investigue… rien ne bouge. Microscopique lueur d’espoir à l’horizon, immédiatement éteinte grâce à mon scepticisme. Et là, ça commence à bouger et c’est la canine. Je vais aux toilettes mais j’hésite à enlever mon partiel de crainte que la dent tombe et que cela se mette à saigner. Le souper a fini assez vite merci et je suis revenue à la maison.

Naturellement quand j’ai enlevé mon partiel temporaire, cela n’a pas pris une minute que j’avais la couronne dans la main avec ma dent collée dedans. Au moins, je n’avais pas la crainte de bouffer dans mon sommeil une dent chambranlante car il semblerait que cela peut être dangeureux et je dois vérifier, vous savez quoi, à tous les jours jusqu’à ce que la couronne ressorte. Il y a quand même un bon minuscule petit côté à toute cette merdouille là.

Donc, j’ai appelé hier soir mon dentiste, je lui ai laissé un message sur son répondeur. Je traîne ma couronne avec moi dans mon porte-feuille… on ne sait jamais !!!! Mais ce qui m’emmerde le plus c’est qu’il va falloir enlever la racine de ma canine et ça, c’est une chirurgie que je vais devoir avoir avec points de suture à la carte. Il ne reste pas assez de dent à l’extérieur d’après moi pour qu’il puisse tirer sans problème. Encore là, un bon côté à tout car comme c’est ma dent « traitement de canal et apectomisée », ca ne fait pas mal du tout. Même pas quand elle rendue son dernier souffle.

Donc, la semaine dernière j’économisais 1 implant en arrière car non possible et aujourd’hui, non seulement je me repaye un implant mais je dois aussi payer une extraction et un nouveau partiel temporaire.

Mais à tout mauvais côté, il faut trouver le bon. Or, je me dis que vaut mieux que la dent « pète » avant les implants car je ne crois pas avoir le cœur assez solide pour aller me faire faire des implants aux deux mois. Par contre, je ne sais pas si on ne devra pas reporter un peu l’opération car il faut quand même que l’endroit de la canine cicatrise. M’enfin, là ce n’est plus de mon ressort, le dentiste et le chirurgien le savent mieux que moi.

Je viens d’appeler le chirurgien et j’ai rendez-vous à midi. Je vais encore passer au « cash » dans tous les sens du mot. En tout cas, ça va être beau si je dois me la faire enlever là là car demain j’ai rendez-vous chez le coiffeur à Drummond et dimanche je vais en pm entendre l’Orchestre Symphonique de Montréal.

En attendant, je ne vous souris pas, pas plus à vous qu’aux autres.

 

Le 27 octobre 2006

Salut gang,

Je ne voulais pas vous laisser mijoter toute la fin de semaine à attendre les résultats de ma rencontre avec le chirurgien ce midi. Petite parenthèse, il est pas laid du tout, il serait même à mon goût. M’enfin, ce n’est pas le but de mon propos.

Le doc. m’a dit de me référer à mon dentiste car il peut avoir 2 choix ; le premier, on peut « planter » un pivot dans la racine de ma dent cassée et après coller une couronne ; le deuxième, c’est lors de la chirurgie et de l’implantation des vis, le chirurgien va enlever le « moignon » et il va insérer sa vis et à ce moment-là, j’aurai une vis pour 3 dents au lieu d’une vis pour 2 dents (mes palettes). Mais ce n’est pas lui qui décide, c’est le dentiste. Donc, on va attendre à mardi d’après moi pour avoir des nouvelles car lundi j’ai une journée chargée mur à mur. Des entrevues toute la journée au bureau, avec une dent en moins…. Mais tant que je ne souris pas, ça ne paraît pas et comme a dit les filles « ça ne changera pas de ton air naturel ».

Aussi, pour ne pas vous faire honte le jour de la chirurgie, j’ai avisé le doc. que j’étais une moumoune 401 pour les piqûres et que même s’il m’endormait il devait pas piquer vite dans mes gencives ; je lui ai dit aussi de mettre beaucoup d’anesthésiant car j’ai beaucoup de difficulté à geler en avant. Je lui ai même dit à quel point j’étais un peu désolée d’être endormie car je ne pourrais pas lui piquer une petite jasette durant la procédure. Dur, dur la vie. C’est tellement plate une chaise de dentiste.

Alors, la saga continue et vous saurez, tout comme moi, d’ici peu si j’ai le droit à un 3e partiel temporaire, une couronne dans le moignon ou carrément le statu quo, soit un trou dans la bouche et éventuellement une vis qui tient 2 ou 3 dents.

En attendant, comme il fait noir à la salle de la Place des Arts pour dimanche, ça ne dérange en rien si je m’endors la bouche ouverte.

Bisous et bonne fin de semaine à toute la gang.

 

Le 30 octobre 2006

Bonjour gang,

Après une fin de semaine passée avec un trou dans la dentition, j’ai un rendez-vous chez mon dentiste mardi après-midi.

En fait, samedi matin, j’étais chez mon coiffeur avec le pot de teinture sur la tête et mon cell. sonne. C’était mon dentiste qui me téléphonait de St-Jérôme et qui voulait me voir là, là. Je lui ai expliqué que j’étais à Drummond avec la teinture sur la tête. Il m’a suggéré dimanche. Ben là là, j’avais une sortie à l’Orchestre symphonique de Montréal. Donc, on a mis ça à mardi car j’ai une journée de fou au bureau aujourd’hui. Il m’a dit aussi de brosser mon « moignon ». Assez bizarre brosser une dent cassée dans la gencive. M’enfin, faut le faire.

J’ai rendez-vous mardi à 14h – il va tenter de me mettre une mèche en carbone dans la racine et coller ma couronne au bout. Encore quelques heures à passer sur sa chaise. Je pense que mon nom est écrit dessous.

En attendant, j’en ai marre de manger mou. J’aimerais tellement mordre dans une belle grosse tranche de steak hyper saignant…. Peut-être que mercredi je pourrai me permettre de manger moins mou !!!! parce que mardi soir, je vais certainement revenir la bouche gelée, hein !!!

Je ne me doutais pas du nombre d’heures passées sur la chaise des différents dentistes ainsi que des petits problèmes qui jalonnent la longue route des implants ; au moins, cela vous fait de quoi à lire les copains.

Bye et à mercredi avec le compte rendu du prochain épisode de « LA DENTITION DE CÉLINE ».

 

Le 1er novembre 2006

Bon matin gang,

Me revoici revenu avec un sourire non édenté ; ouf il était temps. C’était assez impressionnant hier ; le dentiste a pratiqué une ouverture dans ma racine et a collé une tige de carbone qui était assez longue. Après, il a mis tout autour de la résine (plombage blanc), a coupé le surplus de la tige et a mis une couronne temporaire par-dessus le tout. Donc, je retourne chez le dentiste le 13 novembre, soit 3 jours avant mon opération, pour me faire poser une nouvelle couronne permanente.

Voilà, pas très rigolo mais plutôt assez surprenant comme truc. Je suis quand même restée 2 heures sur la chaise. Comme a dit le dentiste, je suis le commanditaire de cette chaise.

Un autre truc super est que depuis qu’il est déménagé (il était à St-Hubert et maintenant à St-Jérôme), il a un tout nouvel appareillage. Lorsqu’il prend des rayons-X, ce n’est plus sur un film que va la « photo » mais directement sur l’ordinateur – « the state of the art » quoi ! C’est vraiment bien.

En plus, hier sa femme et moi avons nettoyé nos « jewels ». Les dentistes ont une machine qui nettoie très bien leurs instruments mais également les bijoux. Donc, ce matin j’ai deux beaux bracelets propres comme un sou neuf. Non mais, aussi bien rentabiliser mes visites, hein ! et surtout le temps que je passe à attendre car tout ne se fait pas en 2 temps 3 mouvements.

Je ne vous retiens pas plus longtemps et passez une belle journée gang.

Votre toute souriante Céline.

 

Le 1er novembre 2006

Gang,

J’ai oublié de vous mentionner que tout le travail qui a été fait hier l’a été sans anesthésie – à froid quoi.

 

Le 13 novembre 2006

Bonjour gang,

Et bien finalement j’ai ma couronne permanente sur ma canine qui avait cassé et le tout à froid naturellement. Une petite heure et le tour était joué.

J’ai fait part de mes craintes à mon dentiste concernant l’implantation jeudi. J’avais peur de l’anesthésie ; en fait, ce n’est pas une anesthésie mais une sédation, i.e. il te rend drogué quoi ! Donc, je ne devrais pas craindre le « non réveil ».

Je suis mentalement prête à affronter ce charmant et pas laid du tout chirurgien. Toutefois, mon dentiste m’a dit que durant la chirurgie on va enlever mes lunettes…. et en plus, on va me mettre un genre de drap sur le visage avec un trou vis-à-vis de la bouche ; je ne verrai pas le beau chirurgien. Snif, snif. S’eût été une consolation pour la petite douleur ; m’enfin c’est plus une sensation de pression que l’on ressent.

Et voilà pour la petite histoire.

A bientôt gang.

PS. Je zézaille un peu encore et j’ai toujours cette sensation de faire des « bulles » lorsque je parle, mais ma langue a fini son « trip » maso ; elle va moins souvent entre les deux rangées de molaires……. Ouille, ça fait mal en titi ce machouillage.

 

Le 16 novembre 2007

Je vous donnerai plus de nouvelles demain, mais je survis. L'opération: on sent rien mais là ça fait mal.

Bye.

Les dents - partie 2

Le 17 novembre 2007

Bonjour gang,

Et bien aujourd'hui je vous écris de la maison car je suis en "convalescence". C'était hier le grand jour des implants.

Je suis partie du bureau vers 10h15 et Julie, ma collègue, m'a suivie peu de temps après et m'a ramassée à la maison. Comme nous étions en avance, nous sommes allées acheter des poinsettias dans le coin. Il semble, selon les dires de mes collègues, que malgré le fait que je disais que je n'avais pas peur, je sautillais partout et que j'étais incapable de rester en place. Je les crois sans peine car lorsque nous sommes arrivées chez le dentiste j'ai eu le temps en 40 minutes d'aller 3 fois aux toilettes. M'enfin, je n'ai pas eu à arrêter le chirurgien pour lui demander d'aller aux toilettes... Julie m'a laissée et est allée faire des courses. A chaque fois que la porte vers les salles d'examen et d'opération s'ouvrait, le coeur me sautait dans la gorge. Finalement, ce fut mon tour.

Après m'avoir fait désinfecté la bouche avec un rince-bouche spécial, on m'a installé sur la chaise. Dans cette salle, c'est plein d'instruments de torture. Mes pauvres yeux ne savaient plus où regarder tant il y avait des trucs partout. L'assistante m'a mis un truc au doigt pour prendre mon poulx et un autre truc pour prendre ma pression aux trois/quatre minutes, le tout suivi par un moniteur qui fait bip bip (mon coeur) tout le long de la chirurgie. Avant que le chirurgien arrive, j'ai comme enlevé un petit peu le truc au doigt (ça serre le doigt ça) et là, la machine fait un bip bip plus fort, un peu comme à la télé dans les séries médicales. Naturellement, la madame est venue me voir tout de suite et m'a dit de ne pas jouer avec le bidule. Bof, c'était rigolo. Comme la madame m'avait enlevé mes lunettes et que rien ne se passait, il fallait bien que je m'amuse un peu pour me désennuyer..... Je me souviens de m'être passée la remarque que je m'ennuyais, que c'était plate.

Le chirurgien est arrivé, m'a dit que même s'il y avait du retard, il n'irait pas plus vite. Je lui ai dit qu'il était chanceux car ce n'était que 4 implants plutôt que 5 à poser, donc, il gagnerait du temps. Il était un peu perplexe. Je lui ai dit que mon dentiste m'avait dit qu'il n'y avait pas assez de place pour 3 implants en arrière à droite. Il m'a dit que c'était la 24... J'avais-tu l'air de savoir c'était quoi la 24.... Finalement, j'ai su que c'était une molaire en haut à gauche mais que mon dentiste avait fait un pont fixe avec les deux autres molaires et qu'une couronne recouvrait le tout. Donc, pas nécessaire de faire 5 implants.

Alors il m'a dit de tendre le bras et a tenté de me planter une aiguille dans le bras. C'est sûr que mon petit bras chéri a tenté de se replier. Il m'a dit "non non, faut pas plier car la veine rentre plus profondément". Non mais, tiens-toi, tu penses pas qu'elle avait envie de rester là à se faire piquer.... Bon, finalement il a mis son aiguille à sédation dans mon bras et ils sont partis les 2, l'assistante et lui.

A un moment donné, je me suis rendue compte que ma bouche était gelée. Dans mon état semi-comateux, je ne suis dit, tiens la sédation fait geler la bouche. Ouain, après l'opération le chirurgien m'a dit qu'il m'avait gelé la bouche. Je dormais tellement dur que je ne m'en suis jamais aperçue. Wow, on devrait toujours me faire ça. C'est super, tu dors et tu te fais piquer partout dans la bouche et tu ne sens rien. Je me demande si j'ai ronflé. J'ai oublié de demander....

Comment pourrais-je vous décrire l'opération en tant que tel. Difficile car je sens que j'en ai dormi un bon bout. Une chance car les petites phrases que tu entends ne sont pas faites pour te rassurer.... style, je rétracte la gencive..., donne-moi la 4mm, etc. Pas vraiment intéressant, en tout cas c'est loin des émissions de "tivi" où le médecin compte fleurette à son assistante. Il ne contait même pas ses achats de Noël et autres trucs plus intéressants que passe-moi le rétracteur....

Je me souviens qu'à un moment donné, il a joué dans mon palais et ça fait mal. Il s'en est aperçu et il m'a gelé dans le palais. Cette piqure-là, fiez-vous sur moi, je m'en souviens. Ouille que ça fait mal se faire piquer dans le palais.

Ce que je me souviens le plus c'est qu'il drille dans l'os mais je sens peu de chose; c'est le bruit qui est stressant. Mais le plus beau c'est qu'à un moment donné le petit linge qu'ils te mettent sur le visage bouge un peu et tu vois ses doigts plein de sang.... Mon dentiste, me connaissant, m'avait dit qu'il n'y avait pas de sang, ni de points de suture. Ouain, il repassera celui-là. Un autre truc que je me souviens c'est que le chirurgien visse quelque chose dans ta bouche - tu le vois tourner un truc. Mais le pire, c'est qu'il cloue quelque chose aussi dans ta machoire et ça, c'est pas très amusant. J'en ai senti 2, un en avant et un sur le côté et celui-ci, j'aurais bien aimé lui dire que je n'avais pas mal à la tête mais qu'il s'organisait pour que j'aies un mal carabiné; c'est un bout pas très rigolo, ça résonne en titi. Bof, je dois m'être endormie après. Il n'arrêtait pas de dire, vous êtes patiente madame, penchez-vous à gauche, penchez-vous par en arrière. A un moment donné, il m'a dit penchez-vous à gauche, j'ai très mal au dos. Ca doit car il est toujours penché et il a l'air de travailler assez vite. En tout cas, de temps à autre je lui voyais des bout de doigt et  ça y allait aux toasts. Un vrai ballet.

A la fin, il a sorti son fil à coudre et il m'a cousu. Malheureusement, je ne dormais pas. Il a eu de la difficulté à faire son point dans le fond de ma bouche. Je ne me souviens pas combien il en a fait, mais certainement 4-5. Profondément dégueu. C'est certain qu'à son dernier j'ai bougé un peu. Y était pas content, il m'a dit de ne pas bouger car c'était vraiment exigu l'endroit où il devait coudre, il me disait d'ouvrir grand grand la bouche. Il s'est repris à 3 fois pour le faire. On devrait l'envoyer suivre un cours de couture.

Finalement, au bout d'un certain temps - j'ai perdu la notion du temps - c'était terminé. J'ai demandé mes lunettes à l'assistante. Je les ai eues et je me suis levée. Il ne fallait pas, je risquais d'être étourdie. Du tout, je me suis levée (pas étourdie) et j'ai regardé. Seigneur Jésus, c'était plein de sang. J'avais demandé au chirurgien de me remettre mon partiel et toutes mes dents en avant étaient pleines de sang. Dégueu.

Ils ont fait venir Julie et lui ont dit les consignes; diète liquide durant 3 jours, après hyper mou le lendemain et mou durant 3 semaines. Vive le paté chinois, le pain de viande, la soupe et les pots de bébé. En tout cas, le mot est dit "diète".

L'assistante a dit à Julie de ne pas me laisser seule durant 2 heures. J'avais pas besoin d'un baby-sitter quand même. Je marchais facilement sauf que Julie m'a dit que j'avais l'air massacré du body. Bof, nous sommes parties après avoir laissé 8 065$ au bureau du chirurgien....

Dans la voiture, j'ai compté mes doigts pour dire à Julie que j'allais très bien. Sainte fesse, j'ai compté que 9 doigts.... Ce matin je l'ai appelé et il semblerait que je lui ai dit au moins 10 fois que je n'avais pas senti les piqures pour me geler. Disons que mon cerveau était endormi quoi !!!!

Voilà, c'est tout. J'ai pris 2 pilules anti-douleurs hier - plus pour me tranquilliser mentalement que pour la douleur que je n'avais presque pas. J'avais seulement mal au palais et j'ai encore un peu mal ce matin mais pas assez pour prendre les anti-douleurs. J'ai mangé trois pots de bébé hier; à date, ma préférence va aux patates douces en purée, le spaghetti et légumes est moyen.

Je reviens de l'épicerie, car je dois manger mou mou, et je me suis trouvée un festin de roi, du boeuf strogonoff, du poulet chasseur, du poulet campagnard, du boeuf aux légumes et tout ça dans un format "pot de bébé". Et vous me connaissez, pour faire la "fine", en revenant de l'épicerie, j'ai reçu un appel et j'ai répondu "Maison de convalescence Langlois" et paff, je tombe sur l'assistante du chirurgien. Bof, elle a bien ri. Je vais les revoir vendredi prochain et elle m'a dit que c'était normal que j'aie mal un peu au palais. Je ne lui ai pas dit que j'avais déjà fait depuis 8h ce matin, 2 lavages dont le lavage des draps de mon lit, laver une fenêtre de ma porte patio et l'épicerie. Elle aurait pu ne pas me prendre en pitié.

Je vous reviendrai sous peu avec le reste de mon histoire dentaire. Il ne reste plus qu'à visser les dents aux implants dans 2 mois et le tour sera joué. Je pourrai aussi vous faire part de mes progrès dans ma perte de poids.

P.S. Pour me consoler, je vous annonce que je quitterai le Québec pour Miami le 14 avril et embarquerai sur le "Brilliance of the Seas" le 16 avril pour arriver à Barcelone le 29 avril 2007. Les escales seront les Açores, Lisbonne, Séville, Malaga, Valence et nous resterons 2 jours à Barcelone. Que voulez-vous, faut quand même pas arrêter de vivre pour quelques vis dans les os.

 

Le 4 janvier 2007

Chers vous tous,

En premier lieu, je tiens à vous souhaiter une belle, bonne, prospère année 2007 remplie de joie et de santé.

Voilà un petit bout de temps que je ne vous avais pas entretenu de mes implants. Au mois de novembre je me faisais mettre mes implants. Une semaine plus tard, je retournais voir le chirurgien qui me disait que la cicatrisation allait très très bien. A ce moment-là, j'ai su que j'avais vraiment une bobine de fil dans la bouche, soit 9 points de suture.

Et maintenant, 10 livres en moins - grâce au manger mou.... et les pots de bébé - je vous reviens en forme mais quelque peu désappointée. En effet, ce matin je suis retournée chez le chirurgien, pensant le voir pour une dernière fois. Mais non, je dois y retourner le 16 janvier pour faire "tasser" ma gencive en haut vis-à-vis des implants. Il semblerait que ça va être sensible pour 4-5 jours, dans mon cas au moins 2 semaines.... Il était très heureux de voir à quel point tout était super; cette histoire de gencive, ce qu'il m'a dit c'est qu'il a fait exprès. Peut-être suis-je à son goût ???? Bon ok, cessons de divaguer. La seule chose encourageante c'est que le tout va être sensible, donc un retour vers des choses très très molles et peut-être encore quelques livres de perdues.

Par contre, j'ai demandé au chirurgien d'y aller doucement sur la piqûre car il doit anesthésier la gencive. Je crois que s'il se souvient de quelque chose de moi, c'est ma peur immodérée des aiguilles et piqûres. J'oubliais, il va changer aussi les petits bouchons au bout des implants. Au lieu d'être 1 mm ce sera des bouchons de 3 mm. Il semblerait que nous allons très bien voir les bouchons après, ben là là enfin, moi je vais voir les bouchons pas vous.

J'ai dû remettre mon rendez-vous chez mon dentiste à la fin janvier pour mes empreintes. Un retard donc sur l'arrivée des dents vissées à mes implants.

Je serai certainement à mon poste pour vous conter le "tassage" de la gencive avant supérieure dans deux semaines.Encore une fois bonne année et merveilleuse année 2007 et gros bisous  virtuels. Comme c'est sur internet, pas de risque d'attraper des microbes.

Le 16 janvier 2007

Bonjour à tous,

Et bien le "tassage" de la gencive avant supérieure est fini... Savez-vous comment ça prend de piqûres dans le palais pour faire le tout.... 5. Oui, 5 fichues de piqûres dans le palais. Et je peux vous dire que je les ai toutes senties et elles faisaient toutes plus mal les unes que les autres. En tout cas, je ne peux pas dire les mots qui me sont venus en tête - je ne peux pas vous les dire parce que j'ai une cousine qui est soeur et qui lit mon récit, alors je ne veux pas offusquer ses oreilles. Mais bordel, encore une heure plus tard j'avais l'impression que le coeur me battait dans le palais. Là au moment où je vous écris et tout est dégelé et ne fait plus mal. J'ai l'impression que ce qu'il disait par rapport à ma gencive qui serait sensible quelques jours ne sera pas si pire que prévu. Je ne mangerai pas une pomme mais je peux lâcher les pots de bébé.

Il a aussi eu la gentillesse de limer une de mes dents de mon partiel temporaire. Ce qui fait que lorsque je ris trop ma dent est plus courte en haut et on peut voir mon implant. Ah oui, il a mis des bouchons plus épais. C'est rigolo quand même, il enlève les bouchons et te visse d'autres bouchons - ça fait bizarre quoi. Pour lui, c'est terminé, je ne le verrai plus. Dommage car il était mignon.

Je suis allée au bureau après - car vous savez pour certaines que je travaille dans une usine, mandat temporaire fait par l'entremise du bureau, je remplace quelqu'un aux ressources humaines en maladie. Donc, je suis allée leur montrer, non pas le "tassage" mais ma nouvelle coupe de cheveux. Et oui, j'ai dit au coiffeur samedi de me passer les ciseaux dans les cheveux et là ils sont très courts. Il semblerait, selon les dires de certains, que cela me donne un air plus espiègle.

Donc, le ravallement de la façade continue. Après les implants et les varices, ce sont les cheveux; mais ne vous inquiétez pas, il n'y aura pas de botox, ni de lifting, je suis trop moumoune pour ça et en plus je commence à être plus modérée dans mes dépenses.... Je suis quand même toujours au régime durant le jour et le soir, bien là ça se gâte sérieusement, je me prends des petits desserts ce qui ruine le régime de la journée. Non mais, on ne peut pas toujours être raisonnable.

Dans trois semaines, je serai assise sur la chaise de mon dentiste et ce sera les empreintes et deux semaines plus tard... les dents vissées. Enfin, s'il n'y a pas d'autres retards. Parti comme c'est là, il risque d'en y avoir d'autres, malgré que j'aie eu mon lot de malchances.

Allez bisous à tout le monde et à la prochaine.

Le 11 février 2007

Chers vous tous,

Et bien oui, j'ai pris un peu de retard sur mon récit dentaire car c'est lundi le 5 février que j'allais chez le dentiste pour ma prise d'empreintes et .... avoir un autre grand désappointement. Et bien oui, ce n'est pas encore la dernière étape avant la pose des dents - on va me couper la gencive en avant pour la faire descendre un peu plus bas. Non mais y'en a marre de me faire "gosser" la gencive en avant. Elle va avoir tout eue la pauvre. Mais au moins, j'ai eu l'assurance qu'il n'y aurait plus de piqures dans le palais.

Mais ce fut quand même très instructif cette prise d'empreinte. Daniel, le dentiste, a enlevé les bouchons au bout des implants. Il a un tout petit tournevis d'environ deux pouces de long et il faut faire attention de ne pas échapper les bouchons, hein les copains.... sinon à part le doigt dans la gorge pour régurgiter..... On peut pas rester avec un réceptacle avec un trou au bout. M'enfin aucun avalement incongru ne s'est fait et on a enlevé les 4 bouchons vissés. Après, il pose des trucs en plastique - j'explique. Cela ressemble à une table de patio carré avec un trou rond sur le dessus. Il met ce bidule, les pattes dans le trou de l'implant. Cela a fait un petit peu mal, en fait surtout à mon implant en avant à gauche car il a été posé plus creux que les autres. C'est très joli quand tu souris car tu te ramasses avec des bidules en plastique blanc. Il faut que ça "snappe". Alors lorsque tu entends clic, tu sais que ta table de patio est bien mise.

Pour aggrémenter le tout, il met dans le trou un genre de bouée, vous savez celles qui ressemblent aux bouées en mer en triangle orange et qui flotte et bouge aux quatre vents. Alors, cette bouée est orangée rouge et dépasse un peu du bidule blanc. C'est encore plus beau. Si tu ouvres la bouche le soir dans la rue arrangée comme ça, tu es certaine de ne pas te faire frapper - ça doit se voir de loin.

Il a pris quelques photos avec un appareil qui ressemble à un très gros crayon et qui est directement relié à la chaise et son ordinateur. Je vais peut-être les avoir par courriel. On ne voit que mes dents, donc je suis quand même incognito. Il faudrait quand même pas que ce soit public et que l'on me voit comme ça sur internet.... Après la prise de photos numériques, il te met un genre de truc à empreintes vert lime tout autour de ces bidules et bouées, blanc et orangé je vous le rappelle. Et puis, comme dessert il te met l'appareil à prise d'empreintes avec un contenu mauve lilas. Il te dit: "ça risque d'être stressant quand je vais enlever car tout vient avec, les bidules et bouées, on s'entend pas les implants". Bof, pas vraiment stressant et ça fait vraiment pas mal. C'est de toute beauté cette empreinte, on se croirait dans une pub de peintures de toutes les couleurs, mauve, vert lime, orangé rouge et blanc.

Voilà, après ça j'ai eu mon examen annuel et mon nettoyage de dents et j'ai su combien il me restait à payer environ. Oh well, pas loin de 6000$. Bof, plusieurs d'entre vous m'avez offert la soupe de temps à autre lorsque je serais pauvre, bien j'irai cogner à votre porte. Et puis, j'ai ma cousine qui est soeur de la congrétation de Notre-Dame qui vit sur le bord du lac St-Pierre à Pointe-Claire dans un endroit enchanteur. Hein Yo, tu ne laisseras pas ta peite cousine crever de faim ? Prochaine étape, la coupure de gencives. A suivre. En attendant, je porte mon partiel tronqué en haut qui me fait parler parfois bizarrement et je continue à faire des balounes en parlant de temps en temps surtout le matin. C'est très agréable!!!!

Bye

Le 26 février 2007

La suite de la suite de la suite

Bonjour gang,

J'ai trouvé amusant ce petit titre "La suite de la suite de la suite" car ne vous en déplaise, il me reste encore deux séjours à faire sur la chaise de mon dentiste. Et oui, je vais être celle qui augmente les gaz à effet de serre par mes aller-retour entre St-Jérôme/Montréal car je suis retournée chez mon dentiste entre mon précédent courriel et hier. Il ne croyait pas nécessaire de faire un autre type d'empreinte, en plus de celle qu'il avait fait mais le technicien l'attendait.... Finalement après une semaine, j'ai contacté le dentiste et il m'a rappelé peu de temps après pour me dire qu'il fallait une autre empreinte. En tout cas, si je meurs dans un accident d'avion, j'ai assez d'empreinte et de rayons-X de ma bouche que jamais je croirai que l'on ne pourra pas m'identifier la "gueule".

J'aimerais également vous référer à mon précédent courriel où je vous disais que ma cousine nonne restait sur le bord du lac St-Pierre ou St-Louis. Et bien, le lac que je vous mentionnais n'était pas le bon, c'était l'autre, soit St-Pierre ou St-Louis. Bon, bon, pour ceux et celles qui font du bateau, ils le savent c'est quel lac et pis les autres, prenez une carte géographique et vérifiez c'est lequel. C'est celui qui borde la ville de Dorval. Donc, ma cousine m'a répondu qu'elle nourrirait à la soupe sa cousine "édentée". Vous voyez mes amis, c'est pas parce que vous êtes au service de Dieu que vous n'avez pas le sens de l'humour... acéré! En tout cas, je suis loin d'être édentée.

Hier, c'était une grande journée. Non seulement je me faisais creuser des genres de mini trous sur la gencive avant mais j'avais droit aussi à mes vrais implants sur le côté. Bon, je vous résume. Dans mon autre courriel je vous parlais de coupure à la gencive en avant - j'avais mal compris - c'était des encavures que le dentiste devait faire de chaque côté de mes canines en avant afin de bien recevoir mes implants et que cela ait l'air le plus naturel possible. Alors on a débuté par la pose de mes implants permanents en arrière. Wow, c'est vraiment super précis. Enlève le bouchon, met une vis, pose la dent, vise la dent dans le bon axe et bouche le trou avec du plombage blanc. Après ça c'est l'ajustage final entre les dents d'en haut et d'en bas. On croque un petit bout de papier noir qui laisse des traces sur les dents et il drille tranquillement et il recommence le bout de papier.... jusqu'à ce qu'il soit satisfait. En arrière c'est important car il faut pas que les dents claquent trop, il faut que ma bouche se ferme correctement. Ce petit travail de précision dure un bon vingt vingt-cinq minutes facilement.

Un coup que les deux implants ont été mis sur le côté arrière droit, c'était au tour des bouchons en avant. J'ai pu en dévisser un en avant. En fait, il a donné le premier tour car c'est visé comme un pot d'olives - c'est dur, c'est dur. C'est super comique comme sensation. Tu sens rien - mais vraiment rien. Autant en avant qu'en arrière, tu t'aperçois qu'il dévisse que parce que tu sens ses doigts bouger. Et quand il vise les implants c'est une très minime pression que l'on ressent à la fin lorsqu'il donne le dernier tour.

Après avoir enlevé les bouchons, là c'était le temps des encavures de la gencive. Oups, là c'est piquant et saignant. J'ai eu le droit à deux piqûres en avant pour geler et malheureusement une dans le palais. Mais mon dentiste est hyper doux et je n'ai presque rien senti lorsqu'il m'a piqué dans le palais. Là il m'a fait les petites encavures et ça saignait. Pouah, j'haîs ça. Petite parenthèse, j'ai fait remarquer à Daniel que je regardais toute la procédure avec mon petit miroir sauf les piqûres et où il y a du sang. Mais j'ai regardé vite vite après qu'il ait fini et comme je lui ai dit : "Pouah, j'ai l'air d'un rostbeef saignant"... C'est vrai, cela ressemble à une pièce de viande saignante. Bon, je sens ici que je fais frissonner quelques lecteurs et lectrices - gang de moumounes va !

Un coup les encavures faites, il ne restait plus qu'à poser les implants temporaires en avant. Deux petits tours de vis et c'était fini. Il a dû limer un peu les dents car elles étaient tellement longues que je faisais des égratignures sur son plancher...... bon, bon, j'avais juste l'air d'un lapin avec des dents qui me descendaient jusqu'au menton.... ok, ok, il a limé l'équivalent de 2mm et encore. Il m'a dit de vérifier la couleur de mes gencives en avant - qui étaient blanches à cause de l'anesthésie - et qui devaient redevenir d'un beau rosé. J'ai vérifié à quelques reprises et c'est d'un beau petit rose mignon comme tout.

Voilà, après un stage de près d'une heure et demie sur sa chaise je suis repartie avec des dents non amovibles. C'est vraiment assez impressionnant. Pour quelques jours, je vais avoir la sensation d'avoir une "motte" sur le côté droit où j'ai mes implants mais après, je ne m'en apercevrai plus. Je machouille de temps à autre ma joue sans faire exprès et je réapprends encore une fois à positionner ma langue pour ne pas zézèyer. Je suis mûre pour être prof de diction.

Le prochain coup encore des empreintes pour la fabrication des implants finaux en avant, le rendez-vous est déjà pris pour le 12 mars. Présentement, les implants en avant - représentant les quatre palettes - sont tous reliés ensemble à l'arrière et sont en acrylique et non en porcelaine. Et après les empreintes, encore une ou deux semaines de délai et je devrais avoir pour Pâques mes implants finaux et permanents en avant. Et dire que je pensais qu'à Noël tout serait fini. Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage !

A la prochaine gang, en attendant je vais me manger la joue.

Le 27 mars 2007

Quand on pense que tout est fini…..

On déchante vite.

J’ai mes belles nouvelles dents permanentes. Elles sont très jolies – effectivement pour un des derniers paiements à 6 432$ elles ont intérêt à me plaire.

Toutefois, quand Daniel m’a posé le pont vissé, il s’est aperçu que ma gencive était un peu dans le chemin. Il a mis de l’astringent, il semble que cela permet à la gencive de se résorber un peu. Si vous saviez comment ça goûte méchant. A croire que chez un dentiste, ou c’est douloureux ou ça a un goût méchant. Pas moyen de moyenner. Il remet les dents mais ce n’était pas assez, il a retenté une deuxième fois et ça n’a pas marché encore mais ça goûtait encore « miiiiiichant » en TA. Il a donc vissé les dents comme si c’était les temporaires.

C’est moins vissé dur mais tu as vraiment l’impression quand il visse que la mâchoire part d’un bord et les dents de l’autre. Ce n’est pas que ça fait très très mal mais ce n’est pas agréable. En plus, il coinçait un millimètre de gencive par exprès. Pas besoin de vous dire que ça pinçait un « ti peu ».

Et…. on va y retourner dans deux semaines pour se faire dévisser les dents, nettoyer le mini bout de gencive qui aura « mouru » coincé entre l’implant et la vis et reposer les dents et là visser pour vrai. Je ne sais pas où ma mâchoire va se ramasser… si je pense qu’elle bouge de 10 pieds quand il visse moyen, j’imagine qu’elle va se rendre au Pôle Nord quand il va visser pour vrai.

Il me reste donc une visite, enfin j’espère, chez le dentiste et après ce sera FINI, NI I NI, FINI, FINI. La visite est déjà prévue pour le 10 avril et on n’oublie pas, le 14 je serai dans l’avion qui m’amènera pour ma croisière transatlantique.

A bientôt gang.

Le 10 avril 2007

Et bien oui, c'est fini. Mon récit prend fin ici puisqu'hier fut ma dernière journée et visite chez le dentiste. Il était temps car sa femme et assistante doit accoucher d'une journée à l'autre. Je n'aurais pas pu avoir un autre rendez-vous.

Tout s'est déroulé très bien. Il a dévissé le pont de mes quatre dents en avant, il a bien nettoyé autour des implants, il a revissé après et ça n'a pas fait mal du tout. Un charme quoi ! Il a bouché les trous afin que les vis ne soient pas apparentes, il a mis du plombage blanc, il a sablé le plombage et une heure plus tard j'étais une femme heureuse mais pauvre en "s'tie". Ouh là là, une chance que ma croisière est payée, je vais pouvoir manger "grati" pendant 13 jours. J'ai pensé à vous collecter, vous mes lecteurs, un petit droit de lecture, mais je me suis dit que "cheap" comme vous êtes j'en aurais même pas assez pour un bol de soupe.

Avant de terminer, j'aimerais remercier tous ceux et celles qui m'ont lu, ceux et celles qui m'ont vu avec mes nouvelles dents et qui ont été assez gentils et polis pour me dire que c'était beau et finalement ceux et celles qui m'ont dit que j'étais complètement folle et cinglée et qui avait bien aimé me lire.

Voici quelques remarques que j'ai eu de mes "supposés" amis m'ont envoyées par courriel:

Michel:

As-tu pensé de mettre une note à ton testament !!

Quoi Michel, tu veux hériter de mes dents.... Pense pas qu'elles feront aussi bien sur toi que sur moi, mais tu pourrais toujours les mettre autour de ton cou en collier…. Un beau collier de dents de requin Céline !

Louise:

C’est de la trangénèse qu’ils ont effectué, tu auras des dents de phoque, dans les prochains semaines !!!!!!!!!!

                   Poisson d’avril …………………………………….

Et moi qui croyais que les notaires étaient sérieux...... quelle déception.

Yolande, ma cousine:

Ça doit être super un voyage avec des belles dents neuves, ça doit être l'équivalent d'être vêtue d'une superbe robe de bal!!! Seras-tu obligée de "dévisser" tes dents pour te coucher???????!!!!!!

Ce serait de la grooooossssssssssssse ouvrage, de quoi t'endormir avant la fin!

Bonne nuit! Yo...

Et après on dira que les sœurs (de la Congrégation de Notre-Dame) sont plates et ennuyantes.

Merci à toute la gang. Ce fut un plaisir de vous lire ou écouter vos commentaires. Le prochain récit, ma croisière transatlantique que j'entame dans quelques jours.

Addendum, mardi le 5 juin 2007

Samedi soir dernier, après une dure journée à Drummondville, j'étais tranquillement assise sur ma chaise mangeant de la tire d'érable. Oui, oui, j'ai de la tire dans mon congélateur que je sors occasionnellement quand j'ai la dent sucrée.

Bon revenons à nos moutons, donc assise sur ma bergère – ben oui, tant qu'à être dans la bergerie – je me régalait, quand soudain…. Non non pas de méchant loup… je sens quelque chose de dur sous la dent. Qu'est-ce? Je prends délicatement le morceau dur de ma bouche, l'examine et décrète que c'est un gros morceau de tire pris en sucre. Je le dépose sur ma table et, non c'est pas mal gros. Je reprends le morceau dans mes mains et examine encore. Bon, dans le doute je commence à passer ma langue sur toutes mes dents. On sait jamais… Oups, arrêt vers l'avant en haut. Et bien oui, j'ai perdu un plombage qui cache la vis de mon implant avant droit. Comme quoi, lorsqu'on pense que tout est fini, que rien n'est fini à jamais.

Toulou les p'tits copains.

Votre toute dentelée.

Et voici les réponses que j'ai reçues:

Salut "Belle dent"!
Tu devrais prendre une photo de ta "binette édentée" en témoignage des "vicissitudes terrestres"
au cas où quelqu'un d'autre oubliait que "la terre c'est la terre", et "le ciel c'est le ciel", et que seul ce dernier est éternel !!!
Toute ma sympathie ma grande ! Il y a une garantie sur cela ?
Yo...
 
Michel: C'est vraiment une histoire en dents de scie...

July 12

Party de retrouvailles

Le 17 juin 2006, Christiane Lemaire nous accueillait chez sa mère, toute la gang d'amis d'enfance et d'adolescence. Ce fut un merveilleux party de retrouvailles. J'y ai revu Gaétan, mon voisin d'en face lorsque j'avais 3 ans et que je n'avais pas revu depuis 30 ans. Tout le monde était super heureux.
February 16

Croisière - 2006

Jeudi, le 26 janvier 2006 – Chaud, ensoleillé avec passages nuageux

 

 

Le taxi est à l’heure – Nicole et moi quittons l’appartement à 4h. Nous enregistrons les bagages, traversons les douanes et allons porter nos bagages sur le tapis roulant (ma valise pèse 32 livres), non sans avoir passé au « duty free ». Nous prenons un petit déjeuner succinct au Starbuck et embarquons. L’avion devait quitter à 6h15 mais nous décollons qu’à 7h30 – déglaçage oblige. L’envolée se fait bien et pour tuer le temps lors du déglaçage, nous jouons au Yum. Finalement, on arrive qu’avec 30 minutes de retard à l’aéroport de Miami. La tante de Nicole, Lise qui vit à Miami Beach, nous attend à l’arrivée.

Après avoir mangé, nous allons acheter les cigares pour un ami et après à la pharmacie pour Julie. En revenant, on se fait arrêter pour avoir tourner à droite où cela n’était pas permis. Après avoir été voir où était le panneau qui indiquait le tout, je suis allée voir le policier, car tout ce que j’ai vu c’était un panneau l’autre côté de la rue qui indiquait que le voie de droite était réservée pour aller tout droit ou tourner à droite. Mais non, le panneau était à 30 pieds dans les airs…. Il semblerait, selon Lise, que cette municipalité floridienne est sous le coup d’innombrables poursuites judiciaires dues à leur « bizarre » administration – excessivement corrompue. Entre autre, ils enlevaient du sable sur une plage dans leur municipalité et allait le revendre au gouvernement fédéral sur une autre plage plus au nord. Il faut savoir que le sable appartient au gouvernement fédéral.

Après une visite de l’un des fils de Lise, Michel, nous soupons et on se couche très tôt à 9h15. On a beau dire que les voyages forment la jeunesse, mais cela déforme aussi la vieillesse et se lever à 3h du matin, c’est dur  dur sur le corps.

 

Anecdote : Lorsque nous étions en attente pour passer aux douanes à l’aéroport de Dorval, une femme et son conjoint ont coupé la ligne et passé devant tout le monde. C’était l’ancienne associée de Julie (ma collègue) ; cette personne a volé Julie et est en sérieuses dettes avec le gouvernement. Faut croire que les escrocs peuvent faire la belle vie. Je dois également ouvrir mon sac à main, on fouille, on demande pour finalement s’apercevoir que le truc qui apparaît aux Rayons-X n’est qu’une innocente parfumeuse super enveloppée afin qu’elle ne coule pas.

 

Information : J’ai acheté 5 boîtes d’Advil rhume et sinus en gélule pour ma collègue Julie. On en a pas au Québec – en fait nous l’avons en comprimé seulement. Je viens pour payer et la fille me dit qu’elle ne peut passer que trois boîtes à fois – raison : drogue. Il semble qu’on peut faire des choses pas catholiques avec ce type de médicament.

 

Vendredi, le 27 janvier 2006 – Chaud, ensoleillé avec passages nuageux

 

Après m’être réveillée à 3h40, je finis par me rendormir jusqu’à 7h. Après déjeuner, nous quittons Lise, Nicole et moi à 11h pour les magasins en laissant derrière nous sa fille Louise et son mari Louis. Nous allons chez Ross où je trouve 2 paires de souliers et un sac à main. Nicole achète un sac à main, un attaché-case pour sa fille et des vêtements. Ross, si nous voulons le décrire, est le pendant américain de Winners. Tout y est bradé mais ce sont les lignes de l’été dernier. Les chaussures que j’ai achetées se détaillaient l’été dernier à 120$ alors que je les ai payées 21,95$US chaque paire.

On quitte pour Loehman’s Center. On n’a même pas le temps d’entrer dans le magasin que Nicole s’aperçoit qu’elle a oublié sa veste jeans chez Ross. On rembarque dans l’auto, on débarque Nicole et moi pendant que Lise stationne. Je me dirige dans les chaussures où je trouve tout de suite la veste. Lise n’a presque pas le temps de stationner que nous rembarquons pour Loehman.

Nous trouvons rien chez Loehman – en fait, rien d’intéressant. Je viens quand même de m’acheter 3 paires de chaussures la fin de semaine avant mon départ pour Miami et deux nouvelles chez Ross. Par contre, Nicole trouve deux paires de sandales dans un petit magasin tout à côté de Loehman. Nous allons luncher dans un super petit resto-bar tout près de là. On mange dehors…. Une belle brise nous attend. Après, nous quittons pour un autre magasin de chaussures, DSW et j’y trouve une troisième paire de chaussures. C’est vraiment super comme magasin – Louise, la fille de Lise, me donne le nom complet de DSW, Discount Shoes Warehouse. Si je compte bien, en moins de six jours, j’ai réussi à acheter six paires de chaussures. Comme dirait l’autre, j’ai une bonne moyenne au bâton… Mon porte-feuille va certainement être moins heureux.

Nous partons et allons chercher Ashley la fille de Louise. Elle est mignonne, drôle, boute-en-train. Nous l’avions rencontrée l’an dernier. Nous arrêtons à l’épicerie et chez l’un des fils de Lise pour rencontrer deux de ses petits-fils. De retour à la maison, nous mangeons avec Louise et sa fille Ashley à 21h. Finalement, après la vaisselle et surtout beaucoup de placotage, nous allons nous coucher vers minuit trente avec en prime deux magnifiques piqûres d’araignées. Ca te fait deux belles bosses sur la jambe un peu plus haut que la cheville.

 

Samedi, le 28 janvier 2006 – Chaud, ensoleillé avec passages nuageux

 

Réveillée depuis 6h, je me lève à 7h. On fait nos valises, non sans oublier ma parfumeuse sur la table – celle qui a fait que je me suis fait fouiller à Dorval - Lise me la fait parvenir au bureau quelques jours après notre départ. On déjeune et on part vers 11h à Bayside pour rejoindre l’un des fils à Lise et sa copine. Je dois, à mon retour, lui faire parvenir un courriel car il me demande la signification de notre devise « Je me souviens ». Une recherche sur le site du gouvernement trouvera réponse.

Notre bateau nous attend tellement près du restaurant qu’on le voit tout le long de notre repas – on garde l’œil dessus. Après le repas, on vient nous reconduire et on se quitte en se promettant de revenir à Miami.

On embarque vers 14h30 sur le bateau. Aucune file d’attente, on a nos « Sea Pass » et c’est notre photo d’accueuil. On a un cocktail de prévu avec le groupe qui sera en formation à 18h mais nos valises ne sont pas arrivées. Une chance que j’avais mis ma robe dans mon « carry on », mais pas les bonnes mules. M’enfin. Comme je retourne à ma chambre un peu plus tard, vers 18h10, je vois nos valises à la porte, je les entre et je récupère les bonnes mules. Je retourne au cocktail et je suggère à tous de faire nos 6 heures de cours demain et avoir ainsi vendredi de libre. Tout le monde est d’accord. On quitte pour le souper. Après le repas, je vais me promener dans les magasins avec Lyse (une autre compagne de voyages, la mère de notre prof. que nous avions rencontrée l’an dernier) et elle trouve un genre de ruban à se mettre autour du coup avec un truc en plastique afin d’y mettre ma Sea Pass. Enfin, un problème de régler car l’an dernier je la perdais partout.  Mes piqûres d’araignées sont en pleine expansion !!!! Belles décorations sur une jambe.

 

Anecdote : Je dois avoir le pied marin car malgré le fait d’une mer houleuse, je n’ai pas mal au cœur.

 

Information : On se fait photographier par les 5-6 photographes officiels du bateau et on peut ou non acheter les photos qui sont exposées le lendemain au centre de photos.

 

Dimanche, le 29 janvier 2006 – Chaud, ensoleillé

 

Je me lève à 7h – on se fait bercer par une mer houleuse. Il y a cours ce matin et je me suis fait avertir d’arriver à l’heure car l’an dernier je n’arrivais jamais à l’heure – cours de marketing 101, j’ai déjà vu. Je vais déjeuner au saumon fumé et bagel. Quel luxe et surtout quel plaisir pour mes papilles gustatives. Je retourne à ma chambre où je trouve Nicole sur le balcon à fumer. On jase un peu et oups, je suis en retard.

Lors de la pause du cours, je tombe face à face avec le capitaine du navire. Il me souhaite la bienvenue à bord et je me rappelle à son bon souvenir (lire le récit de la croisière 2005).

Je retrouve Nicole et Lyse pour le dîner à la salle à manger. Je retourne au cours à 13h30 et je suis en retard… je me suis trompée de coursive. Après le cours, je dois aller me changer car ce soir, c’est le soir du capitaine, donc robe très habillée. Après le souper, on va au spectacle qui est vraiment super. Ce sont six frères qui chantent, dansent et imitent le bruit de plusieurs instruments de musique. Après, Nicole et moi allons prendre un verre au bar où il y a un type qui joue du piano et chante. Demain, c’est Labadee et la plage toute la journée.

 

Anecdote : L’an dernier j’avais mangé un super gâteau « Boston Cream Pie ». J’en ai rêvé pendant plusieurs semaines, tellement que Nicole m’a apporté jeudi une préparation pour faire un Boston Cream Pie. Malheureusement, ce midi nous avons mangé à la grande salle à dîner et c’était le jour du Boston Cream Pie à la salle à manger style cafétéria. Et oui, j’ai manqué le gâteau, mais j’ai toujours la préparation qui m’attend à Montréal à mon retour – que je ferai et qui n’a pas été réussi et bon comme celui du bateau.

 

Lundi, le 30 janvier 2006 – Chaud, ensoleillé

 

Aujourd’hui c’est Labadee – la plage privée à Haïti. Nicole et moi voulions ravoir la même table à la même place que l’an dernier. Je me lève à 6h45, je vais déjeuner et à 7h45 je suis à la porte au 1er étage (nous avons notre chambre au 9e) et j’attends la navette. Je serai la première à sortir de la navette et j’ai eu la même place que l’an dernier.  Quelle joie. On se paie un « Coco Loco » ou en français une tête folle, mais sans alcool. Faut quand pas exagérer, de l’alcool à 10h le matin….

Lyse arrive à 11h et Roxane et Pierre-Paul (un couple qui a fait la formation avec moi) arrive à 11h15. Je leur avais tellement vanté le buffet et surtout les côtes levées qu’à 12h30 nous sommes tous allés au buffet. Comme nous devions attendre en ligne, Nicole et Roxane sont allées garder une place et Lyse, PP et moi avons été faire la file. J’ai dit à Lyse et PP de faire des assiettes, i.e. une assiette de poulet, une de riz, une de maïs, etc. On remplissait deux assiettes et je partais en courant porter le tout à la table. J’ai fait 3 aller-retour et finalement nous avions une table remplie de victuailles – poulet, côtes levées, maïs en épi, riz, laitue, dessert, fruits. Quel festin !

Après, Lyse, Nicole et moi sommes allées au petit marché d’artisanat et j’en suis ressortie avec 13-14 petites peintures et un masque. Ce sera des cadeaux au retour. On reste sur la plage jusqu’à 15h30 après s’être baigné quelques fois. L’eau n’est pas très chaude. Après notre retour au bateau, Nicole et moi finissons la journée par un petit roupillon. On se couche une heure et …… eh oui, j’ai un coup de soleil sur chaque pied. Très joli avec une paire de sandales !!!!!! J’ai les pieds super enflés. On va souper et après au spectacle. Il est moins bon que la veille. On se couche vers 23h, sur une mer plus calme.

 

Mardi, le 31 janvier 2006 – Chaud, ensoleillé

 

Je me lève à 7h avec toute une paire de pieds, enflés et rouge sang. Ca fait mal, je crois que ce sont des brûlures au 2e degré. Mais bon, de peine et de misère j’enfile une paire de bas et des souliers et c’est la Jamaïque. Je n’ai pas le choix des bas et souliers car il faut quand protéger le tout. On déjeune dans la grande salle à dîner. Hier je suis allée déjeuner dans la salle du 11e (style cafétéria) et il n’y avait que de la truite fumée. Je prends mon saumon fumé avec mon bagel. Le café, cette année est très bon ; l’an dernier il était infect.

On prend un taxi, Nicole, Lyse et moi, et on va faire un petit tour de l’île. On va aux célèbres chutes – enfin on en voit qu’un petit bout où tout le monde tente de les remonter. Après on se rend à la rivière bleue. Superbe belle petite rivière. Il y avait 2 pêcheurs dont l’un grattait ses poissons. Je prends mon courage à deux mains et je vais toucher à un poisson mort. Pouah, c’est froid et visqueux.

On nous débarque au « Taj Mahal » où on y trouve café, café, café et une montre. On retourne au bateau vers 14h. On mange et après, un petit dodo réparateur. Je me lève vers 16h30 avec toute une paire de pieds…. On va souper dans une salle à dîner privée (où il y a un coût de 20$ par personne). Quel festin ! Encore des fruits de mer à profusion. Il paraît que le poisson rend les gens intelligents… Ouh là là ! Après nous allons voir le spectacle sur glace – et oui, il  y a une petite patinoire. Spectacle assez bien et après nous allons voir un autre spectacle « Love & Marriage » - style 3 couples sur la scène qui se font questionner sur leur vie – un peu rigolo. On va au buffet de minuit près des piscines. Très bien comme buffet. On mange 2 petites tranches de fromage et c’est dodo.

 

Information : La Jamaïque est le pays producteur du célèbre café « Blue Mountain ». J’en ai acheté un paquet. Dans l’un des magasins, on m’y a fait goûter mais avec du lait condensé. C’était bon.

 

Comme la Jamaïque est une ancienne colonie de l’Angleterre, beaucoup de gens de l’Inde (ancienne colonie de l’Angleterre) ont émigré là, ce qui fait qu’on trouve un centre d’achats « Taj Mahal », un peu incongru quand même. Mais on y voit presque juste des indiens.

 

Anecdote : Il y a tout un groupe d’allemands sur le bateau et j’ai appris, par la force des choses, que c’était des goinfres mal élevés qui tassaient les gens à coups de coude. Il y en a un qui, s’il m’avait poussé une troisième fois, aurait été faire un tour dans la piscine.

 

C’est ce soir le début de nos animaux en serviettes. Ce soir, c’est un chien et Sharmie notre femme de cabine lui a mis mon chapeau – style bob – et les verres fumées de Nicole et il nous attendait sur mon lit. Depuis le début du voyage que j’attendais la collection d’animaux. Je prends des photos de mon chien.

 

Mercredi, le 1er février 2006 – Chaud, ensoleillé

 

Lever à 7h45 avec de gros pieds rouges, mais aujourd’hui ce sera de la 60 avec mes « gougounes ». Un coup d’œil sur le balcon et c’est magnifique – il y a trois autres paquebots d’ancrés dans la mer. On dirait un stationnement pour paquebot, je prends des photos. Après le petit déjeuner plantureux au saumon fumé ce sont les îles Cayman. Je qualifierais Grand Cayman de Westmount des îles. Tout est BCBG.

Nous prenons une navette et avec une autre fille (venant de Winnipeg) nous décidons de sauter par-dessus bord directement sur le quai au lieu d’attendre en ligne pour sortir. Oups, on apprécie pas vraiment notre geste mais bof, c’était comique et plus rapide.

Après plusieurs boutiques, je finis par trouver l’aigue-marine que je cherchais depuis l’an dernier chez un bijoutier d’origine marseillaise. Il enlève l’aigue-marine d’une de ses bagues et il va la sertir sur la mienne. On en a pour une heure avant de récupérer la bague. On continue à se promener dans les boutiques. On retourne à la boutique et ma bague est magnifique. Au retour, on avise d’une autre boutique (Waterford) où nous achetons encore de petits souvenirs. Nous sommes de retour au bateau vers 14h, nous allons manger et après, l’éternelle petite sieste. Après un excellent souper, on retourne au bar prendre un dernier verre et la chambre vers 23h. Ce soir, nous avons droit à une raie sur le lit. Sharmie a mis deux chocolats pour les yeux.

 

Information : Dans la mer, il y a deux vieux bateaux en bois. Ils sont super jolis et surtout très typiques. Ils ont l’air de dater d’il y a 300 ans. Je prends de belles photos.

 

Anecdote : J’ai rencontré Luis à la salle à manger ce matin. C’est le type avec qui j’avais discuté l’an dernier sur le café et son goût infect. Il m’a dit que RCI avait changé les machines à café – il m’avait reconnu.

 

Jeudi, le 2 février 2006 – Chaud, ensoleillé

 

Lever à 8h et j’ai toujours les pieds enflés et rouges mais j’ai toujours de la 60 et mes gougounes. Pas l’idéal pour visiter et marcher mais avec l’enflure et le peu de lanières, ce sont celles qui sont le mieux. Encore une fois, le petit déjeuner dans la grande salle à dîner mais pas de saumon ce matin ; il faut quand même changer un peu et ce sera un toast avec céréales. Aujourd’hui, c’est Cozumel et dans la mer, il doit y avoir au moins six gros paquebots. Le quai de Cozumel a été totalement détruit par l'ouragan Wilma cet automne et ce sont des navettes qui font l’aller-retour.

Aujourd’hui, c’est magnifique, on marche beaucoup sur la grande rue qui longe la mer. J’imagine sans peine qu’un ouragan puisse détruire tout ce qu’il trouve sur son passage. On se fait dire par une commerçante qu’il y avait près de cinq pieds d’eau dans le magasin lors de l’ouragan. On se rend chez Diamonds International où je trouve un bracelet en or rose – le prix est bon (l’or a tellement augmenté que tout est hors de prix) et je l’achète. Je trouve un petit sac mignon en tissu orange qui me fait craquer. Nous sommes de retour, épuisées, au bateau à 14h. Toujours la même routine, manger, dodo et … petit changement drink avant le souper. Dans le bar au 14e, on se fait accoster par un couple d’américains dont le mari veut apprendre quelques formules de politesse en français. Ils travaillent tous les deux chez GM à Détroit. Je discute avec la femme qui travaille aux ressources humaines. Très intéressant et enrichissant. On comprend après pourquoi les autos coûtent si chers…. surtout lorsqu’on sait que le salaire horaire débute à 30$/36$ de l’heure et que tous les bénéfices (assurance-groupe, assurance-dentaire, etc.) sont absorbés par la compagnie. J’ai demandé un job de balayeur – pour 80 000$ par année – en US…

Après le souper, on va voir un autre spectacle qui est moyen et je retourne à la galerie des boutiques où je craque pour un bracelet rigide en or jaune. Le prix est plus que bon, on dirait que sur le bateau la hausse des prix de l’or n’est pas arrivée. Après c’est l’heure du bingo. On achète deux cartes et on a une chance de gagner une croisière. Bon on a rien gagné mais on s’est bien amusé durant une vingtaine de minutes. Lyse nous quitte et Nicole et moi allons s’asseoir dehors le long du bateau. Il fait chaud. Vers 23h30 on se rend sur le pont 4 voir le buffet gala de minuit. Quelle beauté, quelle originalité et surtout que d’abondance. Je prends plusieurs photos des différentes décorations qu’ils font avec des citrons qu’ils transforment en oiseau. Il y a des statues de glace et un magnifique Poséidon en chocolat. On mange quelques crevettes et asperges et à 1h, on se couche. Demain est notre dernière journée.

 

Ce soir, c’est le soir du singe. Ah ce qu’il est mignon. Fabriqué avec des serviettes, il est suspendu à un cintre. Je prends des photos de mon singe.

 

Information : Je me suis fait dire par la concierge de notre bateau que les compagnies de paquebots hésitaient à retourner à Cozumel mais que sans l’apport des touristes, la ville ne s’en remettrait jamais. Donc, même si certains bâtiments ne sont pas encore réparés, il y en a plein qui ont été rénovés et toutes les compagnies retournent à Cozumel.

 

Anecdote : Au petit déjeuner, j’ai revu Sebastian notre maître d’hôtel de l’an dernier. Je lui ai demandé des nouvelles de Julietto – notre serveur et il a été le chercher. Naturellement Julietto m’a reconnu et il semblait très content de savoir que Nicole et moi étions sur le bateau.

 

Vendredi, le 3 février 2006 – Chaud, ensoleillé avec passages nuageux

 

Ça paraît que nous approchons de la Floride, c’est plus nuageux et surtout très humide ; disons que mes cheveux frisent beaucoup. C’est une journée bateau aujourd’hui. Je vais déjeuner à la grande salle avec Lyse et après on repasse devant la bijouterie du bateau et…. bon, j’ai acheté une belle petite chaîne en or. En fait, je la fait mettre de côté et je reviens en courant à la chambre prendre ma carte de crédit, redescend et va payer.

On va dîner à une autre salle à manger au 13e au « Johnny Rocket ». C’est un resto intérieur/extérieur de facture « années 50 ». On mange à l’extérieur et je prends un hamburger « St-Louis » réduit en carbohydrates – pas de pain mais un hamburger dans une feuille de laitue Iceberg. C’est super bon. Les rondelles d’oignons sont délicieuses ainsi que les frites. On doit payer un « cover charge » mais comme nous avons un coupon, nous sommes exemptées.

Durant le lunch, Lyse n’arrête pas de se plaindre – trop chaud, trop froid, pas assez, trop, service lent, service rapide, trop de soleil, trop de vent, etc. A un moment donné, je lui ai dis d’arrêter de chialer. Elle n’a pas compris car elle a continué. Elle recommande des frites et comme elles n’arrivaient pas, elle se remet à chialer de plus belle. Je me lève, va voir la serveuse, la prend par le bras et lui dis « svp. apporter les frites sinon je la passe par-dessus bord ». La serveuse riait et me dit qu’elle attendait une nouvelle fournée. Je reviens à la table et le dit à Lyse qui réplique qu’elle a vu d’autres serveurs avec des frites. Finalement, notre serveuse arrive et dit qu’elles sont chaudes. Moi j’ai compris et je ne crois pas que Lyse ait compris et elle a trouvé la frite très très chaude. Pour bien faire, elle en a pris que 3-4. Tout ce chialage pour rien !!!! On devait faire le tour du 11e avec elle mais Nicole a eu la brillante idée de dire qu’elle était fatiguée. Ouf, on s’en tire à bon compte.

On fait une sieste bien méritée et après on se concentre sur nos valises. Il faut quand même que j’y mette quatre boîtes de cigares, deux boîtes qui contiennent une tortue en porcelaine et un poisson (qui contient une chandelle), six paires de chaussures et s’il reste de la place, le linge !!!! Pas léger, léger la valise. Et là je ne  parle pas de celle de Nicole qui semble peser une tonne.

Les deux valises mises à la porte de peine et de misère, nous allons Nicole et moi régler la facture des achats faits sur le bateau. C’est le même système que les clubs Med, on a une Sea Pass sur laquelle on met tous nos achats (sauf les bijoux que l’on peut payer directement avec notre carte de crédit). On doit attendre une vingtaine de minutes et une espèce de bonne femme (israélienne) passe devant nous lorsque c’est à notre tour. Je suis tellement estomaquée que je ne réussis même pas à lui dire de retourner en arrière. Sa compagne, avec qui nous avions parlé et qui était derrière nous, s’est retourné vers nous pour nous dire qu’il y avait eu une erreur dans leur compte et ainsi justifiait l’entourloupette.

On va souper, notre dernier souper déjà et on va voir le dernier spectacle. On dit au revoir à Lyse et Nicole et moi allons prendre notre dernier verre au piano bar. On se couche vers 23h et je regarde toujours ces pieds rouges et enflés qui semblent appartenir à une autre personne.

 

Ce soir, j’ai droit à deux animaux en serviettes soient un cygne et un lapin; mais rien ne peut battre mon singe qui est là à se balancer sur le cintre.

 

Anecdote : J’ai beaucoup hésité à écrire cette anecdote car comme a dit notre réceptionniste, de façon sarcastique, en parlant de moi « un si brillant cerveau » … et où tout le monde riait à chaudes larmes…. alors, voici l’histoire. Je me lève vendredi matin et décide de regarder combien de photos j’ai prises durant le voyage. Je m’aperçois que l’indicateur est resté à « 1 ». Je ne comprends pas car j’ai même mis de nouvelles batteries sur l’une des îles. Je regarde sur le côté voir ce qui se passe avec la pellicule…. que je n’ai pas. Et oui, l’appareil est vide !!!! Habituellement, lorsque je finis un film, je le remplace tout de suite ; or, j’ai oublié de le faire la dernière fois. Je crois que je vais m’acheter un appareil numérique – au moins je n’aurai plus l’air de  …. vous savez de quoi. Julie, ma collègue de bureau, m’a offert ses photos de l’an dernier – car elle a fait la même croisière … Non mais….

 

Information : Un livret de coupons chaque nous a été donné au début de la croisière car nous sommes à en faire une 2e. Il y a des coupons 2 pour 1 pour les drinks et autres babioles. Nous avons été aussi invités pour un cocktail de bienvenue le lundi soir, mais nous avons oublié.

 

 

Samedi, le 4 février 2006 – Chaud, humide et nuageux

 

Le téléphone sonne à 6h45. Je me réveille en sursaut croyant que c’est l’appel pour notre réveil. On veut savoir où mettre une charge d’environ 50$. Je m’habille à toute vitesse et descend au 5e. Finalement, c’est le coût du bingo et des derniers drinks et je leur indique où mettre les charges et je retourne à la chambre. Je fais plusieurs aller-retour car j’ai oublié d’apporter le sondage sur notre satisfaction. Je vais également me chercher une pomme à la cafétéria du 11e. Je prends pour résolution, tout comme l’an dernier, d’essayer de marcher le plus possible et d’éviter les ascenseurs.

Finalement, je quitte la chambre avec nos bagages à main pour aller rejoindre Lyse à la salle à dîner. Elle m’attendait de pied ferme, toute énervée parce que je suis arrivée une minute en retard. Je lui ai fait remarqué assez sèchement que les ascenseurs étaient pleins et que j’avais dû en laisser passer plusieurs et que je ne pouvais pas descendre à pied avec deux carry-on. C’est mon dernier petit déjeuner au saumon fumé et j’en profite. Comme il n’y a pas de jus d’orange, Lyse chiale un peu mais prend un jus de canneberge. On se quitte et on se dirige vers le quai de débarquement.

On rencontre Roxane et PP tout près de l’un des bars et j’y laisse Nicole ; moi je prends une place dans la file qui doit bien faire un quart de kilomètre. J’en ai facilement pour trente minutes d’attente mais tout le monde est sympa autour.

Finalement on descend sur terre, on passe les douanes sans problème et Nicole avise d’un porteur pour nos deux grosses valises. On se dirige vers le comptoir d’American Airlines pour y laisser nos valises. Et bien non, si notre vol est avant 14h – no way, on garde nos valises. On retourne sur nos pas avec notre porteur qui nous laisse à l’autobus qui nous amène à l’aéroport. Naturellement, pour ceux qui me connaissent bien, je dois quitter Nicole et l’autobus en catastrophe à notre arrivée à l’aéroport car je dois trouver…. une toilette. Après une course effrénée dans l’aéroport je trouve les toilettes. Je retourne en courant où j’ai laissé Nicole pour me faire dire que nous étions côté domestique et que nous devons trimbaler les valises côté international qui est à plus d’un kilomètre de là – en repassant devant les toilettes – comme quoi tous les chemins mènent aux toilettes !!!! Il fait chaud et super humide. Je suis déjà en nage et je n’ai que couru jusqu’aux toilettes….

Nous voici parties, Nicole avec le carry on et moi traînant les deux valises. Je suis couverte de sueur. Finalement, je vais proche des chariots. Cela coûte 3$US mais on peut y insérer une carte de crédit. Un peu moins dur pour les bras mais que c’est difficile de grimper la valise de Nicole dessus. Un vrai tour de force.

On arrive au comptoir et j’ai 5 livres de trop. Le type m’offre d’enlever quelques effets de la valise, mais je ne peux pas transporter 4 boîtes de cigares sous le bras, c’est trop gros. Bon, je paie l’excédent, soit 25$ US pour 5 livres de trop – le poids limite est de 50 livres. Arrive la valise de Nicole, je dois la débarquer du chariot. Elle pèse 67 livres – je comprends pourquoi je peine tant à la soulever. Et pour bien faire, je dois la rembarquer sur le chariot car on ne laisse pas les valises au comptoir, mais un peu plus loin…. Tout pour améliorer les biceps. En fait, je transporte mon poids en valise.

On se rend à la porte d’embarquement où Roxane et PP nous rejoignent. Leur avion quitte vers 20h mais ils vont tenter d’embarquer sur notre vol. Quelques minutes plus tard, on nous appelle Nicole et moi. Le cœur me saute dans la gorge, je croise les doigts car je ne veux pas de problème avec les valises. J’arrive au comptoir, on nous a surclassé Nicole et moi. WOW. Roxane et PP vont pouvoir embarquer sur le même vol car il y a 8 personnes qui ont été surclassées pour laisser de la place aux autres.

Le vol est retardé car un agent de bord doit être remplacé. Il pleut des cordes également. On finit par embarquer. Que de place pour nos jambes, mais pour ce qui est du lunch, comme ils en avaient pas assez commandé (pas prévu le surclassement) on a le lunch de l’économique mais gratuit. Une chance que c’était gratuit car rien n’avait de goût et c’était vraiment pas très bon ; mais on payait pas, donc. On a aussi les écouteurs gratuits – ils sont 5$ US dans l’économique. Le film est bien – c’est celui qui relate la vie de Johnny Cash – enfin pour ceux qui aime le country.

L’envolée a été assez mouvementée. On a quitté avec une heure de retard, on s’est fait vraiment brassé, tellement que nous avons été obligés de garder nos ceintures attachées durant la majorité du voyage. Comme d’habitude, je suis allée aux toilettes avant l’atterrissage mais … j’ai dû courir dans l’aéroport pour en trouver de nouvelles ; trop de café et d’eau.

On passe aux douanes, me fait poser les questions habituelles et on va récupérer les valises. Habituellement, mon récit se termine ici, mais à la dernière sortie, aux dernières douanes, on me prie gentiment d’aller sur le côté. Je vais être fouillée. Ah non, pour la première fois de ma vie je vais être fouillée. J’ai tous les cigares (100) et j’en ai déclaré que 50, Nicole a déclaré les 50 autres. J’ai toutes mes factures. J’ai les 5 boîtes d’Advil, rhume et sinus pour Julie. Mon cœur s’emballe, mon cerveau roule à pleine vitesse. Je me meurs d’angoisse. Finalement, la dame ne fouille que le carry on. Ouf, sauvée ! Je respire. Je reprends mon chariot et je me retiens de ne pas courir à pleines jambes vers la sortie. Là mon récit est terminé, je suis de retour dans la froidure et la neige.

 

Information : Les employés de la salle à manger et de la personne qui fait notre chambre sont payés 50$ par mois, non je ne me suis pas trompée, j’ai demandé à notre serveuse Carla et à notre femme de chambre Sharmie et les deux m’ont dit qu’elles avaient 50$ de salaire par mois et qu’elles vivaient sur les pourboires donnés par les passagers. On nous indique dans différents communiqués les montants à laisser et on peut même les charger sur notre Sea Pass. Il semble qu’il y en a qui quitte sans rien laisser. On s’en est aperçu le dernier soir à la salle à dîner où une table est restée vide – on doit apporter notre enveloppe lors du dernier repas. Les gens sont vraiment dégueus parfois. Nicole et moi avons laissé nos coupons pourboires plus un petit extra pour Carla notre serveuse et Sharmie notre femme de chambre. Elles le méritaient bien.

 

Anecdote : Un twit, un con, un abruti, un jeune bébé gâté pourri à l’os est à engueuler les gens au comptoir de service du bateau lorsque je me présente à 6h55. Il a laissé son passeport et son billet d’avion dans sa valise qu’il a mis à la porte de sa cabine vendredi soir. Il gueule comme un putois qu’on égorge. Pourtant, partout il est dit aux micros durant les spectacles, écrit sur les brochures que nous recevons tous les jours sur nos lits qu’il faut garder avec nous nos papiers et ne pas les mettre dans nos valises que nous mettons à la porte la veille de notre départ. C’est comme logique quoi ! On ne met pas ses billets d’avion dans les valises qui partent dans la soute à bagages et que l’on peut récupérer qu’à la sortie du bateau – on doit présenter nos passeports à la sortie du bateau avant de prendre nos bagages. La jeune fille qui s’occupe de lui demande s’il y a des gens sur le bateau qui auraient des documents prouvant qu’il est bien Monsieur X. Il rétorque que ses parents ont son certificat de naissance mais il ne sait pas où ils sont présentement. La jeune fille vérifie son ordinateur et lui dit qu’ils ne sont pas encore débarqués. Elle lui demande à quelle chambre ils sont, et ce con lui dit qu’il ne sait pas à quelle chambre sont ses parents. Finalement il lui demande ce qui va se passer et tout gentiment la jeune fille lui dit qu’il va être le dernier à sortir du bateau, dûment escorté jusqu’à sa valise, qu’il va devoir sortir et produire son passeport et qu’il va être escorté à la douane. Et là, cet abruti (environ 17-18 ans), continuant d’hurler, dit qu’il va rater son avion. J’ai vraiment rasé de me tourner vers lui et lui dire « Na, na, na, na, na ». La personne qui me servait au comptoir, lorsque le jeune a quitté fou furieux, a dit tout bas « What a morning ». Il semblerait que ce n’était pas le premier ce matin-là et naturellement les gens sont furieux après les gens qui sont au comptoir de courtoisie au lieu d’être furieux après eux. J’espère que cela lui aura servi de leçon à ce jeune blanc bec.

 

Voilà pour mon voyage – mes pieds ont désenflés près de quinze jours après mon coup de soleil et j’ai bien fait rire de moi pour l’appareil photo – j’ai retrouvé mon nouveau film dans le réfrigérateur à mon retour.

 

 

Croisière - 2005

Note aux lecteurs: J'ai deux amies qui se prénomment Nicole; or, Nicole qui a fait le voyage avec moi en Provence n'est pas la même Nicole qui fait les croisières avec moi.

 

Lundi, le 25 avril 2005

 

Une semaine avant le départ. Julie, ma collègue de travail, avait demandé une carte de crédit à mon nom. Ainsi, je pourrai mettre les dépenses du bateau directement sur la carte du bureau. On la reçoit… à  son nom !!!  On demande qu’une nouvelle carte soit émise à mon nom en urgence. Elle devra aller la chercher mercredi directement à une succursale bancaire.

 

Mercredi, le 27 avril 2005

 

Julie est allée chercher la carte. Voilà une chose de faite. Ce soir, j’arrête à l’épicerie – je viens pour payer avec ma carte de crédit personnelle…. Elle est bloquée. Dès que j’arrive à la maison, je téléphone au centre de service Visa. On a cloné ma carte et on a même réussi à acheter pour au-delà de 2 400$. Je leur demande de me faire parvenir une carte d’urgence au bureau avant vendredi 16h…

 

Jeudi, le 28 avril 2005

 

Je demande à Julie de vérifier si je n’ai pas besoin d’activer ma carte Visa du bureau. Par acquis de conscience, elle vérifie. Ouf, il fallait l’activer mais Visa avait oublié de mettre un collant pour nous en aviser.

 

Vendredi, le 29 avril 2005

 

Enfin, je reçois ma carte de crédit personnelle. Je l’active. Je suis enfin prête pour le départ. Ma valise est faite depuis une semaine… il ne me reste plus qu’à mettre quelques pantalons et une robe. Nicole, ma compagne de voyage, arrive de Joliette avec son frère en début de soirée. A 20h30 précises, je suis sur Internet pour nous enregistrer d’avance. Et oui, maintenant on peut s’enregistrer 12 heures à l’avance sur Air Canada. Tout est fait plus ou moins bien car je ne peux pas vraiment choisir nos bancs. Bof, on verra à l’aéroport. On se couche vers 22h30. Le lever devra se faire à 5h demain matin.

 

Samedi, le 30 avril 2005 (Miami, US)

 

Le cadran sonne à 5h tel que prévu. On se lève, se brosse les dents et le taxi arrive 15 minutes à l’avance. Pas de problème, nous sommes prêtes. Je déteste toujours autant Dorval, c’est toujours aussi merdique (excusez le mot…). Arrive vis-à-vis d’Air Canada départ, on se met dans la rangée enregistrement rapide des bagages, poireaute 10 minutes, pour arriver vis-à-vis de la madame qui nous dit qu’on est pas au bon comptoir. Il faut aller à l’autre bout de l’aéroport. Il devait y avoir une dizaine de commis Air Canada sur le plancher et pas un n’est foutu de regarder nos papiers lorsque nous sommes dans la ligne d’attente. J’haïs Dorval. Va à l’autre bout de l’aéroport avec nos valises. Et on se repaye une attente de 30 minutes. Par contre, je ne suis pas trop « nounoune » et j’avise d’une commis et lui demande les papiers de douane. Parce que là, ils sont plantés et ils regardent le mur ! Enfin, on passe du côté Etats-Unis, toujours avec nos valises parce qu’ils n’ont pas de tablier roulant pour mettre nos valises. Vous aies-je mentionné que j’haïs Dorval ? Finalement, on arrive où on doit se débarrasser de sa valise et où un « concombre » nous dit dans la langue de Shakespeare : Put the wheels upside up. Comme si j’avais compris, j’ai eu le droit à de gros yeux pour la première valise car naturellement j’ai emmêlé les pinceaux et mis les roulettes dans le mauvais sens. Mais pour la valise à Nicole, là j’ai fait ça comme une grande.

On arrive aux douanes et je demande au douanier américain ce qu’il veut. Très sérieusement, il me dit « 50$ would be ok ». Je lui jette un coup d’œil et je pars à rire. Il faisait une blague et à 6h45, après m’être battue avec deux valises, ce fut fort agréable de rire un peu. On traverse le détecteur de métal que je fais sonner allègrement. Je dois étendre mes bras et on me passe un détecteur de métal portatif – comme à la TiVi.

Je vais m’acheter une revue et on s’achète de quoi petit-déjeuner. Il n’y a rien ou presque rien du côté embarquement à Dorval. Je croyais pouvoir aller manger au resto mais on a dû passer les douanes dès notre arrivée – on aurait dû attendre et être en ligne durant des heures et aller manger avec nos valises, car les restos sont avant le passage du côté américain. Ce qui fait que nous nous sommes contentées d’un croissant et muffin bien ordinaires, assises sur les bancs à côté de la porte d’embarquement.

L’avion arrive un peu en retard, on a des places de choix ! Le dernier banc en arrière. Un peu plus, on se ramassait dans les toilettes. Bof, on va arriver en même temps que les autres. A l’arrivée, un préposé nous attend et on se dirige avec nos valises vers le point de ralliement. On embarque dans une navette et nous voici rendues au port. Oh là là ! C’est pas un bateau à rames, ça madame. C’est tout un bateau. Imaginez-vous devant un édifice de 14 étages – c’est pas petit. Là, l’attente pour monter à bord est beaucoup plus longue, mais il y a de l’eau fraîche et des biscuits qui nous attendent. Le croissant de 6h30 est digéré depuis longtemps et sur le vol il n’y avait que des trucs assez ordinaires (chips, biscuits à morceaux de chocolat et autres à coût modique). On nous donne une carte « Sea Pass » qui nous permet de tout faire, ouvrir notre porte, sortir et rentrer sur le bateau, mettre nos dépenses personnelles sur notre compte. Finalement, on monte à bord. Wow ! Il y a un photographe qui prend notre photo. Le truc, c’est que tu peux acheter ou non les photos, c’est à notre choix, mais au moins tu prends plein de photos et comme je suis super photogénique (toujours les yeux fermés), je peux me permettre de laisser les photos sur le présentoir.

On va à notre chambre. Elle est minuscule avec un petit balcon. C’est tout en long mais que de rangement. Le contenu de nos valises est entré sans problème. Nous avons un coffre-fort pour y mettre nos futurs achats !!!! Nos valises vont arriver plus tard. On va donc manger. Quelle abondance de nourriture. De la cochonnerie pour les américains (frites, hot-dogs, hamburgers, pizza) et de bonnes choses pour les autres. Et pour dessert, des cornets de crème glacée molle (j’apprendrai 2 jours plus tard que je me gave dans le yogourt glacé et pour ceux et celles qui me connaissent, je ne suis pas « yogourt freak »). Finalement, ma valise arrive à ma chambre, il est temps car je crève de chaleur. La valise de Nicole arrivera un peu plus tard. Je pars explorer un peu le bateau pendant que Nicole se repose. Naturellement, je me perds dans les coursives du 8e pour ma chambre. Ca commence !!!

On est invité à un cocktail pour rencontrer mon groupe. Oui, cette croisière, pour être déductible d’impôts, doit contenir une formation. Six heures étalées sur trois jours, c’est quand même pas énorme.

Mais avant le cocktail, on monte sur le pont supérieur et on se paye un drink. On veut voir le bateau larguer les amarres. Vers 17h30, on quitte le pont pour se rendre au cocktail. C’est seulement cinq minutes plus tard que le bateau part. On rencontre le groupe. Ce sont des gens de Québec pour la majorité et qui semble tous très sympathiques. On se dirige vers la salle à dîner… sur trois étages ! Tous les travailleurs sur le bateau sont et resteront d’une gentillesse à notre égard, c’est vraiment merveilleux.

Lors du souper, on prend la décision d’aller magasiner les bijoux (but ultime de la croisière) avec Nicole, Lise (la mère de l’organisatrice de la croisière) et René un participant.

Après le souper, on se dirige vers la salle de spectacles où, il semble y avoir eu un bon spectacle et où, comme à l’habitude, j’en ai dormi les trois quarts. On retourne à la chambre et sur notre balcon. Il fait quand même chaud et surtout humide (je supporte mal l’humidité). Au loin, il y a un bateau qui vogue à l’inverse de nous – évidemment on ne voit que quelques lumières au milieu d’un noir d’encre. On se couche à 22h.

 

Anecdote : C’est le premier jour du voyage et je commence déjà à chercher partout où je mets ma Sea Pass. Je sens que le voyage va être long….

 

Observation : On peut acheter un « Wine and Dine » qui consiste à acheter une ou plusieurs bouteilles de vin pour les soupers. Si on a pas fini notre bouteille, ils remettent le bouchon et hop, bon pour le lendemain. Je choisis une bouteille de Shiraz. Mes papilles gustatives en sont restées bouchée bée ! Quel vin ! Et j’en aurai pour 4 jours. De plus, on peut commander autant d’entrées, de plats principaux et de desserts que l’on veut. Donc, pour quelqu’un qui a un appétit d’ogre, on peut commander deux entrées, un plat principal et deux desserts – ou même deux fois la même entrée.

 

Dimanche, le 1er mai 2005 (Nassau, Bahamas)

 

Je me réveille à 5h15. Pas de problème, je saute dans mes vêtements et je vais faire le tour du pont à plusieurs reprises, à l’envers du sens indiqué par les flèches par terre !!!  C’est vraiment merveilleux l’arrivée à Nassau. Les maisons, commerces et hôtels sont tous de couleurs vives (jaune, bleu, vert, rose). A 6h, le resto ouvre ses portes. Je vais chercher mon premier petit-déjeuner, croissants et café et je retourne à la chambre ; Nicole est levée et prête. On va au resto où Lise nous attend. Je prends un deuxième déjeuner ; des fruits, œufs, bacon. Il faut que je prenne des forces, je pars magasiner. Lise nous apprend qu’il nous faut une carte avec photo dessus. Ni l’une ni l’autre ne n’avons. Je mange à toute vitesse et je vais au comptoir de service au 5e pour aller leur demander une photocopie de notre passeport. Je reviens et je prends mon 3e déjeuner, des céréales. Il est temps de quitter. Je pars à la recherche de René qui doit venir avec nous. Après 20 minutes de recherche, on quitte le bateau. Encore le photographe – clic clic - et on prend un taxi pour se rendre à l’hôtel Atlantis, réputé dans le monde entier.

Quel hôtel ! La démesure en tout. C’est immense. Il y a un aquarium intérieur à vous couper le souffle. Il y a des requins, des poissons de toutes les sortes et trois raies. Deux beiges et une immense noire. Quelle bonheur de les voir nager avec autant de grâce. On passe un bon trente minutes à voir évoluer tout ce monde aquatique. Nous ne quittons pas sans avoir fait presque toutes les boutiques et l’achat de petits souvenirs de notre passage. Nassau est une ville riche et plus particulièrement Paradise Island, les prix en sont le reflet.

On reprend un taxi, direction le port et surtout magasins « Duty Free ». Lise a vraiment le don pour négocier les choses. Je me suis achetée une bague avec un saphir pour 390$ mais qui était 515$ au début. On fait d’autres magasins pour autres petits trucs et on doit retourner au bateau car il quitte à 13h.

Rendues au bateau, on se ramasse au resto. Oui, ça creuse le magasinage… et ce n’est pas parce que l’on prend 3 petits-déjeuners que ça comble notre estomac. Mais je mange de la salade et mon cornet de crème glacée – oups Nicole m’avise que c’est du yogourt glacé. Bof, comme c’est un vanille/chocolat, je ne goûte pas trop le yogourt. Lise rencontre René qui lui dit qu’il est parti le matin avec d’autres personnes du groupe. Le con, en plus il était venu à la table du petit-déjeuner deux fois pour nous aviser de ne pas partir sans lui. Puis-je vous dire qu’après çà, on était plus trop copain-copain avec !

Nous sommes montées à la chambre, j’ai pris mes trucs de cours et j’ai assisté à mes 2 premières heures de cours. Pas trop compliqué comme cours, marketing 001 (même pas 101). Plus base que çà, c’est impossible. Le cours fini à 16h. Je vais me promener dans la « Promenade » - endroit de perdition – plein de boutiques. Je reviens avec un cordon pour tenir mes verres fumés. Ce soir c’est le premier des deux soirées habillées. Ce sera robe longue. Encore une fois, la photo à l’entrée du resto. Après un bon souper, c’est le dodo à 22h30. On est très raisonnable. A l’arrivée à notre chambre, on a un magnifique cygne fait avec des serviettes. C’est notre « stateroom attendant » Edward qui nous fait ces animaux.

 

Anecdote : J’ai cherché un nombre de fois incalculable ma Sea Pass. Elle se faufile sous des papiers qui atterrissent sur le bureau. La bouffe est sublime mais le café est imbuvable.

 

Observation : A chaque soir, à notre retour de souper, nous avons notre lit défait, oui, oui, avec un petit chocolat à la menthe sur notre oreiller. En plus, nous avons notre « Sea Compass » qui est le dépliant de la journée qui vient avec les trucs à faire sur le bateau et les magasins à visiter en ville. De plus, Royal Caribbean garantit les bijoux et montres pendant 30 jours si nous les avons achetés dans l’un des magasins qu’ils cautionnent.

 

Lundi, 2 mai 2005 (en mer)

 

Nicole pensant que je suis réveillée me réveille à 4h30 pour me demander l’heure. Finalement, je me rendors et me lève à 7h. J’ai un cours à 9h, donc je cours déjeuner. Arrive au cours… il est commencé. On me dit que le groupe avait décidé de débuter à 8h45. Bof, pour ce qui est de ce qu’on apprend… quelques minutes de plus ou de moins, ce n’est pas trop énervant. La mer est assez houleuse, ça brasse, un petit peu sur les côtés, un petit peu par en avant et par en arrière. Parfois, on dirait que le bateau danse la cha-cha. Je retourne à la chambre après le cours et on rejoint Lise au resto pour midi. L’un des desserts est un Boston Cream Pie. J’en salive encore… Lise et moi on se rend à la Promenade acheter de la bonine (communément appelé par moi de la bonemine). C’est supposé d’arrêter le tangage ! Je n’ai pas le pied aussi marin que je le croyais. On va également chercher des billets pour le spectacle de patinage sur glace du mercredi. Et oui, il y a même un aréna pour patiner sur la glace sur ce bateau. On revient à la cabine, on s’installe un peu sur le balcon et après, tout le monde fait sa sieste.

On se prépare pour le souper. Ce soir, ce sera de l’agneau. Tous les serveurs, en milieu de repas, se rendent au centre de la salle à manger (sur les trois étages) et vont nous chanter la macarena avec gestes à l’appui. Après le souper, nous allons au spectacle et c’est déjà le temps de se coucher, encore une fois épuisée.

 

Observation : Toutes les photos qui sont prises par les professionnels du bateau sont exposées et c’est à nous de décider si on veut les acheter ou non. La photo d’hier soir, soirée robe longue, est super et je la prends.

 

Mardi, 3 mai 2005 (Charlotte Amalie, St-Thomas)

 

Encore une fois je me réveille très tôt. Je vais voir notre arrivée sur le pont ; c’est très beau car il y a beaucoup de petites collines à St-Thomas. Je suis raisonnable ce matin, je ne prends que deux petits déjeuners. Un premier, seule à 6h du matin et un deuxième à 7h10 avec Nicole et Lise. J’ai une discussion avec le chef des serveurs sur le café. C’est un colombien et je finis par lui faire dire qu’effectivement le café est infect. On part au centre-ville en taxi. Pas cher, pas cher, chacune 3$. Après plusieurs arrêts dans différentes boutiques, Nicole se trouve une magnifique bague (saphir rose et diamants) réversible – un côté c’est le saphir rose avec quelques petits diamants autour et l’autre bord ce sont que des diamants. Je me trouve un bracelet en or et une belle petite chaîne pour maman. Un peu plus loin, dans une autre boutique, je trouve une montre – très ordinaire, rien de très coûteux. On revient au bateau pour le lunch avec des chemins de table et autres babioles en dentelle. Vers 13h30, Nicole et moi on prend un autre taxi et l’on se rend sur une plage l’autre côté de la capitale. La route est magnifique, on surplombe la capitale d’un côté – avec ses bateaux qui mouillent dans le bord et de l’autre, une baie et sa plage. C’est une petite plage où l’on loue chacune une chaise longue. L’eau de la mer est super chaude – elle doit avoisiner les 95oC. Le paradis sur terre, quoi. On retourne trop tôt à mon goût au bateau. On est pris dans un embouteillage mais on arrive à temps sur le bateau. On va prendre un verre au bar du 14e avant notre souper. Qu’est-ce qu’on peut demander de mieux ! On fait une blague à notre serveur (qui est toujours le même à tous les soirs). On quitte après le souper et on attend, toute la gang, que les portes se réouvrent pour le 2e service. Oh que c’était drôle de voir la figure des serveurs… Ca riait mi-figue, mi-raisin. Finalement, on se ramasse Lise et moi sur la Promenade et je trouve quelques babioles à acheter comme cadeau. Le grand air fait effet et c’est encore crevée que je me couche à 23h. La mer a été calme toute la journée.

 

Anecdote : Le hic de ne pas avoir le pied marin, c’est qu’en plus de sentir le tangage et le roulis sur le bateau, on a la même sensation sur la terre ferme. Je m’accroche aux comptoirs un peu partout car j’ai cette sensation que le sol s’ouvre sous mes pieds et qu’il y a en permanence un mini tremblement de terre.

 

Observation : Comme St-Thomas se trouve dans les Iles Vierges américaines, nous devons aller dans la salle à manger récupérer nos passeports et après, nous présenter aux gens de la douane américaine qui sont venus sur le bateau. Donc, deux lignes d’attente. C’est le seul temps, avec la première journée pour l’embarquement où nous avons dû attendre une heure.

 

Mercredi, 4 mai 2005 (San Juan, Porto Rico)

 

L’arrivée à San Juan est moins pittoresque – c’est vraiment un port avec toutes les installations qui s’imposent. On part Nicole et moi faire un peu de magasinage de souvenirs. Il ne fait pas froid… c’est chaud et humide. On s’achète chacune des sandales et on se ramasse dans un magasin où l’on trouve encore plein de petits souvenirs-cadeaux à rapporter. Nous revenons au bateau complètement crevées et mortes. Je vais luncher et après c’est la sieste de 13h15 à 15h40. Au lever, je me prépare un peu, car ce soir c’est le deuxième souper « habillé ». Par contre, c’est aussi le spectacle sur glace avant. On se rencontre Lise et moi à la porte et je me commande un cosmo… La vrai vie de pacha quoi. A la fin du spectacle, c’est go, go, go car il faut aller mettre la robe cocktail. Il y a un photographe à l’entrée de la salle à manger. Et hop, la photo est prise. Espérons que je souris et que j’ai les yeux ouverts… Une partie du groupe décide d’aller manger à une autre salle à manger. On reste quelques-uns à la table. Notre serveur, à la fin de repas, m’offre de la moutarde sur mon … gâteau. Je lui dis non merci, il insiste, je dis non et prend mon assiette et la tasse et soudainement, j’ai un fil en tissu de moutarde sur ma robe. On rigole bien. On décide, après le souper, d’aller rejoindre l’autre partie du groupe dans l’autre salle à manger. On rencontre le capitaine et je prends 2 photos avec (naturellement j’ai les yeux fermés sur les 2 !!!). On arrive et je raconte la blague avec la moutarde et me glorifie de ma photo avec le vrai capitaine. Tout le monde s’esclaffe et me dit qu’eux, ils ont le vrai capitaine dans le resto. Je me retourne et effectivement le capitaine est là. Je suis passablement surprise et je lui lance « Oh my god, you followed me ». Et lui me rétorque « no, no, it’s you who followed me, I was here before you ». On rit bien – sauf la femme du capitaine qui me regardait d’un regard noir selon mes compagnons. Après, nous allons marcher sur la Promenade. En arrivant dans la chambre, on a un éléphant (fait à l’aide de serviettes) qui attend sur le lit de Nicole. La mer est agitée ce soir.

 

Observation : On a sur notre lit un document qui nous demande de quelle manière on veut donner nos pourboires aux : personnel de chambre, serveur attitré, son aide et le sommelier. On peut demander à ce que le tout soit chargé à notre chambre et le lendemain on doit avoir des coupons et des enveloppes. Naturellement, le système permet d’en donner plus.

 

Anecdote : Lorsqu’on quitte le bateau, on doit passer notre carte « Sea Pass » dans un bidule qui doit certainement indiquer à l’ordin. de bord qui a quitté le bateau. Naturellement, une carte par jour est « bouffée » par la machine et devinez sur qui cela a tombé…. Et oui, sur moi.

 

Jeudi, 5 mai 2005 (Labadee, Haïti)

 

Après une mauvaise nuit passée un peu aux toilettes (oui, j’ai pris mon Immodium le matin) je me suis levée tôt afin de déjeuner avant de prendre la première navette. Labadee est une plage privée sur l’île d’Haïti. Il n’y a pas de quai, nous devons donc prendre un petit bateau qui contient environ une centaine de personnes assises pour se rendre à la plage. On voulait être les premières Nicole et moi afin de bénéficier d’un palmier – en fait, nous sommes très chanceuses car nous avons un genre de parasol fait de feuilles de palmier avec une table qui fait le tour du tronc pour déposer nos trucs. A 8h30, nous sommes sur la plage, moi avec mon écran solaire total de 60 (oui, de la 60). Malgré tout, j’ai le droit à un coup de soleil par morceaux. J’ai oublié, en mettant l’écran solaire, un petit coin sur le côté d’un pied et près des bretelles de mon maillot. C’est un peu douloureux.

A notre arrivée, on prend une chaise de plage gratuite (pourboire non inclus) et on s’étend à l’ombre. Nous sommes directement en face de l’endroit où mouille le bateau, c’est vraiment une belle vue. Je vais tester la température de l’eau – un peu plus froide qu’à St-Thomas. De petite nature, je me dis que j’y retournerai en après-midi. Et ce fut l’une de mes dernières pensées car j’ai dormi jusqu’à 11h45. Au réveil, il faut remplir cet estomac. Je pars à la recherche du BBQ. Je regrette encore de ne pas m’être resservie. La côte levée était tout simplement délicieuse. Après un petit repas, je vais chercher Nicole pour aller faire notre sport favori, le magasinage. Et oui, il y a plein d’artisanat sur la plage et pourquoi s’en priver ? Je retourne me baigner et j’en ai marre de la chaleur. Vivement l’air climatisé du bateau. Je laisse Nicole sur la plage et je retourne au bateau. Après une douche, je vais au resto prendre une petite salade et je vais prendre une marche dans le bateau au frais.

Après un apéro, nous allons souper Nicole et moi. C’est vraiment orgiatique ! Des queues de homard et on peut en prendre à volonté ; après 3 queues de homard et 4-5 grosses crevettes, je déclare forfait et je suis prête pour le dessert. Après le souper, c’est le spectacle. Là c’était plate, ennuyant, endormant, vraiment horrible. Pour ceux qui ont plus d’énergie, il y a le buffet de minuit. Nicole et moi on va se coucher. Notre estomac est plein et après une journée à la plage… On a un magnifique singe fait de serviettes qui nous attend dans la chambre.

 

Observation : Tout est réglé comme à l’armée sur un paquebot. On a sur notre lit quatre enveloppes afin d’y mettre nos coupons de pourboires. On a également nos étiquettes afin de les apposer sur nos valises selon l’heure de nos vols. Et oui, on ne fait pas débarquer 3000 personnes en même temps….

 

Vendredi, 6 mai 2005 (En mer)

 

Encore des cours. Il ne me reste que 2 heures de formation. Malgré le fait que je sais que le cours débute à 8h45, je me débrouille pour arriver dix minutes plus tard… On décide de prendre notre dernier lunch tous ensemble à midi. En retournant à la chambre, j’avise du comptoir pour les étiquettes – celles qui sont apposées sur nos valises. Je m’aperçois que nous n’avons pas les étiquettes nous permettant de quitter les premiers. Qu’à cela ne tienne, je vais chercher les nôtres et je les échange pour les « plus tôt ». Voilà c’est fait, on devrait quitter le bateau pour 8h. Toute la gang est à la grande salle à dîner pour le lunch. Il y a un bar à pâtes. On nous fait une sauce à notre goût avec les ingrédients que l’on veut. Je me fais faire un spaghetti aux fruits de mer et sauce blanche. Quel délice !

Après le lunch, c’est la préparation de la valise car c’est notre dernière journée. Un petit dodo et après on doit se préparer pour le souper. Avant d’aller à l’autre salle à dîner, on va porter nos pourboires à Julietto (oui plus souvent qu’autrement je l’appelle Roméo) notre serveur à la grande salle à dîner ainsi qu’à Vising son aide. Ils ont été courtois, attentifs pour nous et en prime, Julietto nous a fait des tours de magie à tous les soupers.

On se rend à l’autre salle à manger qui est « payante », soit 20$ US par personne. Seulement vous mentionner que l’on en sort en roulant et cela veut tout dire. Entrée de boccocino et tomates, plat principal de veau et procuitto et un tiramitsu pour terminer. Tout ce que je peux dire, c’est que l’on peut mourir heureux après un tel repas. Après, nous décidons d’aller prendre une photo de groupe dans le magnifique escalier qui mène à la salle de spectacle. Et voilà, un dernier au revoir au groupe et je retourne à la chambre, non sans passer acheter un gâteau au rhum pour maman. Arrivée à la chambre, je me mets en pyjama afin de tout mettre ce que je peux dans la valise. On décide, Nicole et moi, d’acheter un gâteau pour sa tante qui va nous recevoir le lendemain. Allez hop, j’enfile mon kit bermuda par-dessus le pyjama et je courre au magasin acheter un autre gâteau. Je reviens, Nicole en veut pour sa mère… Bon, je recourre au magasin qui est sur le bord de fermer ses portes. Voilà, c’est vrai, je ferme ma valise. Nicole va fumer une cigarette sur le balcon. Je prends ma valise et je la mets à la porte dans le corridor… sans ma Sea Pass… qui ouvre la porte… je me suis enfermée dehors… J’ai beau cogner mais Nicole est sur le balcon et c’est sûr qu’Edward, notre steward, n’est pas visible. J’attends au moins cinq minutes. Finalement Nicole arrive et je peux déposer sa valise dans le corridor. Deux tonnes de briques !

 

Observation : La veille j’ai été cherché au service à la clientèle notre état de compte car on met toutes nos dépenses sur notre « Sea Pass » et ce n’est qu’à la fin que l’on paie ou en fait, qu’on dit sur quelle carte de crédit on veut qu’ils prennent le paiement. Nous pouvons demander de prendre XYZ sur telle carte et ABC sur une autre carte ; ils sont très flexibles. On peut également consulter nos dépenses à chaque minute à la télévision (en ligne). On met quand même à notre porte un dernier état de compte. C’est très bien.

 

Anecdote : J’avais demandé à Edward de me faire pleins d’animaux avec des serviettes et lorsque je suis arrivée à la chambre, j’avais une raie, un cœur et un chien. J’ai pris des photos ; malheureusement, elles sont moches, car en plus de fermer les yeux sur les photos, je ne suis pas mieux derrière la caméra. Pas Kid Kodak pour 5 sous.

 

Samedi, le 7 mai (Miami, Floride)

 

Un réveil tôt, 5h… Je vais prendre mon déjeuner après avoir tourné en rond car cela n’ouvre qu’à 6h. J’ai mal à la gorge… est-ce que l’un des membres du groupe qui a eu un rhume carabiné m’aurait refilé son rhume. Finalement, on est prête et on quitte le bateau. Après avoir attendu nos valises pendant au moins trente, quarante minutes, on sort sur le plancher des vaches. La tante de Nicole nous attend et nous fait faire un petit tour de South Beach – l’endroit à la mode de Miami. Elle nous invite à un petit déjeuner dans un super resto, sur South Beach. C’est le resto de Gloria Estefan. Vous auriez dû voir les toilettes. Wow ! Super déco et moderne. On se rend à la maison de la tante de Nicole et je finis par m’assoupir dans la chaise longue dehors, enfin si assoupir peut durer 2 heures….. On mange encore et c’est le départ pour l’aéroport avec, et oui, un sandwich dans le sac au cas où ! Une chance que nous devons marcher beaucoup dans les aéroports, je pourrai dépenser les calories et pour cela, on marche. On me demande d’enlever mes souliers aux douanes. Nous devons faire une escale à Toronto et nous devons passer aux douanes. Une pinotte ! On déclare des petits cadeaux et c’est tout quoi. Après, on a tout juste le temps de prendre la navette et nous voici dans un autre avion en partance pour Montréal. On arrive à l’heure prévue, soit une heure du matin. Fini le rêve sur l’eau.

 

Anecdote : J’étais persuadée que la valise de Nicole était plus lourde que la mienne. A l’aéroport de Miami, je dépose sa valise sur la pesée – ah ! 58 livres. Je comprends pourquoi je trouvais si difficile de la lever. Je mets la mienne… ok… c’était un bon gros…. 58 livres aussi. Mais non, j’avais juste quelques vêtements, bof, cinq paires de chaussures, deux robes de soirées, etc., Mais finalement, cela devait être le gâteau que j’ai rapporté pour maman.

 

Observation : Oui, je suis revenue avec un rhume carabiné mais sans un gramme de plus. Etonnant mais vrai car je n’ai que rarement pris les ascenseurs sur le bateau et j’ai beaucoup marché.

 

Précision : Afin de faciliter la lecture j’ai omis quelques informations. En premier lieu, Nicole ma compagne a des problèmes, ce qui fait que j’ai trimbalé sa valise de temps en temps et surtout je la soulevais pour elle. Nous ne pouvions pas faire de grandes marches car elle se fatiguait assez vite. Une chance, Nicole adore le soleil, donc lorsqu’on partait en expédition de magasinage intense, à un moment donné elle s’assoyait au soleil pendant que Lise et moi écumions les magasins. En deuxième lieu, le professeur Marie-Lyne est venue accompagnée de sa mère Lise avec qui Nicole et moi avons sympatisé. Malheureusement, Marie-Lyne traite sa mère de manière très cavalière et cela devient excessivement désagréable pour tout le groupe. J’ai revu deux semaines après notre retour l’une des participante qui a trouvé Marie-Lyne très peu professionnelle et en dessous de tout. C’est dommage car ce fut vraiment le seul point noir de toute la croisière et cela mettait les gens mal à l’aise lors des repas.

La Provence - 2003 (1ère partie)

Vendredi, 4 juillet 2003

 

Journée du départ vers Paris avec mon neveu Frédérick qui a 16 ans.

 

Ma valise est prête et attend dans le salon que mon frère arrive avec mon neveu. Le téléphone sonne vers 16h45. Mon frère est pris dans un embouteillage monstre à l’entrée du tunnel. Je dois donc me débrouiller pour me rendre à l’aéroport par mes propres moyens. En panique, je téléphone à Francine qui me dit qu’elle peut venir me reconduire et qui devrait me rappeler dans les minutes qui viennent. Quelques minutes plus tard, elle me téléphone pour m’aviser qu’elle n’a pas encore réussi à joindre son mari qui a la voiture mais que, dans tous les cas, elle prendrait un taxi pour venir chez moi et par la suite me déposer à Dorval avec ma voiture. Dans cet état de panique, ni l’une ni l’autre ne pense que je pourrais prendre un taxi et me rendre à Dorval !!!

 

Finalement, après une vingtaine de minutes, Francine rappelle. L’auto était dans la cour chez elle car son mari était parti avec le camion mais elle ne s’en était pas aperçue. Ils arrivent, Daniel et Francine, vers 17h55. C’est la course vers Dorval. L’avion décolle à 20h05. Mon frère est déjà à Dorval avec mon neveu depuis quelque temps. Cela m’évite de faire la première ligne d’attente. Je ne ferai que celle qui m’amène directement au guichet, soit une quinzaine de minutes. Mon frère nous quitte. Me voici donc seule avec mon neveu. J’ai un peu de crainte car le billet d’avion de Frédérick est fait au nom de Langlois et son passeport est fait au nom de Boisjoli-Langlois. Il n’y a pas de problème, ça passe. Nos valises enregistrées – la mienne de 23 kilos – on se dirige vers le duty free. Il ne faut pas oublier les bouteilles de scotch pour Jeanine.

 

Dans la salle d’attente, avant l’embarquement dans l’avion, l’air climatisé est à son plus bas niveau. C’est chaud et très humide. On doit attendre une trentaine de minutes. Ouf, on arrive à l’avion et il fait plus frais. Un hollandais vient s’asseoir dans notre rangée. Il change son banc côté hublot pour celui côté aile de mon neveu. Naturellement, je suis coincée comme une sardine entre ces deux hommes. Une chance nous sommes devant une paroi, donc personne ne pourra pencher son banc sur nous. Toutefois, je pense que notre hollandais cuve pas mal. Il sent l’alcool à plein nez. Le repas et le nombre de bouteilles de vin qu’il engloutit (six) me confirme le tout. Je finis toutefois par m’endormir un peu.

 

Samedi, le 5 juillet 2003

 

A notre arrivée à Charles-de-Gaule/Roissy, Christiane et son fils Paul sont là à nous attendre. Quelle joie d’être enfin arrivée. Christiane ne passera pas par le périphérique (autoroute qui fait le tour de la ville de Paris) ou très peu. Nous aurons le droit à un magnifique tour de la ville avec des commentaires éclairés. Nous arrivons chez Christiane. Laurent, son mari, a avisé Paul que ma valise serait certainement très lourde. Je ne le déçois pas. Après avoir distribué les petits cadeaux apportés du Québec, dont un bloc de fromage « Petit Québec » - demande spéciale de Paul - il est temps de manger car il est midi. La famille Féral-Schuhl est au complet, Laurent et Christiane ainsi que leurs deux garçons Paul 15 ½ ans et Bastien 12 ans. Ils doivent se rendre en après-midi à un mariage. Lunch sur la terrasse dans leur jardin; très bucolique. Tintin se joint à nous. Tintin est le chat de la famille et souffre d’une double personnalité. C’est un très gentil chat mais son autre facette le fait devenir un chat redoutable pour les voisins. En effet, Tintin croit que le jardin du voisin est son terrain de chasse et a poursuivi le chat de la voisine et même, oh horreur, l’a déjà attaqué selon la voisine. Je me méfie donc de Tintin. On ne sait jamais. En plus, dégriffer un chat est très mal perçu en France. Tintin a donc ses griffes aux 4 pattes.

 

Après le déjeuner bucolique dans le jardin, entouré de fleurs et d’arbres, Christiane et sa famille quittent et nous, de notre côté, partons pour les Champs Elysées. Mon neveu veut retrouver un magasin de vêtements où sa sœur et son père sont allés il y a trois ans. On prend le métro qui est à trois minutes de marche de chez Christiane. Après l’achat d’un livret de dix tickets, on se dirige vers l’Opéra où se trouve mon parfumeur. Je trouve la rue sans problème mais, comme j’avais oublié le numéro de porte, je dois demander à un kiosque de journaux. Je suis à côté, on poursuit notre chemin et on y arrive. Après l’achat – ultra rapide – de mon parfum, on va aux toilettes et on quitte pour le métro et direction Champs Elysées, non sans passer devant Lancel. Naturellement, je vais y faire un tour afin de voir les sacs à main soldés. Rien n’est vraiment à mon goût sauf un sac non soldé. Zut !

 

Je me souviens que le magasin où mon neveu veut aller est à un bout des Champs et non en son milieu. On commence donc par le bout le plus éloigné de l’Arc de Triomphe. Coup de chance, c’est à trois minutes du métro. On va donc au Quick Silver et on examine les vêtements. Fred en ressort sans avoir rien trouvé et on décide de marcher un peu sur les Champs Elysées. On s’arrête à un petit bistro où nous allons grignoter un peu – un sandwich pour Fred et une petite salade pour moi. Cela fait chic, un petit lunch sur les Champs Elysées, mais bof, nous sommes morts de fatigue et le décalage horaire nous tombe dessus. On retourne chez Christiane.

 

Paul avait mentionné un magasin Quick Silver sur la rue du Commerce – rue commerçante perpendiculaire à la rue où demeurent mes amis. A notre arrivée, Fred part pour explorer la rue du Commerce. Il est parti avec les clés et comme j’ai besoin de la clé pour barrer la porte, je dois donc l’attendre pour aller me coucher. Je tente de lire les revues que j’ai achetées. Les mots dansent devant mes yeux. Finalement, au bout d’une quarantaine de minutes, Fred revient avec le trousseau de clés.

 

Je monte me coucher avec… Tintin qui s’est installé sur mon lit. Je tente de le pousser, rien n’y fait. Je me couche donc à côté de Tintin presque par terre car cette bête féroce est au beau milieu du lit. Je dors une heure. J’ai l’impression d’émerger d’un coma tant la fatigue est énorme. Je décide d’aller faire un tour sur la rue et me dégourdir les jambes. Fred, qui était à l’ordin, décide de se coucher. Je vais faire le tour des magasins. Tout coûte très cher malgré les soldes et finalement je ne trouve rien. Je finis par comprendre le « Nouvelles démarques » indiqué dans les vitrines. En fait, au lieu d’inscrire « Soldes », les français inscrivent « Nouvelles démarques » ou « Dernières démarques ».

 

Sur cette rue, il y a des boucheries, des marchands de vin, des fruiteries, des fromagers, tous à la suite les uns des autres. La rue porte vraiment bien son nom « rue du Commerce ». On y commerce à fond.

 

Je suis de retour à la maison. Il faut se tenir réveillé. Je m’assois au jardin, au salon, retourne voir mon neveu que j’ai réveillé à mon retour qui est à l’ordin. La famille revient de leur sortie et j’aide Christiane pour le dîner du soir. Elle reçoit un couple d’amis qui ont leurs jumelles installées au Québec. Les amis arrivent, la bouteille de champagne est ouverte. Le repas est excellent. Un carré d’agneau. Tous ceux qui me connaissent, savent que c’est mon repas préféré. En accompagnement, les fameux légumes croustillants de Christiane. Ils sont reconnus par tous ceux qui la connaissent et c’est vrai, c’est délicieux. Bastien et Fred vont, quant à eux, à la pizzeria tout à côté de la maison. Je pars me coucher vers minuit avec un mal au poignet droit. A force d’avoir trimbalé mon sac à dos avec les bouteilles de scotch, je dois m’être étiré un muscle.

 

Observations :   Les Français, dont l’humeur belliqueuse est reconnue, sont très gentils avec nous. Ils sont souriants et nous donnent les informations demandées. Christiane a fait refaire le petit studio attenant à la chambre des garçons et c’est devenu la chambre de Paul. La salle de bains sur l’étage des chambres des garçons a été aussi refaite. La toilette a son réservoir d’encastré dans le mur où seule une plaque métallique apparaît. On presse cette plaque et c’est la chasse d’eau. C’est très joli et on ne voit pas ce type de toilette ici ou sinon très rarement.

 

Anecdote : J’ai montré à Frédérick le maniement du métro non sans l’avoir laissé poiroter quelques secondes devant les portes qui n’ouvraient pas. Je lui ai dit qu’il fallait peser sur le bouton qui est sur la porte et qui enclenche leur ouverture.

 

Dimanche 6 juillet 2003

 

Le premier réveil se fait à 6h du matin. C’est trop tôt, je me tourne sur l’autre côté et me rendors jusqu’à 10h30. Petit déjeuner, tout le monde s’habille et je pars avec Laurent faire les courses. Pauvre Laurent… il doit m’entraîner dans les magasins. Chez le fromager, arriva ce qui devait arriver… Il achète du fromage mozzarella de buffle. Je lui demande si c’est la marque car un buffle ne donne pas de fromage. Le fromager s’en mêle et on rigole bien car on finit par se dire que c’est la bufflette. On achète les fruits et les légumes. Les bras chargés, on revient à la maison et on retourne acheter les dernières courses. C’est vraiment très central et surtout excessivement pratique. On revient par une autre rue. Un peu de visite en même temps.

 

Je retrouve les jeunes devant leurs ordinateurs. Je me connecte et voit que Francine (sœur de Christiane et Jeanine) qui vit à Montréal est sur MSN. Je commence à « chater » avec elle un peu. Paul me met un casque d’écoute avec micro sur la tête et me voici en communication parlée avec Francine. Wow, la technologie. Naturellement, je passe pour la mémé car je fais « retardée ». Ben voyons donc, ça existe depuis longtemps!!!

 

On déjeune ensemble pour la dernière fois car Bastien quitte pour un camp de tennis. C’est notre première fois, mais certes pas la dernière, qu’on nous sert un plat de tomates, mozzarella, basilic et herbes de Provence. Fred adore et Christiane, tout comme Jeanine à Aix, se feront un plaisir de lui concocter pratiquement à tous les jours ce plat avec comme entrée un melon cantaloup. Le bonheur total pour nos papilles gustatives. En plus, Laurent achète des saucissons secs pour moi. Que demander de plus ? La vie rêvée quoi avec des amis qui prennent soin de toi.

 

Après le lunch, Laurent part reconduire Bastien à son camp de tennis, Fred, Paul et moi nous nous dirigeons vers la Tour Eiffel. J’apporte avec moi un livre car je vais attendre les gars en bas de la Tour. Finalement, on arrive à la Tour et je décide, malgré moi, de monter à pied avec eux le premier étage. Oui, lectrices et lecteurs, vous avez bien lu. M’enfin, je devais avoir un restant de décalage horaire qui brouillait mes pensées…. Toujours est-il que la montée a duré 10 minutes pour les gars et environ 25 minutes pour moi. Hou là là, ce que j’ai eu mal aux cuisses en montant. En plus, j’ai le vertige – bien fait pour moi ! Je ne regardais pas mes pieds quoi. Arrive en haut, à bout de souffle, les jambes en coton et je vois surgir devant moi deux garçons hilares. Une chance que Fred avait acheté une bouteille d’eau. Deux photos plus tard et un petit repos sur un banc et on va vers le guichet. Je vais payer les billets pour les 2e et 3e étages.

 

Quelle belle surprise !

 

Si on monte le premier, on doit monter le deuxième. Pas de possibilité d’ascenseur !!! Niet, nada, non, no way. Quelle tête j’ai fait, je l’ignore, mais je suis persuadée que la dame s’en souvient encore. Et nous voilà repartis de plus belle. Les gars sont au 2e et moi je peine à chaque tournant. Juste à écrire ce souvenir, j’ai mal aux jambes. Je ne vous décris pas dans quel état d’épuisement je suis arrivée au 2e. Encore les photos, l’eau et un repos plus long avant d’aller acheter nos billets pour le 3e. Naturellement, quelques photos indispensables du 3e étage ont été prises et retour au 2e. Après des barres à crème glacée et hot-dog, on retourne sur le plancher des vaches. Je suis quand même fière de moi et je sens que les jeunes aussi. Ils ne croyaient pas que j’y arriverais – moi non plus soit dit en passant.

 

On revient en bus et en métro. Juste après un appel de Jeanine que je verrai très bientôt, je vais m’étendre. Le repos du guerrier quoi ! J’aide un peu Christiane pour le repas. Je suis surtout bonne pour mettre le couvert. Anne-Laure, la nièce de Christiane se joint à nous pour le repas. On mange rôti de bœuf, aubergines cuites, tomates, ciboulette, basilic et  mozzarella et pommes de terre pour Fred. C’est vraiment sympathique de sa part. Après le souper, Christiane regarde un film, les jeunes sont à l’étage et écoutent « Friends » sur l’ordin de Paul et je suis au salon à lire. Laurent revient une heure plus tard de Rouen où il était allé reconduire Bastien. Tintin, surnommé Bête Féroce, grimpe à côté de moi pour se faire flatter. Pas de problème, sauf qu’il aime tellement qu’il s’installe de tout son long sur … moi. Je dois appeler Laurent à la rescousse afin qu’il enlève Bête Féroce. J’ai la trouille qu’il ne sorte ses griffes. Fred et Paul décident d’aller au cinéma. Je monte joindre Anne-Laure et écoute les dernières minutes d’un épisode de Friends. Je reconduis Anne-Laure à la porte. Il fait encore clair à 22h30. Finalement c’est le lit à 23h30. J’ai toujours ce mal au poignet qui m’embête car je ne peux pas rien prendre de lourd.

 

Observation : La tour Eiffel comporte 1665 marches de la base au 3e étage. Elle mesure 324 m de haut et de la base au 2e c’est 273 m. Je dois bien avoir monté 1000 marches. La tour du CN à Toronto, qui est la plus haute tour au monde, mesure 553 m. Oui, je suis vraiment fière d’avoir réussi cette ascension.

Mozzarella est un nom féminin et c’est un fromage fait à partir de lait de vache ou je vous le donne en mille… de bufflonne.

 

Anecdote : Le métro que nous prenons près de chez Christiane est assez spécial du fait que les quais ne sont pas face à face mais plutôt en diagonale et que lorsqu’on attend, tout ce que l’on a devant nous est le mur en face et les deux rails (aller-retour). On ne peut pas voir l’autre quai, en vis-à-vis, puisqu’il est plus loin; ce qui fait que le train, s’il est dans l’autre sens ne s’arrête pas en face de nous mais plus loin. Lorsque le train passe devant moi, sur le rail le plus loin, il ne s’arrêtera que plus loin sans que je le vois. Alors, je regarde mon neveu et Paul et leur dit d’un air innocent : « Bien, le métro n’arrête pas ». Et mon neveu de répondre, l’air dégoûté d’avoir une tante aussi nounouche : « Et puis, les gens ils débarqueraient où? ». En effet, ou les portes s’ouvrent du côté « mur » ou elles s’ouvrent du côté « rail » et là., comme le quai est à quelques mètres, la marche serait haute et ils devraient traverser l’autre rail. Je le sais, mais la phrase est sortie et un fou rire nous prend Paul et moi. Nous sommes assis loin l’un de l’autre dans le métro, qui est arrivé par après, et nous ne pouvons que rire. A la sortie du métro, Paul m’indique que je dois marcher plusieurs mètres en arrière des deux…. ce qui va se produire pour le reste du voyage sans difficulté puisque les deux gars marchent plus vite que moi de toute manière. Thierry, le fils de Jeanine, qui sera à Paris quelques jours plus tard fait le même coup à Paul en lui disant : « Bien voyons, le train n’arrête pas, comment les gens vont débarquer ». Je sens que cette phrase idiote va me coller à la peau pour quelques années avec Paul.

 

Lundi 7 juillet 2003

 

Lever à 9h30 avec des piqûres de maringouins. En plus des jambes, il y en a une sous le pied. Bel endroit pour se gratter… Après le petit déjeuner, Fred et moi attendons que Paul se lève. Finalement à 11h15, le beau au bois dormant, comme je l’ai surnommé, se lève. On part vers l’église Notre-Dame à 12h. Ouf, que c’est bien de voyager avec deux gars qui ne veulent pas vraiment visiter à fond. Alors, on fait de la marche rapide dans l’église. A la sortie, on cherche des magnétiques pour mettre sur mon réfrigérateur et une carte postale à envoyer. Les achats faits, on se retrouve sur la terrasse d’un bistro avec l’église dans notre champ de vision. Je passe un marché avec les gars, je leur paie le lunch et ils se paient le musée. Marché conclu. On mange et on se dirige vers le bus et le métro.

 

Arrivés au Louvre, l’entrée est gratuite pour les jeunes de moins de 18 ans. Encore une fois, nous faisons de la marche rapide dans le musée. On passe vis-à-vis de la magnifique peinture du Sacre de Napoléon où l’on arrête quelques secondes. Vite, c’est la succession de salles pour se rendre à la Joconde. Arrêt de quelques minutes, clic clic, la photo et hop, on repart au pas de course vers la Vénus de Milo. Oups, au tournant Paul se trompe de couloir et il me semble que la Vénus a des ailes qui lui ont poussé dans le dos… On se trouve devant la Victoire de Samothrace. Erreur de statue. Qu’à cela ne tienne, on prend un autre couloir et la voici, la majestueuse Vénus de Milo. Selon nos deux gars, on doit avoir fait le tour des choses les plus populaires à voir ! Il est temps que nous prenions un temps d’arrêt. Les deux gars s’effondrent sur les bancs. Vraiment, ça manque de tonus ces deux-là. On repart après quelques minutes de repos. Comme nous passons devant les exhibits égyptiens, je demande à passer voir les sarcophages. Et nous revoici repartis au pas de course. Petit problème, c’est une succession d’escaliers. Monte, descend, monte, descend. Fred me fait faire le saut. Très joli la madame qui lâche un cri dans le musée, surtout dans les sarcophages! Paul rigole avec Fred. Et ça repart, car on cherche la sortie. On arrête au petit café du musée pour des rafraîchissements. Pendant qu’ils se sustentent, je vais à la boutique du musée où je trouve des éventails. Voilà les gars qui sont revenus au pas de course et on quitte le Louvre.

 

On marche un peu sur les bords de la Seine et je m’arrête à un petit étal où j’achète une petite aquarelle. La marche est de courte durée, car les jeunes ça ne marchent pas; c’est l’autobus, le métro ou la voiture. Lorsque vient le temps de débarquer de l’autobus, je trébuche et manque de m’écraser par terre. Malheureusement, mon aquarelle a souffert un peu. Le papier est quelque peu chiffonné. Je verrai rendue à Montréal ce que mon encadreur pourra faire.

 

Nous arrivons à 16h15 à la maison et je suis de corvée. Je dois faire le repas pour les deux garçons ainsi que Laurent. Je vais sur la rue pour aller acheter de la viande et du fromage mais comme le boucher et le fromager étaient ouverts dimanche, aujourd’hui ils sont fermés. Ce sera donc du rôti froid accompagné de tomates et mozzarella. Dès que Laurent arrive vers 19h15, on soupe à toute vitesse car il va nous emmener faire un tour de voiture.

 

La voiture est dans un parking à trois minutes de marche de la maison. Les voitures sont tellement collées les unes aux autres que pour embarquer, les gens du garage doivent pousser la voiture hors de son espace de stationnement. Ca, c’est rentabiliser l’espace.

 

Nous sommes à l’île Saint-Louis, un coin inconnu pour moi. Nous allons chez le meilleur marchand de glace à Paris. Une expérience à faire. Avec nos cornets, on marche dans les rues. On arrive à un pont qui enjambe la Seine. Des jeunes de la banlieue sont à s’installer pour faire des sauts avec leurs patins à roues alignées. On les regarde quelques minutes et on continue notre marche sur les bords de la Seine. On se rend jusqu’à un lieu de tournage. On demande à un type quel est le film. Il nous mentionne le titre du film et le nom de la réalisatrice qui nous est inconnu. Bof, on regarde quand même la préparation. Un des membres nous demande de circuler. On repart vers la voiture. On marche sur le trottoir quand au loin un individu arrive avec 4-5 body guards. Ce doit être la vedette. En fait de vedette, c’en est toute une. Jack Nicholson ! On a croisé Jack Nicholson qui était tout maquillé et avec son immense cigare. Il fallait bien venir à Paris pour voir Jack Nicholson. On tourne de bord et on retourne sur les lieux du tournage. On regarde Nicholson qui semble se préparer à sa scène. Le même type revient nous dire de circuler. On aura tout de même vu Jack Nicholson de près.

 

En revenant, nous passons sur les quais de la Seine. On prend les escaliers et nous descendons. Il y a plein de monde qui sont installés un peu partout en train de manger, chanter et parler. C’est super. On remonte sur la rue et nous revoyons les mêmes jeunes qui ont fini d’installer leur équipement pour les sauts. On s’arrête une trentaine de minutes pour les regarder sauter. Ca valait la peine. Ils sont vraiment bons. Ils sautent pas loin de 6 à 7 pieds de hauteur. Nous sommes tous impressionnés. Une petite foule s’est amassée et on applaudit à chacun des sauts. Il faut dire que leur équipement est des plus rudimentaires. Deux trois palettes de bois sur lesquelles ils mettent une feuille de métal en pente afin qu’ils prennent leur envol. Un peu plus loin, attachés à deux barricades, ils ont mis deux poteaux de bois qui en supportent un autre horizontal. C’est leur barre au-dessus de laquelle ils doivent sauter. Très ingénieux et surtout, comme le mentionne Laurent, cela canalise leur énergie.

 

Mais il est près de 22h et il est temps de revenir. La tour Eiffel est toute illuminée et scintille. Depuis quelques jours, les lumières se sont remises à clignoter une dizaine de minutes avant l’heure. Elles avaient cessé plusieurs mois auparavant et le tout fonctionnait à nouveau que depuis peu. Très impressionnant de voir cette tour qui clignote de milles feux.

 

De retour à la maison, Fred monte pour aller sur l’ordin, Paul va écouter la télé au sous-sol et je reste au rez-de-chaussée pour lire au salon. Quelques minutes plus tard, Paul monte et appelle son père. Tintin, alias bête féroce, s’amuse avec une souris. Pas une fausse, une vrai qui bouge avec du vrai poil. Je me lève de mon fauteuil. Je dois passer par la salle à dîner, où Tintin s’amuse, pour aller à l’étage. Je sais maintenant ce que cela veut dire « le jeu du chat et de la souris ». C’est vraiment dégueu. La pauvre petite souris n’a aucune chance. M’enfin, je ne m’attarde pas et je monte l’escalier au pas de course. Peut-être une dizaine de minutes plus tard, j’entends Christiane revenir du bureau. Je redescends jusqu’au milieu de l’escalier et je l’avise de Tintin qui est là avec sa copine la souris. Christiane appelle Paul et le somme de faire sortir Tintin et la souris. Comme les fenêtres n’ont pas de moustiquaires, Paul attrape Tintin et le sort par la fenêtre de la salle à dîner. Naturellement, Tintin avait la souris dans sa gueule. Quelle belle image ! Bête féroce avec la queue de souris qui lui sort de la bouche. Bref, le jeu du chat et de la souris a continué dehors pour la plus grande joie de Tintin. Le mal à mon poignet s’estompe mais les piqûres de moustiques me font damner.

 

Mardi 8 juillet 2003

 

Le lever se fait à 8h30. Je réveille Frédérick à 9h et Paul à 9h45. C’est notre dernière journée à Paris et ce matin c’est Montmartre. Christiane nous dépose au pied de la butte. On monte un peu mais on finit par prendre le bus. Un groupe de touristes américains obèses montent dans le bus lors d’un arrêt. C’est rigolo car non seulement sont-ils très gros mais en plus ils ont leurs valises immenses avec eux. Une vieille Française se met à râler tout le long du parcours et ce, jusqu’à ce que les touristes débarquent quelques arrêts plus loin. C’est assez drôle de l’entendre râler.

 

On arrive à la basilique Sacré-Cœur. Le temps d’une photo on se dirige vers la place du Tertre où les artistes peignent. On fait le tour et je n’achète rien. C’est beaucoup trop coûteux. Les gars vont s’acheter des frites, moi de l’eau et on quitte Montmartre. Je commence à avoir mal aux talons – je me mets des pansements en espérant éviter les ampoules. On prend le funiculaire qui nous descend et on arrive au métro que nous prenons jusqu’à Concorde. On regarde les sandwichs que Christiane avait eu la gentillesse de nous rapporter la veille et ils sont… pouah. Ils ont eu chaud et ont été écrasés. On traverse et on va dans le petit boisé qui longe les Champs Elysées. On mange hot-dogs et sandwichs. Mes pieds sont foutus. J’ai deux ampoules par pied. C’est horrible. On reprend notre marche mais, quelques minutes plus tard, on attend le bus car je ne peux plus marcher. Deux arrêts plus tard, on se retrouve devant le même magasin qu’au début de notre séjour, le Quick Silver. Mon neveu finit par trouver un gilet pour sa sœur. Mission accomplie. J’ai vu au loin une pharmacie. J’y vais et m’achète des pansements encore. J’ai jusqu’à 4 pansements par pied. C’est qu’il fait chaud et ils décollent. Mes souliers se remettent donc à frotter allègrement sur les ampoules. J’en recolle d’autres par-dessus… et quand cela ne colle plus, je les enlève et en met de nouveau. Sur les 16 que j’avais et que j’ai achetés, il n’en est resté que 4…

 

On tue le temps à la FNAC, marchands de livres et de disques. On a le droit, sur les Champs Elysées, à de la musique militaire. Ils ont installé des haut-parleurs partout pour la parade du 14 juillet. Malheureusement, c’est toujours le même morceau de musique. On reprend le bus et on se rend, de peine et misère, au bureau de Christiane qui est tout à côté des Champs Elysées. C’est le temps de partir. On prend la voiture et soudainement les avions nous survolent. Ce sont les furtifs, les Mirages, les jets de guerre. On est en pleine répétition de la parade du 14 juillet. Wow ! On a même la musique militaire en arrière plan.

 

Nous voici sur l’autoroute qui nous mène à Roissy. Une chance que Christiane envoie Paul vérifier si tout est correct. Sur nos papiers c’est le terminal E dans la réalité c’est le terminal F. On rembarque dans la voiture et on repart sur les chapeaux de roues. On a plus de temps à perdre. Encore une fois, les merci, les embrassades et c’est fini Paris. On embarque dans l’avion. Une petite collation est présentée; des sandwichs sur pain baguette. Je prends celui au saucisson et Fred au fromage de chèvre avec pesto. Je donne la moitié de mon sandwich à Fred et goûte au sien. On repassera… C’est pas la joie.

 

On arrive à Marignane. Jeanine est là avec son fils Thierry. La voiture de Jeanine réussit à tous nous prendre, valises et occupants. Ce qu’il faut préciser c’est que Fred approche des 5’10", Thierry a certainement son 6’4". La Clio de Renault de Jeanine aurait son équivalent au Québec comme Géo Métro ou Firefly ! Son coffre arrière est caché par une tablette amovible qui s’est retrouvée sur les genoux des deux gars car les valises remplissaient au max le coffre. Nous sommes arrivés en plein milieu de la fête qui était donnée pour Anne-Sophie, la fille de Jeanine. Après avoir donné mes cadeaux, je me suis installée avec Jeanine pour enfin faire un brin de jasette jusqu’à une heure. Thierry et Fred étaient sortis prendre un pot.

 

Observation : A l’aéroport de Roissy, il y avait un avis concernant les gens qui arrivaient de certains pays et le SARS. Je n’avais pas de fièvre, ouf!

Il faut dire aussi que Jean-Paul, le mari de Jeanine, est le directeur de l’Ecole nationale des arts et métiers et qu’avec le boulot vient un appartement de fonction. Ce très grand appartement est au-dessus des bureaux de Jean-Paul. Il faut donc que Thierry monte ma valise. Une chance que les enfants sont faits forts de nos jours.

 

Mercredi 9 juillet 2003

 

J’ai encore de la difficulté avec le décalage horaire. Je me lève à 9h30 car les autos sur la rue me réveillent. En plus, il y a des oiseaux qui se chamaillent tout près. J’apprends que ce sont des pies. Je sais maintenant le bruit que peut faire une pie et pourquoi on dit des personnes qu’elles sont bruyantes comme des pies. A mon lever, les jeunes qui étaient là pour la fête d’Anne-Sophie étaient à la table de la salle à dîner. Ils avaient tous  dormi au salon. Ils sont 4 et ils sont en train de jouer au Trivial Pursuit. Je me joins à eux et on joue. Vers 12h, on part au bureau de Jeanine, ses enfants, Fred et moi. On mange tous ensemble. Il fait chaud. Au moins 35oC mais c’est sec. Thierry part de son côté, Anne-Sophie et Fred du leur. Moi, je vais au Monoprix acheter quelques trucs, pendant que Jeanine retourne à son travail. J’aimerais bien aller chez Lancel voir les sacs à main, mais Jeanine m’y amènera car je risque de me perdre. Je marche un peu sur le Cours Mirabeau à la recherche du passage que je dois prendre. Il me semble en reconnaître un. Je m’engage dans une petite rue; je tombe direct sur Lancel. Je vais voir les sacs et encore là, bredouille. Le sac que j’aime n’est pas soldé et il fait 425 Euros. En canadien, 680$. On va laisser faire. Je reviens sur le Cours Mirabeau – la rue d’Aix. Je fais la rue aller-retour au moins quatre fois sans trouver mon passage. Je demande aux policiers la rue où travaille Jeanine. Ils ne sont même pas foutus de m’aider.

 

Je finis par trouver la rue – je me souviens du nom 4 septembre. Je marche sur la rue mais je ne sais pas le numéro de porte. Soudainement je reconnais le heurtoir – une main tenant une boule. Je sonne et on me répond. Je suis sauvée. Je vais m’asseoir avec mon livre en attendant Jeanine. Nous sommes très bien au rez-de-chaussée. Il fait frais. Après une heure d’attente, on part et Jeanine me montre le passage. Je pouvais bien me perdre! En même temps, je prends un rendez-vous chez le coiffeur. Mon poignet me fait encore un peu mal et bof, pourquoi pas, la fille nous dit que c’est 12 Euros et c’est un sans rendez-vous.

 

On prend les enfants et on s’en va à la Couronne, la plage à une trentaine de minutes d’Aix. Et oui, nous sommes tout à côté de la Méditerranée. Seule, Anne-Sophie se baigne. L’eau est froide, au bas mot environ 65oF pas plus mais elle est salée et le sel ça te cuit des ampoules. Je sens qu’il n’y aura pas d’infection dans mes ampoules. Je sors mes pauvres pieds de l’eau salée et je vais les rincer sous le robinet un peu plus loin. Jeanine et moi nous nous installons au petit restaurant en bord de mer avec un petit rosé. La vie quoi! Les enfants reviennent et nous commandons notre souper. La serveuse revient une dizaine de minutes plus tard avec la bonne nouvelle qu’il n’y a pas d’électricité et lorsque le courant reviendra, il faudra que les fours se réchauffent pour la pizza,  donc nous n’aurons pas notre repas avant une vingtaine de minutes. Comme je me le suis fait répéter à plusieurs reprises que j’ai un sens de l’humour assez…. terre à terre quoi, je ne trouve pas mieux que de répliquer à la jeune dame : « Tiens, pourtant il fait encore clair »; comme nous sommes dehors et qu’il fait encore soleil. Bon, bref! Finalement, trente minutes plus tard on a nos assiettes et c’est très bien. Cela fait très estival, manger sur le bord de la plage de sable avec un beau ciel bleu et la Méditerranée qui vient s’échouer quelques mètres plus loin. Très enchanteur comme vue. En plus, on a un petit vent qui nous aide à ne pas avoir trop chaud. Il est temps de revenir à Aix; ce qui se fait en chansons puisque Anne-Sophie et moi chantons tout le long du retour, enfin chanter pour Anne-So et croasser pour moi.

 

Vu que Jeanine reçoit son cousin et sa femme qui « squattent » la chambre d’Anne-Sophie, que Frédérick a le bureau (avec lit pliant) de Thierry, que j’ai la chambre de Thierry, ce dernier doit aller coucher chez un copain. Disons que la maison de Jeanine ressemble à une auberge. On se couche tard encore mais il fait si beau et si chaud….

 

Anecdote : Mes chevilles sont de plus en plus enflées et ne veulent plus retrouver leur forme originale. J’ai beau croire que c’est dû à la chaleur, mais j’ai les pieds comme les vieilles bonnes femmes. C’est tout si elles désenflent un peu la nuit. Vais-je retrouver un jour mes minces chevilles?

 

Jeudi 10 juillet 2003

 

Lever à 8h30. Comme c’est le jour du marché, je déjeune d’une toast au Nutella et je suis dans la rue. C’est super le marché. Tous les étals sont en face du palais de justice sur la place. Il y a de tout, des épices en vrac, en sachets provençaux, des vendeurs d’images et vieilles peintures, des brocanteurs, des marchands de tissus, de nappes, de jupes dans le matériel provençal reconnaissable entre tous, les savons, la lavande, la viande, les fruits, les légumes. Des odeurs, des bruits, des cris! Un marché quoi. Je recherche une nappe commandée par une copine. Je finis par trouver un marchand qui va me la faire tailler pour samedi. Comme j’ai fini mes achats je prends le passage et me retrouve sur le Cours Mirabeau. La jeune coiffeuse y est mais je passerai que trente minutes plus tard. M’assurant qu’elle garde ma place, je vais porter mes achats chez Jeanine. Petit problème, comme il y a plein de voitures, camionnettes et étals sur la place, je suis incertaine de mon chemin. Finalement, je demande à une dame qui m’indique mon chemin. Ce sera la dernière fois que je me perds à Aix; en fait, je prends toujours le même chemin!

 

Je reviens au pas de course question de ne pas être en retard chez le coiffeur. Pas de course s’entend, on ne peut pas courir dans cette chaleur et surtout sous le soleil brûlant. Il fait déjà 35oC et il n’est que 10h50. La coiffeuse me met le sarreau de plastique, me lave les cheveux et m’offre un traitement auquel je dis oui. Elle me coiffe et hop, à la caisse. C’est 25 euros. Yes, 25 euros. Bien dans le 12 euros, on a oublié d’inclure le service « sanitation » donc le sarreau de plastique et naturellement il n’y a pas le traitement. C’est donc 40$ que le tout m’a coûté. La morale c’est « demander, demander, demander cent fois le coût final » car on peut se faire ramasser. Mais au moins, je suis bien peignée, c’est toujours une consolation.

 

Je vais rejoindre Jeanine à son bureau. On va luncher. La chaleur est étouffante et écrasante. L’air est tellement chaud que même respirer nous donne des sueurs. On trouve un petit restaurant Au retour du lunch, je vais à la boutique Laura Ashley à côté du bureau de Jeanine. Il n’y rien d’été seulement des vêtements d’hiver car ils vont fermer. Ce n’est pas vraiment invitant à essayer un col roulé en laine à 38oC. Je retourne au bureau de Jeanine car cette dernière a un document à aller porter. On passe devant l’office du tourisme où je me prémunis d’un plan de la ville. On continue jusqu’à l’école où nous devons nous rendre et là, commence nos ennuis ou plutôt comment faire très très compliqué quand on peut faire simple.

 

Arrive au bas de l’édifice. Il y a un panneau à boutons où nous pressons le numéro du bureau où nous devons nous rendre. Un type sort de l’ascenseur. On  prend l’ascenseur malgré le fait que Jeanine n’est pas très chaude à l’idée. Elle préfère les escaliers. Pas moi, j’ai trop chaud. Comme le bureau est au numéro 36, je pèse sur le 3e étage. La porte se ferme, la porte s’ouvre. Jeanine dit que c’est au 1er étage. Pèse sur le 1er étage, la porte s’ouvre, la porte se ferme. Il faut dire aussi que sur le panneau, il y a un étage 0 et un étage -1. Un peu compliqué quoi et en plus il y a un panneau avec les dix chiffres un * et un #. Là Jeanine déclare forfait et a la trouille, elle fait de la claustrophobie. Elle cherche un escalier. On ouvre plusieurs portes, sauf une car il y a encore un clavier numérique, et on trouve le garage, les poubelles mais pas d’escalier nulle part. Retour dans l’ascenseur. Jeanine, toujours aussi brave, reste à l’extérieur. Moi, je n’écoute que mon courage et je rentre dans l’ascenseur. Je me dis que le clavier numérique doit être là pour quelque chose; pèse sur 3, pèse sur 6, pèse sur *, pèse sur le bouton du 3e étage. La porte se ferme, la porte s’ouvre devant Jeanine un peu perplexe mais surtout riante. Je recommence, je pèse sur le clavier, le chiffre 3, le chiffre 6, le # et sur le bouton du 3e étage. La porte se ferme, la porte s’ouvre devant Jeanine qui pleure de rire. Et moi donc. Je sors de l’ascenseur – mon courage m’a abandonné. Je dis à Jeanine de téléphoner aux gens. Elle ne veut pas car elle dit que la mère d’un enfant qui va suivre un cours pour le préparer aux grandes écoles (sciences politiques) ne peut passer pour une nouille. On recommence à ouvrir toutes les portes, on cherche l’escalier. Toujours pas d’escalier. On retourne à la porte d’entrée afin de voir s’il n’y a pas un mode d’emploi caché. Finalement quelqu’un arrive et on demande comment cela fonctionne. Ca prend un code…. Jeanine téléphone donc aux gens du cours et on nous indique le code. Je vais m’en souvenir longtemps 7398. Et vlan pour le code secret. Naturellement, la porte qui avait un clavier tout à côté était la porte des escaliers…. Ah ces Français !!!

 

Après avoir déposé les documents, on retourne au bureau de Jeanine en arrêtant chez un marchand de meubles. Que de belles armoires qui datent d’une centaine d’années et qui ont été très bien entretenues et là vraiment le prix est moindre qu’ici au Québec. Mais c’est un peu gros pour une valise. Il fait une chaleur torride. C’est à pas de tortue que l’on finit par arriver au bureau. En temps normal, c’est une petite marche de 10 minutes. J’ai l’impression que cela a pris des heures à arriver. Jeanine monte à l’étage dans son bureau et moi je reste dans la bibliothèque au rez-de-chaussée. Il fait beaucoup plus frais. Cela me prend près de 35 minutes pour récupérer et aller acheter de l’eau au coin de la rue (4 minutes de marche). J’ai de la difficulté à m’y rendre et à revenir. J’en ai encore pour une trentaine de minutes à récupérer. C’est horrible. Malgré le fait que je boive beaucoup d’eau, mes reins et ma vessie cessent de fonctionner durant le jour; seules mes glandes sudoripares sont à l’œuvre.

 

La femme de ménage arrive et m’expédie manu militari ailleurs. Jeanine a pratiquement terminé et on quitte le bureau. Jean-Paul, son mari, vient nous rejoindre au resto Créole à 19h15. La chaleur est un peu tombée. Le resto est sur une petite place et on a l’impression d’être assis au cœur d’une carte postale de la vieille Provence. On nous sert une bouteille de vin dans un genre d’étui en tissu matelassé provençal. Jeanine me dit qu’elle en a déjà vu en vente. Nous investiguerons le jour du marché, samedi. Le souper est excellent et on retourne par de petites ruelles à la maison. C’est une occasion de visiter d’autres endroits de la ville d’Aix.

 

Frédérick et Anne-Sophie ont passé une partie de la journée à la piscine chez Alexandre un copain. Je ne peux pas dire que je ne l’ai pas envié. Mais je m’étais fait avertir avant mon départ par Anne-Sophie que la piscine était réservée pour les jeunes. Il semble donc que j’ai dépassé cette étape malgré le fait que tous les copains d’Anne-So m’aient donné une trentaine d’années. Il faut croire que mes 46 ne paraissent pas trop. C’est gentil mais ça ne me donne pas le droit à la piscine… Peut-être un lifting ? Ils annoncent pour demain un léger 35oC mais deux vieux types au marché devisaient ensemble sur le fait qu’il ferait environ 40oC en fin de semaine.

 

Information : En France, si quelqu’un veut avoir un poste haut gradé dans le fonctionnariat ou des postes très élevés dans la grande entreprise, il a intérêt à avoir fait sciences politiques. Il y a deux grandes écoles en France, sciences po et polytechnique. A l’école de sciences po, on y enseigne également gestion des affaires et autres trucs du même acabit.. Alors, j’ai demandé à Thierry de réussir car j’aimerais bien qu’il soit un jour locataire de l’Élysée (maison du président de la république française) car je suis persuadée qu’il doit y avoir la climatisation.

 

Observation :     A part le vin, tout coûte très cher en France. Pour le lunch, j’ai pris une petite salade. Le coût était de 8,50 Euros ou 13,50$. Les chaussures, qui sont soldées à cette époque de l’année, sont inabordables, mais qu’elles sont belles. Oui lecteurs, je suis revenue sans nouvelles chaussures, j’ai résisté.

 

Anecdote : Habituellement Anne-Sophie et moi sommes tellement heureuses de nous voir que nous nous serrons dans les bras 5-6 fois par jour, mais là, on a décidé que nous nous serrerions le pouce. Assez inhabituel de voir deux personnes se serrer le pouce, mais cela vaut mieux que se serrer dans la sueur. De toute manière je ne crois pas que nos corps le supporteraient.

La Provence - 2003 (2e partie)

Vendredi 11 juillet 2003

 

C’est la dernière journée de travail de Jeanine; elle disparaît de la maison avant notre lever à 9h. Je décide d’aller chez le santonnier avant que la chaleur ne fasse fondre mon cerveau ou ce qui en reste de solide. Je dois malheureusement réveiller Anne-So car je n’ai pas de clé pour sortir. Jeanine avait barré derrière elle. Ce n’est pas tragique, elle se rendort dès mon départ. Maintenant que j’ai mon plan d’Aix, je ne me perds plus. J’arrive chez le santonnier, il est à peindre des ânes. J’ai pris dans mes mains un petit panier d’osier pour y déposer mes achats. Il y avait un moulin, je l’ai regardé mais 36 Euros… j’ai pris un petit pont à la place à 20 euros. Il y avait aussi une toilette (bécosse) que j’ai mise dans mon panier. Non mais, il en fallait une pour ma collection de santons. La tricoteuse et monsieur Le Maire ont suivi aussi sec dans mon panier. Le pont est retourné sur l’étagère et … le moulin est arrivé dans mon panier. Je n’ai pas pu résister. Partout où mon regard allait, il y avait des choses que j’aurais voulu mettre dans mon panier d’osier. Mais bon, il faut arrêter, surtout qu’en février lorsque Jeanine était venue au Québec, je lui avais donné de l’argent pour qu’elle m’achète des santons. A mon arrivée à Aix, j’avais le rémouleur et le joueur de boules qui m’attendaient.

 

Je reviens tranquillement avec mon trésor à la maison. Les enfants sont levés et Florian, un ami d’Anne-Sophie, est arrivé. Je montre aux jeunes mes achats et je consulte ma liste de santons que j’ai déjà et que j’avais mise dans mon sac afin de vérifier, au cas où… Et bien, ma mémoire avait flanché et j’aurais dû consulter. J’avais déjà une tricoteuse, d’un autre santonnier, à la maison. Anne-Sophie va retourner ma tricoteuse et prendre la poissonnière. J’avais hésité entre les deux. Mon neveu, quant à lui, donne des sous à Anne-So pour qu’elle achète un ou deux santons (je ne sais pas trop) et ce sera mon cadeau à Noël. Anne-So part avec sa copine Cécile et les gars, Fred et Florian, quittent. Il est temps pour moi de faire une petite sieste. De toute manière, j’ai rendez-vous qu’à 17h30 avec Jeanine devant la bibliothèque de la ville.

 

Les gars reviennent avec Alexandre, le copain à la piscine. On prend un petit goûter, Doritos et charcuterie. Je sens que la couleur de mon sang oscille vers le jaune « cholestérol », mais que c’est bon ces petits saucissons secs.  Il est temps que l’on parte. Je quitte de mon côté chercher Jeanine. Je me rends à son bureau où c’est son patron qui me répond à l’intercom. Il me regarde perplexe car j’ai rendez-vous à la bibliothèque, pas au bureau. Mon cerveau est vraiment liquéfié. J’appelle Jeanine sur son cellulaire. Elle va me renconter au bout du passage Aggard, ce qui n’est pas un pire mal car on va prendre un petit rafraîchissement dans un bistro climatisé. Tant qu’à y être on passe chez le boucher qui est à côté où il y a dégustation de saucissons. Il est bon le saucisson de monsieur le boucher. J’y ai même goûté deux fois.

 

De retour à la maison, on fait le souper. Encore un bon souper arrosé d’un petit rosé bien glacé ou plutôt bien noyé dans la glace. Il est temps qu’on parte Jeanine et moi car nous allons à une soirée dans un jardin privé dans le cadre du Festival «off » d’Aix. Hum, hum! Dans un jardin privé immense avec fontaine! On ne rit plus! Appelez-moi madame la marquise. Bon, je fais un peu pitié avec mon petit sac à dos « Jean-Paul Gauthier », ma petite jupe marine et petit chemisier blanc parmi les sacs à main et chaussures Chanel, les colliers de perles immenses, etc. Il fait chaud, il ne faut pas l’oublier et je suis quand même chanceuse car la dame assise à côté de moi a un éventail et je profite du mouvement de l’air. C’est presque de l’air climatisé sans forcer. Ils ont mis un petit décor à deux étages. Le titre de l’opérette est « La servante maîtresse » de Pergolèse. C’était charmant et le décor était enchanteur. En plus, il n’y a pas de moustiques mais on a le droit à la chaleur. Après la représentation, un vin était servi.

 

Après le vin, on a quitté direction la maison en passant par le Cour Mirabeau. Il y avait des marchands de toutes sortes (tissus provençaux, savons, bijoux) qui avaient leurs étals. On a donc marché le long du Cour Mirabeau et on a finit par se payer une petite gâterie chez Haggen Däas. Nous étions de retour à la maison à 23h30. J’ai « chaté » avec ma filleule et j’ai écouté les nouvelles avec Jeanine. Une des copines d’Anne-So reste à coucher.

 

Observation :     Un santon est une petite figurine peinte en terre cuite – argile. Ordinairement, les santons sont utilisés pour créer une crèche. Moi, j’utilise mes santons pour créer un village seulement. Mes santons mesurent environ 4 pouces; il y en a de plus petits et de plus grands.

Il y a présentement une vague de protestations concernant les « intermittents » en France. Un intermittent est un artiste qui joue presqu’uniquement dans les festivals l’été. Or, la société française prend en charge ces personnes par le biais de la sécurité sociale et le gouvernement voudrait resserrer les cordons de la bourse, d’où cette immense vague de protestation. Le festival d’Avignon (théâtre), le festival d’Aix (musique) et un autre festival ont été annulés. Cela fait très mal aux hôteliers, aux restaurants et au commerce. On a donc eu le droit à un petit « speach » de l’un des chanteurs avant le début de la représentation.

 

Samedi 12 juillet 2003

 

Après un lever à 9h, on quitte Jeanine et moi pour le marché. où nous devons acheter des chaussettes aux enfants de Francine la sœur de Jeanine et que je dois rapporter au Québec. Il fait une chaleur torride. Comme les marchands sont sur la place et tout autour, parfois il y a un brin d’air qui nous permet de mieux respirer. On cherche aussi l’étui en tissu provençal un peu partout. Peine perdue, il semble que ce soit un truc fait de façon commerciale et non artisanale et ce n’est plus à la mode. Après une grosse heure à se promener entre les marchands, on retourne chez Jeanine avec nos achats. Sur le chemin du retour on arrête chez le caviste. J’y achète une bouteille pour mon frère et une autre pour moi. On y apprend qu’il a perdu près de 30% de son chiffre d’affaires à cause de l’annulation du Festival d’Aix.

 

Après le lunch, on s’amasse dans la voiture de Jeanine, Fred, Anne-So et moi et direction Plan de Campagne. Pour ceux qui me connaissent, ils savent que Plan de Campagne et les Milles sont mes endroits de prédilection. Ces deux endroits sont des surfaces immenses – en fait des kilomètres entiers – où l’on retrouve plein de magasins dont mes deux « épiceries grande surface » préférées, soient Carrefour et Géant Casino. Cela ressemble au quadrilatère du Marché Central à Montréal mais en beaucoup plus gros.

 

On laisse Anne-So d’un côté et nous, Fred et moi, suivons Jeanine. On va dans un magasin de vaisselle où je vois la même carafe d’eau que Jeanine a. Je la prends mais c’est lourd. Il ne faut pas oublier que j’ai mon moulin, deux bouteilles de vin, quatre bouteilles de sirop Tesseire (3 pour Francine et 1 à moi) et toutes sortes d’autres trucs qui ajoutent au poids futur de la valise. Jeanine en achète une pour en faire cadeau à une copine. Je décide que non, j’ai assez de kilos à mettre dans la valise. On se sépare les trois et je vais fouiner dans un magasin de trucs de dessins animés. J’y trouve une tasse pour ma filleule avec le dessin de Twity Bird dessus. Je récupère Fred et on passe devant un marchand de bonbons. Je m’achète un toffee. On rejoint Jeanine et on quitte ce petit centre commercial pour Géant Casino. En mâchant le toffee je réussis à me décrocher la mâchoire; vraiment, c’est un voyage éprouvant pour mon corps, mon poignet, mes chevilles qui enflent, les piqûres de moustiques, les ampoules…  et maintenant la mâchoire qui me fait mal.

 

On doit reprendre la voiture non climatisée pour se rendre chez Géant Casino. Chaud, froid, chaud, froid. Il fait encore très chaud. Le mercure monte sans arrêt. Une chance chez Casino il y a la clim. Fred part de son côté car il y a d’autres magasins dans le même petit centre commercial. Jeanine et moi sommes à la recherche de bas pour les enfants de Jeanine. Quelle chance, on annonce qu’il y a un rabais sur les bas. Alors là, voyons voir. Il y a un solde à la condition que nous ayons les bas en main et que nous trouvions la personne qui a des coupons pré-encollés et qui voudra bien les mettre sur les bas. La morale c’est si tu es là durant l’annonce et que tu as ton coupon sur tes bas, ça va, mais si tu n’es pas là, tu n’auras pas de rabais. J’ai compris et Jeanine m’envoie à la chasse au coupon. Je trouve la dame et j’ai mon coupon sur les bas. On achète peu car ce n’est plus l’épicerie de prédilection de Jeanine et les allées sont grandes et longues. En plus, nous sommes crevées. Fred nous a rejoint, on paie et on quitte pour ramasser Anne-So.

 

Pouah, l’auto est bien chaude. Anne-So veut aller chez Foire-Fouille, leur Dollarama. Au moins, on a la clim. On trouve de tout et de rien. On repart, direction les Milles et Carrefour. Wow! L’autre grande surface. Trop d’émotions dans la même journée. J’en hyper-ventile presque et nous rigolons bien. On passe par le village de Bouc-Bel-Air, où Jeanine demeurait avant son déménagement à Aix. Tout est presque pareil sauf la place du village où tout a été rénové. Oui, les Français rénovent de temps à autre à mon grand étonnement. Bon, avant que je ne sois fusillée par tous mes amis français, le coût de la rénovation est prohibitif. Chez Carrefour, je trouve encore quelques cadeaux à rapporter et de l’huile d’olive aux truffes. On se traîne tous les pieds de fatigue. On est mûr pour un repos bien mérité.

 

Après avoir monté de peine et de misère les sacs d’épicerie, on prépare le souper qui sera encore une fois délicieux. Oui mes amis j’ai super bien bu et mangé. Durant le souper, nous réussissons à convaincre Jean-Paul de nous amener en Italie demain. A voir les yeux de Frédérick briller, je sens à l’avance que ce sera une super journée pour mon neveu.

 

Après le souper, on s’installe devant la télé pour écouter Astérix et Cléopâtre et lire des bandes dessinées Largo Winch. Je vais passer à travers les 7-8 BD que j’ai prises dans le bureau de Thierry. Avant d’aller me coucher, je regarde avec désespoir tous les sacs contenant mes achats qui traînent un peu partout dans la chambre.

 

Dimanche 13 juillet 2003

 

Je me fais réveiller par Frédérick à 6h30. Je me lève à 6h50. Je fais ma valise, soit je vide le contenu des sacs et je mets mes achats dans la valise. Malheureusement, j’ai oublié une petite broche qu’une vendeuse m’avait donnée au magasin où j’ai acheté la tasse de ma nièce. J’ai enlevé la tasse du sac et j’ai jeté le sac. J’attends que tout le monde se lève et nous finissons par quitter vers 9h10. Jean-Paul va mettre de l’essence et fait laver la voiture en même temps. Assez rigolo comme lave-auto. Le conducteur rentre la voiture en plein milieu du lave-auto, sort et les portes se referment. Tout se fait au même endroit, lavage sans contact et séchage. Les portes s’ouvrent plusieurs minutes plus tard et l’auto est propre.

 

Nous voici donc en route pour l’Italie par l’autoroute. J’avais déjà pris cette autoroute lors d’un précédent voyage où je m’étais rendue à l’aéroport de Nice. C’est vraiment beau. Il y a des lauriers-roses en fleurs presque partout, au milieu des voies. Ici au Québec on a du gazon et de la mauvaise herbe. Partout où il y a quelque chose de particulier au niveau de la flore, c’est indiqué sur des panneaux. On voit les pins parasols si typiques du sud de la France, des chênes verts, des cyprès de Provence, des pins d’Alep. Il y a également des panneaux indicateurs qui mentionnent la vitesse tolérée en raison de la pollution. A cause d’un indice de pollution très élevé à cause de la chaleur, nous devons rouler qu’à 110 kms… On se fera dépasser par une multitude de conducteurs pressés et non conscients de la pollution. Sur le chemin, Jean-Paul nous indique l’endroit où plusieurs années plus tôt un barrage a cédé en tuant une centaine de personnes. On voit au loin les immenses blocs de béton qui ont été charriés par la force de l’eau. Impressionnant. C’est une succession de champs de vignes; il y a encore un peu de brume matinale. C’est féerique. Nous sommes dans le massif de l’Estérel, donc on monte et on passe à travers des tunnels. Tout le long de l’autoroute, des sorties au nom évocateur, Nice, Cannes, Mougins, La Napoule, Saint-Tropez. La Rivière française. Les murs anti-son sont assez inusités. Il y en a en vitre, et un autre en béton d’une hauteur d’au moins trois étages et dont il y a des blocs qui en ressortent pour faire des bacs à fleurs ou plutôt à plantes grasses et cactus. Mais pour sa beauté, nous devons payer. Hors, cela coûte pas loin de 20 euros pour se rendre en Italie. On fait un petit arrêt sur un promontoire où nous devrions voir le rocher de Monaco. C’est très très brumeux et on voit strictement rien. Nous sommes presque rendus en Italie. Encore un tunnel et on devrait y être. On se fera dépasser par deux Ferrari. Demandez-le à mon neveu, il s’en souviendra le reste de ses jours.

 

Nous sommes en Italie. Depuis l’harmonisation des frontières, seul un petit panneau nous indique que nous sommes en Italie. Le petit village où nous allons, Vintimille, ou Ventimiglia en italien, est bâti sur le bord de plage et à flanc de collines. Il y a des cultures maraîchères qui se font tout le long de la colline. Cela ne me semble pas évident pour la récolte car la côte est abrupte et c’est quand même un petit mont qui fait facilement la hauteur de notre Mont-Royal, sinon plus. On fait le tour du bord de mer afin de se trouver une place pour garer; il y a plein de restaurants et il est quand même midi passé. Aucune place, de guerre lasse on aperçoit un panneau indiquant un resto en haut de l’une des collines. On part à l’assaut de la colline. D’un côté on a le ravin, de l’autre le flanc de montagne. La route est tellement « large », que bien souvent Jean-Paul klaxonne dans une courbe pour s’annoncer. La route allait pour les charrettes et les chevaux mais très étroite et sinueuse pour les autos. On finit par arriver au sommet. Oups, ce n’est pas un resto ordinaire, mais plutôt un resto chic où le menu débute à près de 39 euros. Finalement, après une concertation très rapide, on redescend. Sur le chemin du retour, un espèce de con nous klaxonne et finit par nous dépasser. Devait arriver ce qui arriva, on le dépassa un peu plus loin… La voiture du con et celle d’un pauvre homme qui venait en sens inverse s’étaient tamponnées. On ne peut pas dire que Jean-Paul était malheureux pour le con, au contraire, nous étions tous relativement souriants. On avait un peu pitié du pauvre homme qui était en train de se faire enguirlander par ce con.

 

On refait le tour de la plage et finalement on trouve un endroit pour se garer juste en face d’un petit resto sympathique en bord de mer. Comme les Français le disent : « On avait le cul bordé de nouilles », traduction : on a été très chanceux. Après un lunch délicieux et bien arrosé, les enfants et Jeanine vont se mettre les pieds à l’eau. A leur retour, j’apprends que la Méditerranée est chaude! J’y vais avec Anne-So. C’est une plage de galets – difficile pour la marche. Wow! Pour la première fois depuis mon premier voyage en 1985, la Méditerranée est chaude. Pour bien faire, je n’ai pas le temps de me baigner et je n’ai pas de maillot.

 

On reprend la route pour le retour. On passe dans l’arrière-pays. Le paysage est fantastique. Nous sommes dans les collines et parfois, à flanc de montagne, on voit une porte. Oui, une porte en plein milieu de la montagne. Maintenant, ces maisons sont abandonnées, mais elles étaient creusées dans la montagne. On passe à travers moult tunnels. Juste avant de franchir à nouveau la frontière, on arrête dans un petit magasin/café où Jeanine et Jean-Paul achètent vins de Marsala, huile d’olive et vinaigre balsamique. Comme c’est un retour par l’arrière-pays, on franchit col après col. L’un deux, le col de Brouis est à 702 mètres d’altitude. L’estomac semble tenir bon mais ce n’est que monte, descend, tourne, monte, descend, tourne. La fatigue nous gagne tranquillement. A part Jean-Paul, le pauvre, qui conduit, on ferme tous à un moment donné les yeux. On finit par couper à travers colline vers Menton.

 

Finalement le bord de mer. Le bleu du ciel et le bleu de la mer s’entremêlent au loin. Il y a des voiliers et des bateaux qui naviguent paisiblement. La mer est d’encre. Pas une ride, pas une vague. On arrive à Monaco. On passe sous le tunnel où la course de formule 1 passe – dixit Frédérick. On gare la voiture en face du port où sont amarrés quelques bateaux avec équipage… On est loin de la petite barque. On marche un peu en bordure du quai où l’on peut admirer la vie des gens riches à bord de ces luxueux bateaux. Au loin est amarré le « bateau de plaisance ». En haut, on aperçoit le palais de la famille Grimaldi. Partout à flanc de rocher, on n’aperçoit que des édifices en hauteur. Il ne reste presque plus de ces vieux édifices monégasques. Rainier a été critiqué pour avoir vendu, parcelle par parcelle, le rocher à des promoteurs. A regarder vite, on se croirait en Floride. Il n’y a plus vraiment d’âme. Du fric, oui, mais sans plus. Au moins Rainier est milliardaire maintenant. On remonte en voiture. Un petit arrêt rapide où Jeanine et Anne-So vont aller acheter un immense drapeau rouge avec l’insigne Ferrari dessus pour l’anniversaire de Thierry. On veut aller au palais. On finit par rebrousser chemin – il faudrait payer pour stationner la voiture et payer pour visiter. Semblerait que le rocher est réputé pour son « tout est payant ». Il faut bien que Rainier s’enrichisse. On passe deux fois devant une boutique de chaussures. Ah là là, une chance que les magasins soient fermés. Mon rêve dans la vitrine. Une paire de cuissarde à talons plats. Je vais en rêver longtemps.

 

On continue notre périple sur la route qui longe le bord de la mer. On passe devant différentes « petites » maisons de villégiature. Jean-Paul entre dans le petit village de Saint-Jean Cap Ferrat; à voir absolument. Là il y a de l’argent mais du vieil argent. Chic et discret. Dans la baie, un immense bateau mouille. On voit également l’ancienne résidence de Léopold II, roi de Belgique. Quelle différence d’avec Monaco. On se dirige vers Nice où nous prenons la National 7. A Cagnes-sur-Mer, on quitte la nationale et on retourne sur l’autoroute. Le trafic est assez dense et il est déjà 20h. A Fayence, petit village, on arrête manger sur les bords d’un lac. Comme les toilettes auraient besoin d’un coup de balai, on décide d’aller dans un arrêt pipi public sur les bords de l’autoroute. On en trouve une très propre. Frédérick ressort du côté des hommes très perplexe. Il n’y a qu’un trou…. Et oui, les fameuses toilettes turques. On en a de notre côté aussi mais nous avons aussi une toilette « ordinaire » dont la chasse d’eau se tire lorsqu’on ouvre la porte. Au moins, cela évite les oublis des enfants. Nous rigolons bien de la tête un peu surprise de Fred. Au retour, on raconte les frasques de notre jeunesse. De temps à autre, au loin nous voyons des feux d’artifice. Demain c’est le 14 juillet, fête nationale des Français. Nous sommes de retour de notre périple à 23h30 tous crevés.

 

Observation :     Les cantaloups du Luberon sont les meilleurs. On en mange pratiquement à tous les jours. Ils sont juteux et sucrés. C’est vraiment un délice divin.

 

Anecdote : Frédérick adore les voitures. Alors que je prends des photos des paysages, il prend des photos de voitures. A part les deux Ferrari qui nous dépassent sur la route, il aura compté cette journée-là exactement 32 porsches, de la Carrera à la Boxter. J’apprends que la Boxter est le modèle « cheap ».

 

Lundi 14 juillet 2003

 

Aujourd’hui c’est la fête nationale des Français. Je me lève vers 8h45. Après avoir fait la farniente toute la matinée et pris un bon lunch, Jeanine décide de nous entraîner vers Marseille. J’ai chaud avant de quitter, j’ai même très très chaud. Je suis la seule puisque tout le monde s’entend à dire qu’il fait moins chaud que la veille. Mais entre un 38oC et un 40oC, la différence n’est pas vraiment notoire pour moi. J’ai chaud, point à la ligne. Nous voici donc les quatre dans la petite Clio non climatisée de Jeanine ou comme les enfants le disent avec la clim arabe – traduction : clim manuelle, i.e. plus on va vite plus l’air entre dans la voiture qui a ses fenêtres baissées.

 

On passe devant le magnifique Plan de Campagne avec son non moins magnifique Géant Casino. Cette fixation, que les enfants de Jeanine croient que j’ai, n’en est pas une. C’est que lors de mon premier voyage en Provence, Jeanine allait faire ses courses à Plan de Campagne presqu’à tous les jours. Donc, dans mon récit j’ai relaté cet état de fait. Et Jeanine, de dire par la suite que je ne rêvais que de Plan de Campagne. Voilà, c’est dit Jeanine, je n’ai jamais fait de fixation sur Casino, mais j’aime bien y aller car les étalages de vin m’impressionnent, sans parler des chocolats et autres gâteries et ceux qui me connaissent bien, savent que j’aime bien aller faire l’épicerie.

 

Nous arrivons enfin à Marseille. On croise les doigts car Jeanine n’est pas certaine du chemin pour aller à l’église Notre-Dame de la Garde. On passe devant le vieux port où mouillent plein de petits voiliers. On est loin de l’étalage de richesse de la Côte d’Azur. On finit par trouver la bonne rue et on monte, on monte, on monte et on arrive à l’église. Quelle belle vue de la ville de Marseille qui s’étale à nos pieds. Anne-So m’entraîne dans les escaliers jusqu’en haut d’une petite tour d’observation. On prend les photos d’usage. J’ai chaud, j’ai chaud, j’ai chaud.

 

On redescend et on va brûler nos petits lampions Anne-So et moi. On visite la crypte qui est plus fraîche. Mais j’ai chaud. Au sortir de la crypte, on arrive face à face avec Jeanine et Fred. Ils ont pris l’ascenseur. Je les regarde d’un œil torve. Je vois qu’il y a une cafétéria. J’y trouverai certainement de l’eau froide, car j’ai chaud. On reprend l’ascenseur; la cafétéria est fermée mais il y a des automates. On achète deux mégas bouteilles d’eau froide. Je tremble et je suis couverte des pieds à la tête de sueur. Je suis en train de faire un coup de chaleur. Je m’assois et je cale le quart de la bouteille d’eau d’un coup. Anne-So demande un kleenex à sa mère et le trempe dans l’eau. Je me le passe dans le visage et le cou. Ça se calme un peu. Ouf, il fait encore chaud mais je sens que la température de mon corps est redescendue. Il était moins une avant que je ne m’effondre sur le sol. Il semblerait que j’étais assez colorée.

 

On reprend la voiture. Jeanine ne prend pas le même chemin et on est légèrement paumés. Anne-So est au téléphone avec Florian. Presque tous les Français ont maintenant un appendice de greffé à la main : le cellulaire. Florian viendra coucher ce soir chez Jeanine. Cette maison a l’allure d’un hôtel. Il y a toujours quelqu’un qui squatte et lorsque la maison est trop pleine, c’est l’un des enfants qui va squatter ailleurs.

 

Au retour, on va aux Milles et Carrefour. On achète quelques trucs pour le soir et le lendemain. Malgré la chaleur, il faut quand même manger. A un moment donné, Jeanine s’éloigne et me dit de rester où je suis. Pas problème, je suis à côté d’un endroit où l’on peut goûter fromage et saucisson sec. Anne-So vient me rejoindre et on prend notre goûter. Super, en plus nous sommes juste à côté de la mozzarella de buffle. Jeanine en prend un paquet et un autre ordinaire et ce soir nous ferons la comparaison.  C’est quand même pas mal, Carrefour est ouvert le jour de la fête nationale des Français. Il faut dire que nous le savions car lorsque nous y étions allés samedi, on avait vu les panneaux qui l’annonçaient et on s’était dit que peut-être on reviendrait. J’achète un paquet de trois petits pots de rillettes pour mon neveu Frédérick. L’année précédente, je l’avais invité au resto et il y avait un petit pot de rillettes de porc avec des tranches de pain grillé. Il avait adoré. On est quand même dans le pays qui a inventé les rillettes. Jeanine en achète un pot aussi pour le soir ainsi que quelques paquets de bâton du berger à picorer (les saucissons secs). On en a picoré un plein paquet Anne-So et moi. Non mais, il ne me reste qu’une soirée pour me gaver dans les trucs hyper-cholestérol. Faut quand même pas baisser les bras si tôt.

 

On passe chercher Florian. Les rues sont tellement bizarres en France, que nous devons aller dans une entrée quelques mètres plus loin, faire demi-tour et là, on peut prendre l’entrée où habite Florian. On ne peut pas tourner et prendre la rue car elle est parallèle à la route. On réussit à coincer Florian en arrière entre moi et Anne-So. Que de sueur!

 

On revient à la maison les bras chargés encore une fois. Jeanine doit quitter de 19h à 20h pour rencontrer le directeur du programme où elle travaille ainsi que l’épouse de ce dernier. Ils quittent eux aussi le lendemain. On attend aussi un appel d’Anne-Laure (la nièce de Jeanine que j’ai vu à Paris). Elle est supposée de venir à Aix et arriver vers les 18h-19h. Jeanine quitte, moi je continue de lire mes Largo Winch, non sans avoir terminé ma valise. Je n’ose même pas la soulever car je ne sais pas si la poignée va s’arracher ou si ce sera mon bras qui va se détacher de mon corps. Et en plus, j’ai le moulin, le sac à cosmétique et la bouteille de vin de mon frère qui, eux, iront dans mon sac à dos. Tant qu’à y être pourquoi ne pas être écartelée aussi?

 

Le téléphone sonne, c’est Anne-Laure qui est à Avignon pour assister à un festival qui a été annulé. Elle s’est fait donner de mauvaises indications ce qui fait qu’elle devra passer par Marseille pour arriver à Aix. D’une balade de 45 minutes en autobus, cela deviendra une balade de 2 ½ heures. Jeanine revient et je lui fais part que nous ne serons que cinq pour le repas. Thierry, le fils de Jeanine, arrivera par train de Paris vers les 19h30. Jean-Paul ira le chercher avec les trois enfants pendant que Jeanine et moi préparons tranquillement le repas.

 

Tout le monde revient et on se raconte nos quelques jours. Thierry nous raconte qu’il a fait le coup du « mais pourquoi le métro n’arrête pas » à Paul. Il semblerait que Paul a encore une fois bien ri. Dès que l’on termine le repas, il est temps de repartir en ville car c’est le feu d’artifice du 14 juillet sur le Cours Mirabeau. Les enfants quittent de leur côté et Jeanine et moi partons vers l’appartement du directeur car sa femme n’était pas venue au rendez-vous. Elle devait finir ses valises. Donc après le repas on devait se rendre rencontrer quelques minutes la dame. Après un paquet de détours (sens unique) on arrive à l’appartement. J’attends dans la voiture. Jeanine revient quelques minutes plus tard. On doit rouler vite car Anne-Laure va être au terminus vers 22h30. On arrive à temps. Anne-Laure dépose ses valises dans la voiture et part rejoindre les enfants sur le Cours Mirabeau. Des feux d’artifices, Jeanine et moi aurons entendu la pétarade et on n’ aura vu qu’une fumée épaisse. On retourne à la maison bredouilles.

 

Finalement les jeunes reviennent une quinzaine de minutes après nous car il y a trop de monde. Il leur est impossible de se rendre au bal. Ils finissent dans la chambre d’Anne-So pour écouter des épisodes de « Friends » sur son ordin. Fatiguées, Jeanine et moi écoutons un peu les nouvelles et on part se coucher. Thierry et Florian dormiront sur des matelas pneumatiques que Florian a apportés dans le salon. Anne-Laure couchera dans la chambre d’Anne-So. Je vous le dis, chers lecteurs, c’est un hôtel que ma copine tient. En prime, on y mange très bien.

 

Mardi 15 juillet 2003

 

Jour du départ. Lever à 8h. Ma valise est bouclée. J’ai tenté de la lever. Effectivement, c’est un coup à s’y détacher un bras. Je déjeune (petit-déjeune pour mes amis Français) avec Jeanine et Florian. C’est un jour de marché. On part Jeanine et moi se balader un peu dans les rues d’Aix. Il fait encore très chaud. A notre retour, Frédérick et Thierry sont levés. Comme on avait oublié le pot de rillettes dans le frigo la veille, Fred en prendra pour le petit-déjeuner. Il aime bien. Pour ajouter un peu de poids à mon sac à dos, Jeanine m’offre la carafe d’eau, supposément achetée pour une copine française. Elle est superbe la carafe. Je suis super heureuse. Malheureusement, il est temps de quitter. Pour la deuxième fois du voyage, je serre Anne-So dans mes bras malgré la chaleur. J’aurais bien aimé rester mais je suis contente de revenir à la maison.

 

Thierry descend ma valise et réussit à la coincer dans la Clio. On part et Jeanine réussit à se tromper de chemin. Une chance que Thierry, la boussole incarnée, nous remet dans le bon chemin. On repasse une dernière fois devant Carrefour. Adieu et à la prochaine, Carrefour! Soupir.

 

Ça y est, nous sommes à l’aéroport. On donne nos billets et on pèse les valises. Oups, la mienne fait 30 kilos. En « québécois » ça fait 66 belles grosses livres... C’est pesant. On va s’asseoir une dizaine de minutes ensemble. Malheureusement, il est temps que nous nous quittions. Après les accolades et les remerciements, Fred et moi franchissons la porte d’embarquement. J’ai le fichu de sac à dos sur mes épaules. L’écartèlement est sur le point de se faire. Fred ne veut pas avoir le sac lorsqu’il passe à la fouille. Naturellement, il se pousse au plus vite et je dois transporter ce sac jusqu’à l’avion. On est assis à l’arrière de l’avion. On décolle peu de temps après. Une petite collation, où je choisis pour Fred son sandwich, et on arrive à Roissy.

 

Frédérick me largue mon sac à dos et on sort de l’avion. On a pas à changer de terminal. C’est super. Tout ce que l’on a à faire c’est repasser au contrôle des bagages. Là ce coup-ci, on me demande si j’ai une statue dans mon sac. Je dis que non, seulement une carafe d’eau. Soudainement je me souviens de mon moulin. Je leur dis et tout est ok. Nous sommes dans le nouveau terminal F de Roissy. Il est tout vitré – tout le tour et au plafond. Comme il fait environ 38oC à Paris cette journée-là, on est comme dans un four. La clim ne fournit pas. Il fait chaud, chaud, chaud et en prime c’est un peu humide. Bof, on devrait embarquer d’ici une heure dans l’avion. Fred part se chercher une bouteille d’eau. A son retour, c’est moi qui va faire le tour, car on laisse sous la surveillance de l’autre le sac à dos. J’achète un pot de confiture de rose à maman et je m’achète un pot de marmelade avec les euros en pièces qui me restent. Et hop, dans le sac à dos avec les deux revues d’Air France que je prends dans l’aérogare. Tant qu’à être écartelée à petit feu, aussi bien donner le grand coup. On nous appelle à 16h. L’avion devrait quitter le sol à 16h45. Je finis par embarquer, dans les dernières, vers 16h40. Fred m’avait laissé le sac à dos. On s’assoit, moi au milieu et lui dans l’allée. Il n’y a plus personne qui entre dans l’avion et le siège côté hublot reste vide. Fred le prend. On attend, on attend. A deux reprises, les agents de bord viennent nous voir pour nous demander si nous ne voulons pas changer de place. Jamais, on a encore le banc juste en avant de la paroi. Personne pour nous descendre le banc sur les jambes. Finalement, l’agent de bord amène une jeune fille pour s’asseoir entre nous deux.

 

Il est plus de 17h et on attend. Il commence à faire chaud. Le commandant de bord nous annonce qu’il y a un problème avec la clim et qu’une équipe s’affaire à la réparer. Tout devrait être correct d’ici cinq minutes. On attend, on attend. Dix minutes plus tard, le commandant nous annonce que la réparation va être effectuée en dedans d’une heure. Il fait chaud. Comme nous sommes dans la dernière section de l’avion, dans la queue quoi, la chaleur y est plus soutenue. Les agents de bord passent de l’eau et des jus avec de petits sachets de biscuits salés. Comme nous sommes les premiers à côté de l’endroit où sont stockée les victuailles et les boissons, nous sommes les derniers à être servis. Au bout d’une heure, le commandant nous annonce que les réparateurs doivent couper le bloc d’alimentation extérieur de la clim pendant quelques minutes. On nous dit également que c’est un bloc extérieur, donc cela climatise moins. On avait pas besoin de nous le dire. On s’en était aperçu. Là, sans clim, on cuit. On entendrait une mouche voler car il fait tellement chaud que nous sommes tous collés à nos sièges, incapables de faire le moindre geste. La figure qui me vient en tête, c’est que nous sommes dans une boîte de sardines qui a été oubliée au gros soleil. La sueur dégouline dans tous les visages. Même les agents de bord sont KO. Le commandant nous revient en disant qu’ils sont sur le bord de réparer et qu’ils ont remis en marche la clim extérieure. Un semblant d’air moins chaud revient dans les bouches d’aération. Une dizaine de minutes plus tard, le commandant nous annonce deux nouvelles, la première c’est qu’ils ont trouvé le problème, la deuxième, on change d’avion car ils ne peuvent pas réparer. Toujours selon le commandant, Air France a prévu des rafraîchissements et des sandwichs dans l’aérogare. Il ne faut pas oublier que si nous avons besoin de clim sur le plancher des vaches, il faut de la chaleur rendu à 40 000 pieds car il fait moins 40oC en haut. Et comme le commandant parle en français, je traduis pour la jeune fille qui est entre nous. Elle vient d’Afrique du Sud et est en transit à Roissy.

 

Fred sort le sac à dos et s’en charge. On sort de l’avion. Notre autre avion sera à une porte plus loin. On part, avec la jeune fille, s’asseoir tout près de l’autre porte. Ne pas oublier également qu’il fait très très chaud dans l’aérogare. Vivement qu’on gèle. Finalement, les liqueurs, eau et sandwichs arrivent. On a trois choix, thon, jambon ou œufs. On prend chacun un choix différent. J’ai celui au jambon et c’est pas un succès fou. J’en mange même pas une moitié. Par contre, l’eau était la bienvenue. Fred et moi allons téléphoner à sa mère afin de l’aviser de notre retard. J’ai ma carte d’appel de Bell mais pas le numéro à composer pour les appels outre-mer. Au moins, j’avais pensé à prendre mon code; pas vraiment utile sans le numéro à composer… Je vais aux toilettes après. Je passe devant Longchamp (fabriquant de sacs à main haut de gamme). Je repasse devant Longchamp. Je craque et je vais demander le prix du magnifique sac à dos qui est sur l’étalage. Il y est encore sur l’étalage; à 200 euros c’est un peu cher. Je l’aurais acheté à 150 euros mais 200 ça fait quand même 320$. Je reviens m’asseoir et je discute avec la jeune sud-africaine. Près de deux heures plus tard, on embarque dans un nouvel avion. En tout et partout on aura près de 3 heures de retard.

 

L’avion bouge, on recule, on avance et on arrive au début de la piste. Au loin, le ciel est noir et il y a des éclairs. Il y a une tempête à l’horizon. On attend, on attend, on attend. Le commandant de bord nous revient. On doit attendre que les avions qui arrivent se posent. Il y a beaucoup de vent et certains avions doivent même remettre les gaz, faire un tour et revenir tenter de se poser. Il nous dit qu’il se peut même que nous devions changer de piste à cause des vents violents. On compte neuf avions qui se posent à la queue leu leu. Finalement, on décolle. Oui, il est 20h45 et l’avion quitte le sol français. On nous sert le repas. L’équipage est vraiment gentil. Les lumières s’éteignent et c’est le temps du film. Je finis par m’assoupir.

 

Il est 23h lorsque nous atterrissons à Dorval. Pour nous, il est 5h du matin. Mon neveu me largue le sac à dos. Dès la sortie de l’avion, il part au pas de course. Il est inutile de dire que je suis loin de courir avec mes 25-30 livres sur les épaules. En plus de la déclaration remplie dans l’avion, nous devons en remplir une seconde concernant le SARS. Finalement, je passe aux douanes. Rien à déclarer. Fred a récupéré sa valise; la mienne arrive. Elle ne semble pas légère. Un dernier douanier et nous voici en terre québécoise où la mère de Fred nous attend. Le voyage est terminé.

 

Anectode : Durant notre attente, entre les deux avions, les participants à une chorale qui embarquaient pour Montréal se sont mis à chanter A Capella. Ils ont chanté 4-5 chansons et ils ont été chaudement applaudis par tous les passagers. Je suis certaine que le fait de les entendre chanter a calmé bien des frustrations causés par la chaleur, le retard et la fatigue. L’adage dit bien que la musique adoucit les mœurs.

 

 

Pour votre plaisir, j’ai inclus à la dernière page, la légende des cigales que j’ai trouvé sur la porte du bureau de Jeanine.


La légende des cigales

 

 

L’histoire a lieu au temps où les anges

venaient passer leurs vacances en terre provençale.

Un jour, ils arrivèrent au grand soleil

et furent surpris de ne point trouver âme qui vive,

et de trouver de nombreuses terres en friche.

Fort surpris, ils allèrent frapper à la maison de Dieu

et furent encore plus surpris de trouver le curé,

non pas en prière mais dans une sieste majestueuse.

Celui-ci leur expliqua

que le seigneur leur dispensant soleil en abondance

les gens du coin se mettaient à l’ombre des oliviers

pour se préserver de ses terribles rayons.

L’un des anges demanda : mais quand travaillent-ils alors?

À la fraîche, répondit le curé.

Un peu le matin, un peu le soir.

Voilà ce qui explique l’état des champs.

Ils s’en retournèrent au ciel conter leur aventure à Dieu,

qui décida de créer une espèce d’insecte « tambourinaire » qui,

quand brillerait le soleil, ferait de la musique

pour empêcher les gens du pays de dormir.

Et c’est ainsi que naquirent les cigales.

La Provence - 2000 (1ère partie)

Vendredi, le 7 juillet 2000

 

Départ hâtif du bureau à 15h afin de me permettre de faire une sieste. Je vérifie par internet le départ de notre avion. Oups! Il a disparu. Après avoir téléphoné à Air Transat, je m’aperçois que le vol sera retardé d’une heure trente, ce qui nous amène à minuit. Je fais parvenir un message à Laurent, le mari de Christiane qui nous héberge pour nos deux nuits parisiennes, afin qu’il ne se pointe pas à Roissy trop tôt et que si le vol est trop retardé, qu’il nous laisse prendre la navette. Espérons qu’il lira le message car il doit récupérer son fils à Orly une heure plus tard que nous.

Ma belle-sœur Marthe arrive avec ma filleule Mélissa vers 18h15. Elles ont été reconduire mon frère à l’aéroport de Dorval. Jocelyn sera à Paris durant les deux premières journées de notre séjour à Mélissa et moi, car j’amène ma filleule dans mon périple. On a un siège à côté du hublot et avec beaucoup d’espace pour nos jambes car il y a un mur séparateur devant. Achat de chips et eau pour Mélissa et muffin pour Marthe. Cette dernière quitte vers 20h45. On lit durant une heure. A 22h, on lève et on va aux toilettes. Un parapluie a été oublié dans la mienne. On passe les portes et on va au Duty Free. Achat du whisky pour Jeannine et d’une lotion pour moi. Finalement, on quitte le sol québécois à 1h du matin. C’est la première fois que je prends un avion qui ne quitte pas à l’heure. Il faut toujours une première fois… Le souper à bord n’est pas si mal, bœuf et gratin de pommes de terre. On dort la majorité du temps.

 

Samedi, le 8 juillet 2000

 

Arrivée à 13h à Roissy où il ne fait que 18oC, gris et pluvieux. Nous devions atterrir à 11h45. On prend un autobus qui nous amène au terminal où nous devons récupérer nos valises et passer au contrôle douanier. Après avoir passé la douane, on se rend au tapis. Après cinq minutes de marche, il arrête. Un employé fait le tour, vérifie et rien. Pendant près de trente minutes rien ne se passe. Finalement, ça redémarre. On finit par récupérer nos valises. Arrivée aux portes, j’aperçois Laurent avec son fils Paul. Je suis mal à l’aise car Bastien attend à Orly qu’on le récupère. Laurent nous mentionne que le temps gris, pluvieux et froid dure depuis un bon bout de temps. Finalement, il nous dépose près du métro de l’Étoile et qui se rend directement à l’hôtel de mon frère, Jocelyn.

Nous marchons un peu et nous nous rendons au métro après que Mélissa ait rouspété. Il a quitté sa chambre pour quelques minutes. Nous montons et attendons. En regardant par la fenêtre, qui j’aperçois, mon frère à table au bistro d’en face. On s’y rend et nous mangeons un peu. On se rend aux Champs Elysées qui sont à un coin de rue. Dans le boisé qui longe les Champs, on trouve un genre de resto ambulant où Mélissa commande une crêpe à la banane et nutella. Les deux vendeurs ne semblent pas avoir vendu souvent ce type de crêpe… Finalement, nous faisons les magasins sur les Champs. Jocelyn se trouve un gilet et Mélissa une paire de bermudas. Comme je veux me rendre tout près des Galeries Lafayette, soit chez le parfumeur Fragonard, on prend un taxi, car Mélissa ne veut pas prendre le métro; elle n’a que le mot taxi à la bouche. Malheureusement, on s’y prend trop tard, je cherche la rue sans la trouver et il est déjà 18h. On retourne à l’hôtel.

Après s’être reposés une heure, nous quittons l’hôtel pour aller rejoindre Camille et son copain Ivan au resto. Camille est ma copine chez qui nous nous rendrons demain soir pour un court séjour d’une journée à Bruxelles. Ivan demeure à Vancouver mais est d’origine bulgare. Je l’étonne en lui parlant un peu russe. Nous choisissons chacun notre repas. Mélissa fait un peu la tête car cela ne ressemble en rien à la nourriture québécoise. Camille est au vin blanc, quant à mon frère et moi, nous prenons une bouteille de rouge « au compteur ». En fait, le restaurateur calcule le prix à facturer pour la bouteille de vin selon la quantité prise. Nous buvons la bouteille. Pas besoin de calculer. On se laisse à 22h45 et nous donnons rendez-vous à Camille à l’hôtel de Jocelyn pour 18h le lendemain soir. Mélissa va dormir à l’hôtel de Jocelyn.

Comme il fait nuit, je prends un taxi pour rentrer chez Laurent et Christiane. Je traverse la Place de la Concorde et j’aperçois au loin la Tour Eiffel tout illuminée. Paris porte bien son nom de Ville Lumière. Tous les édifices sont illuminés, tels les Invalides, les différents ponts que nous voyons au loin, l’Arc de Triomphe brièvement aperçu au loin. C’est magnifique.

Le taxi me débarque devant la porte. Ayant en main les clés, je cherche le trou de la serrure… Pas de serrure. Qu’une sonnette. Je ne veux pas réveiller personne. Je ne peux quand même pas sonner. Peut-être suis-je à la mauvaise rue. J’avise d’un petit restaurant-pizzeria tout à côté. Je rentre et leur demande si je suis bien à la Place du Commerce. On me regarde comme si je débarquais d’une autre planète. Oui, je suis au bon endroit. Bon, je décide de sonner. Je ne puis quand même pas passer la nuit dehors. En fait, la sonnette ne fait que débarrer la porte. J’ouvre la porte et me retrouve dans un vestibule avec une porte vitrée. Ah, la voilà la première porte qu’il me faut débarrer. J’avise de l’escalier à ma droite. J’ai vu sur les boîtes aux lettres le nom de mes amis. Appartement 13. Voilà, je commence à monter. L’escalier est en colimaçon et monte assez raide. Je monte, je monte et pas de numéro aux portes. Non, ce serait trop simple… Je monte, je monte, soudain j’entends des voix au loin. Je continue à monter. J’arrive devant une porte ouverte. Je cogne sur le cadre de porte qui est en métal et qui étouffe les bruits. Une femme apparaît dans l’embrasure et sursaute en me voyant. Je lui demande où se trouve l’appartement de Christiane et Laurent. Elle me dit qu’il est tout en bas, que je n’y suis pas du tout et me mentionne qu’avec mon accent je ne puis être qu’une amie du Québec. On prend un microscopique ascenseur – et vlan pour ma claustrophobie – et nous redescendons jusqu’en bas. Je n’aurais jamais dû prendre l’escalier, ce que j’aurais dû faire c’est redescendre les trois marches qui étaient à côté de l’ascenseur, ouvrir la porte et je me serais retrouvée dans la cour intérieure et là, au fond complètement, la maison de Christiane et Laurent y était. Ah, la France. Cherchez à savoir et comprendre. La voisine qui est une copine de mes amis se met à sonner à la porte car elle a vu de la lumière à la fenêtre de la chambre. Elle aurait réveillé un mort. Je suis au troisième sous-sol, morte de gêne. Laurent arrive, suivi de près par son fils Paul et de Christiane. Seul Bastien a résisté aux assauts de la voisine.

Je parle un peu avec Laurent et Christiane et je vais me coucher. Christiane m’a réservé le traitement royal. La chambre de Paul et lorsque Mélissa viendra coucher le 11, elle sera dans la chambre de Bastien. C’est super car les deux chambres communiquent ensemble. Seul un petit escalier de trois marches et une porte les séparent.

 

Observation :     La couleur du ciel et des nuages n'est pas les mêmes en Europe et en Amérique du Nord.

 

Dimanche, le 9 juillet 2000

 

Je me lève à 11h45 en sursaut et en m’exclamant. Christiane cogne à la porte de la chambre en me disant qu’elle était persuadée que j’avais déjà quitté depuis longtemps. Je téléphone à Jocelyn et on se donne rendez-vous au Louvre à 15h30. On brunche Christiane, Laurent et moi tranquillement. Il fait gris, pluvieux et froid. Christiane me passe un K-Way qui appartient à Bastien, enfin un K-Way qui sera à Bastien lorsqu’il aura grandi un peu. C’est super sympa de leur part car tout ce que j’ai est un parapluie. Je regrette vraiment mon imper qui est resté dans la garde-robe à Montréal ainsi que mes jeans. Deux vêtements que j’ai pensé à apporter mais… voyons il ne peut pas faire froid en Europe à ce temps-ci de l’année. Quelle erreur!

Jeannine téléphone et on se dit quelques mots. Elle me suggère d’aller faire un tour chez Lancel pour les sacs à main. Ils sont soldés à moitié prix. C’est super de se parler car nous sommes tellement proche. Il ne reste que quelques jours avant de se voir.

Le métro est à deux pas de chez Christiane. J’arrive à 15h au Louvre, je me renseigne où se trouve la pyramide car c’est là que j’ai donné rendez-vous. J’apprends que la file d’attente est d’une heure au moins. Je me retrouve dehors et je m’assoie sur le socle de la statue de Louis XIV en les attendant. Cela fait rigolo car Louis XIV n’a jamais aimé le Louvre et a préféré habiter Versailles durant son règne.

Il commence à tomber du crachin. Je m’abrite sous un porche. Une chance car j’y lis que le Louvre ferme à 17h30. On ne pourra donc pas y aller. Jocelyn et Mélissa finissent par arriver vers 15h40. On décide que nous ne ferons pas la file. Je donne à Mélissa ses pantalons car elle n’est qu’en bermudas et elle a froid.

Nous nous rendons à l’Opéra à pied en prenant la rue Rivoli. On fait un peu les boutiques de souvenirs. J’y trouve l’Arc de Triomphe demandé par mon patron. Après avoir regardé un peu à l’intérieur de l’Opéra on quitte pour l’hôtel, non sans voir trois gendarmes à vélo! On prend un taxi et en passant par la rue des Capucines, je vois Fragonard. Voilà le repère est fait. J’y retournerai mardi, soit la journée où nous serons de retour à Paris.

Jocelyn et Mélissa jouent aux cartes en attendant que Camille arrive. Je monte à la chambre et j’appelle maman. Tout va bien au Québec. Camille arrive à l’heure. On doit toutefois retourner à son appartement qui est dans la banlieue nord-est parisienne, soit tout à côté de Disneyland. On longe la Seine. On voit au loin l’église Notre-Dame. On passe tout près de Disney où je vois le château de Cendrillon. On ramasse l’appareil photo d’Ivan et on file vers Bruxelles. On prend de petits chemins, ce qui évite le trafic de l’autoroute. On passe par le village d’Ermenonville où a vécu Jean-Jacques Rousseau. On s’arrête, le temps d’une pose photo, à la maison où il a vécu. On se retrouve sur l’autoroute. Allez hop la limite de vitesse. On roule à 140-160 km On arrive à Bruxelles vers 21h45.

Camille demeure au dernier étage d’un immeuble. On ne peut embarquer les quatre avec les valises en même temps. C’est donc deux par deux que nous montons dans le minuscule ascenseur. On commande deux pizzas et on se couche vers minuit trente.

 

Lundi, le 9 juillet 2000

 

Nous nous levons vers 9h. On s’habille, Mélissa, Ivan et moi décidons de petit-déjeuner au resto. Après informations car nous n’étions pas du bon côté de la rue, on prend le tramway qui nous amène tout à côté de la Grand Place. On doit composter nos billets tout comme en France. Nous nous en apercevons que lorsque les autres passagers le font. Bof, on aura un retour gratuit car nos billets, n’ayant pas été compostés, sont encore bons. Le tramway n’est pas que sur terre mais est également souterrain. C’est vraiment une expérience.

On descend à l’arrêt « Bourse ». On passe devant un Quick, resto du style McDo, et on s’y arrête pour manger. Les croissants sont très gras, je finis par en manger une moitié en ingurgitant un verre de lait. J’ai des nausées, quelle horreur. On quitte le resto, direction la Grand Place. Un gentil garçon nous voit chercher et s’arrête pour nous aider. On est tout près. On arrive dans un mail piétonnier. Nous y sommes à l’abri du vent et du crachin; on gèle-14oC, il fait gris et pluvieux.

On arrive à la chocolaterie Newhaus dont on m’avait fait une vive recommandation. On finit par déboucher sur la Grand Place. Que c’est beau! Le soleil finit par apparaître timidement, mais pas assez pour nous réchauffer. On reprend un autre mail piétonnier.

On finit par trouver une casquette pour mon neveu. Je regarde les dentelles. J’aurais voulu me trouver un châle mais il n’y a pas ce que je veux. Dommage. En plus, ils sont hors de prix, plus de 3000FB (conversion, 28FB pour 1 $CND). Retour dans le premier mail. Les mails donnent tous sur la Grand Place. Godiva reçoit ma visite. Un peu de chocolat pour Laurent et Christiane, pour mes parents et finalement un peu pour ma dent sucrée.

On finit par trouver le Manekenpiss. La légende dit qu’un petit garçon arrosa le début d’un incendie, que quelqu’un avait malicieusement allumé, en faisant pipi dessus. Après les photos d’usage, on va dans une boutique où je trouve la petite figurine qui représente le Manekenpiss à rapporter au patron. On se retrouve dans la rue où nous arrêtons manger. Je prends une salade. J’oublie de dire que c’est sans vinaigrette et on y a mis de la mayo. Il fait froid et humide et il pleut vraiment beaucoup. On décide de rentrer chez Camille.

En courant et sous le parapluie on finit par retrouver le chemin du tramway. On voulait revenir par un autre circuit, qui fait le tour de la ville, mais comme il pleut vraiment fort et que nous sommes déjà trempés et gelés, on opte pour le même tram. En ressortant de la portion souterraine, il fait soleil! Semblerait que Bruxelles est ainsi, averses, soleil, crachin, soleil, averses… et ce, de multiples fois dans la même journée. En arrivant, nous nous écroulons et nous faisons la sieste.

Après une heure de sieste, on a faim. On décide d’aller un peu à l’aventure et voir s’il y a des épiceries dans le coin. On finit par trouver une petite épicerie à un coin de rue. Il faut dire aussi que le condo de Camille est dans une très belle partie de Bruxelles, c’est-à-dire celle des ambassades et autres édifices de même type. On passe devant l’ambassade de Chine. Le type à l’épicerie reconnaît notre accent québécois. On prend un paquet de dinde en tranche, des doritos et des arachides. La dinde n’est plus bonne et l’épicier la jette. Nous la remplaçons par du jambon. Retour au condo. Mélissa et moi jouons aux cartes de 15h à 18h, heure à laquelle Camille devrait arriver. Nous croyons qu’Ivan a quitté l’appartement.

Camille arrive vers 18h15. Nous découvrons qu’Ivan dormait et n’était pas parti. Un petit verre de vin d’Alsace et nous voici tous prêts pour le resto. Camille nous fait faire un petit tour avant d’arriver au resto qui est super sympa. C’est l’une des meilleures brasseries de Bruxelles. Après le repas, Camille nous fait un grand tour de ville. Elle ne veut pas que nous quittions Bruxelles sous l’impression que c’est une ville froide, pluvieuse et grise. On voit le château du roi et autres édifices plus que centenaire. Le tout, entremêlé d’édifices très récents.

On se gare et on marche dans les rues de Bruxelles. Nous entrons dans une boutique où je trouve mes petites boîtes à bonbons. Wow, pas besoin d’aller à Londres pour en trouver. Je me prends aussi une cuillère représentant le Manekenpiss. Retour à la Grand Place qui est tout illuminée et où un groupe d’étudiants font la fête et chantent « Un pied mariton Madelon ».

On marche dans de très vieilles rues étroites. Camille nous amène voir une brasserie « Le Cercueil » qui est, selon elle, très lugubre. Malheureusement, le serveur ne nous laisse pas la visiter. On se rend donc à une brasserie-théâtre de marionnettes. Cette brasserie, sise dans une ruelle à peine assez large pour une personne, a été construite après l’invasion espagnole. Il faut dire que la Belgique a été envahie par les espagnols, les allemands et autres civilisations. Or, les espagnols avaient interdit aux belges de parler toute autre langue que l’espagnol. Les belges ont institué ce théâtre de marionnettes et qui leur permettaient de tourner en dérision l’envahisseur. Après une bière blanche pour Ivan et moi, un jus de pêches pour Mélissa et une tisane pour Camille, on retourne à la voiture. On rentre vers minuit.

 

Information : Il existe plus de 1 000 bières différentes en Belgique. Pour plusieurs, il y a même un verre spécifique pour la boire.

 

Mardi, le 11 juillet 2000

 

Lever à 6h30. Il pleut encore. Camille nous dépose au train. Après les bises d’au revoir ainsi que les remerciements, nous voici en route pour le train. Nous arrivons à l’heure prévue. Je décide d’aller porter nos sacs à dos chez Christiane. La fenêtre est ouverte et on entend de la musique. Toutefois, je sonne car je me souviens qu’il y a un système d’alarme et je n’ai pas le goût de voir poindre les gendarmes. Personne ne répond. On repart sur la rue où je trouve un tabac. J’achète une carte de téléphone. Naturellement, j’ai de la difficulté à l’insérer. Je demande donc l’aide de la dame. Il ne s’agissait que de forcer un peu. J’appelle au bureau de Christiane où l’on me répond qu’elle devrait chez elle. J’appelle chez elle et elle y est. Ouf! On peut aller déposer nos sacs.

J’appelle aussi Jean-Claude, un ami de Montréal qui est à Paris depuis la veille. Il attendait mon appel impatiemment. On se donne rendez-vous à midi à l’Opéra. Retour chez Christiane. Je prends une tasse d’eau chaude au grand étonnement de Christiane. On quitte et on prend le métro.

Nous sommes en avance et je me précipite à la Parfumerie. J’achète mon parfum ainsi qu’un autre pour maman. On ressort et on trouve un petit resto sympa sur le chemin. Je commande une salade sans vinaigrette et pour Mélissa un spaghetti. Malheureusement, ils ont mis du parmesan râpé dessus. J’enlève la couche de parmesan. Malgré tout, elle n’en mange que quelques bouchées.

On quitte en vitesse et on se rend à l’Opéra où Jean-Claude nous attend. Malheureusement, la visite guidée de midi vient tout juste de partir et il n’y en a qu’une seule par jour. Nous faisons le tour de l’Opéra en prenant photos. Nous allons au Café de la Paix après la visite.

En mangeant mon sandwich jambon fromage, je vois des gens sur des trottinettes à moteur. Une façon comme une autre de se véhiculer assez rapidement et sans fatigue dans Paris. On reprend le métro et on se rend à la Tour Eiffel. Sur le trottoir qui nous y mène, Mélissa craque pour 2 crayons à colorier très gros et moi, pour la première fois, je craque pour une petite peinture montrant la devanture d’un resto parisien.

Finalement on arrive et l’attente est d’environ une heure. On ne peut monter qu’au 2e étage. Le troisième est fermé en raison de la préparation des festivités du 14 juillet. Impressionnant la vue que nous pouvons avoir de là haut. Après les photos d’usage et la boutique de souvenirs on redescend au 1er. Là, c’est l’orange pressée qui se prend bien assis et avec une magnifique vue. Toutefois, le ciel est couvert, il vente et il fait froid. On quitte la Tour Eiffel. On se rend à l’hôtel de Jean-Claude pour l’arrêt pipi. On se quitte donc en se promettant de se voir à Montréal.

On reprend notre route pour aller vers l’église Notre-Dame. A la sortie du métro, il pleut des clous. On rebrousse chemin aussi sec. Voilà pour la visite de Paris. On revient chez Christiane. On regarde le menu du petit bistro au coin de la rue. On courre jusqu’à la maison; on attend que l’averse cesse.

Christiane offre à Mélissa de jouer avec les jeux électroniques des enfants et en particulier avec la station de jeux de Virginie qui est la jeune bonne qui vit à demeure chez mes amis. Mélissa disparaît jouer.

On prend le temps de parler tranquillement Christiane et moi et en particulier de son boulot et de son tout nouveau livre qui porte sur le Web et ses implications légales quant aux droits d’auteur. Christiane est une avocate de très grande renommée à ce sujet.

Mélissa revient de jouer et Christiane suggère que nous soupions tous ensemble et que nous allions chercher une pizza tout à côté. On envoie Mélissa qui revient perplexe car les types de pizza ne sont pas pareils. Elle y retourne chercher un menu et nous composons une pizza moitié-moitié entre elle et moi. Elle disparaît commander la pizza. Laurent arrive et nous soupons tous tranquillement. Dodo à 22h30 car le taxi commandé par Christiane arrive à 7h.

 

Mercredi, le 12 juillet 2000

 

Lever à 6h. Je déjeune du pain au chocolat acheté hier. Un dernier bonjour à Christiane qui s’est réveillée et nous quittons Paris.

Le taxi est à la porte à l’heure dite. On embarque et sur le chemin de la gare de Lyon, on longe la Seine. On aperçoit la Tour Eiffel, l’église Notre-Dame, les beaux appartements du XVIe et nous passons dans le tunnel de l’Alma, celui-là même où la princesse Diana a eu son accident mortel.

L’embarquement a lieu à l’heure; il est rarissime que les trains en France ne soient pas à l’heure. Mélissa dort une partie du trajet pendant que je regarde défiler le paysage à 300km à l’heure. On fait un arrêt à Avignon; toutefois, on ne peut voir le pont de la gare. Enfin, au loin se profile la Sainte-Victoire. Je sens que nous sommes tout près de Jeannine. Nous changeons de train dans la gare de Marseille. J’ai le temps de téléphoner à Jeannine pour lui faire savoir l’heure de notre arrivée à Aix. J’ai un peu d’aide d’un autre passager pour monter ma valise de trois tonnes dans le train. Pour passer le temps, nous jouons aux cartes. Il ne reste plus que 45 minutes avant d’arriver à Aix.

Jeannine et sa fille Anne-Sophie nous attendent à la gare. On finit par caser les valises tant bien que mal et Anne-Sophie et Mélissa doivent prendre le bus pour rentrer à la maison car on n’a pas de place dans la voiture.

Arrivée à l’appartement, je m’aperçois que nous devrons nous payer un escalier d’une vingtaine de marches pour arriver chez Jeannine. Les boîtes de conserve de maïs en grains crémeux, les deux pots de ketchup aux fruits et la bouteille de whisky sont très lourds…. mais on finit par monter le tout de peine et de misère et surtout en rigolant bien.

Les filles arrivent quelques minutes plus tard. Nous redescendons illico car Jeannine doit terminer un truc au bureau. Les filles et moi allons faire les premières courses. On achète herbes de Provence et savon de lavande. On entre au Monoprix où j’achète mon sac à sacs en tissus de Provence. Nous ressortons avec nos achats et allons se payer une bonne bouffe… enfin une bonne pour les filles au chic resto Quick! J’en suis quitte pour une salade aux fruits de mer qui est bien. Les filles font dans le hamburger et les croquettes de poulet. Il faut bien faire plus de 3 000 milles pour aller manger du junk food.

On va rejoindre Jeannine au bureau. On envoie les filles au vidéo et nous allons faire les courses sérieuses. Premier arrêt chez Lancel où un sac à main m’attendait ainsi qu’une ceinture pour mon père; deuxième arrêt chez Laura Ashley où je mets de côté un pallazzo et une petit chemisier. Il est 17h50 et le magasin ferme à 18h. On y essaiera demain. On retourne chez Monoprix où l’on achète la viande et on part chez le dentiste pour Jeannine. Au retour, on prépare la pierrade. Jean-Paul arrive et nous passons à table. On organise notre journée de demain.

 

Information :      Le mari de Jeannine, Jean-Paul, est directeur de l’Ecole nationale des arts et Métiers d’Aix. Or, l’appartement de fonction est fourni avec le boulot. L’appartement est très grand, avec trois chambres avec salle de bains, deux bureaux et un autre attenant à la chambre de leur fils Thierry ainsi qu’un salon, salle à dîner et grande cuisine.

 

Jeudi, le 13 juillet 2000

 

Après le petit déjeuner, Jeannine et moi partons pour le marché. Je craque pour une broche en forme de girafe. On retourne chez Lancel car pour bénéficier de la détaxe, il fallait que je présente mon passeport. La vendeuse pousse un soupir de soulagement à ma vue car ma carte de crédit n’avait pas passé la veille. On repasse la carte, on finit de remplir les papiers et nous voici en route pour Laura Ashley où j’achète le chemisier et le pantalon. On va chez mon santonnier habituel pour échanger trois santons représentant des animaux et qui sont trop grands par rapport aux autres que je possède. C’était un cadeau de Jeannine. Malheureusement, les santons ne viennent pas de cette boutique. J’en achète deux nouveaux et nous décidons d’aller chez l’autre santonnier lundi prochain.

Les filles nous attendent à la porte du bureau de Jeannine. Elles nous quittent pour aller chez le dentiste d’Anne-Sophie; quant à moi, j’aide un peu à Jeannine.

Il fait un peu plus chaud, un maigre 26oC, et il vente encore. Malgré tout, on va à la plage. L’eau est glaciale. Les filles se baignent peu mais jouent dans le sable. On s’installe à la terrasse d’un petit café où je prends le légendaire citron pressé, que je noie dans une mare de sucre. Pendant que je sirote le citron pressé et que je lis, Jeannine fait la sieste. La couleur du ciel est d’un bleu poudre délavé; un ciel de cette couleur sur une peinture aurait l’air faux tant tout est égal et sans nuage. A son réveil, je vais nous chercher une frite. A mon retour, elle dort encore. La frite est bonne, le ciel est bleu et l’odeur de la mer m’enchante. Je dois aller chercher les filles sur la plage en enfilant les baskets d’Anne-Sophie… très chic et pas un seul sifflet d’admiration.

Ou bien je vieillis ou je ne fais pas vraiment sexy avec les espadrilles d’Anne-Sophie d’où émergent deux jambes des plus blanches. J’attire plutôt un regard d’étonnement! Retour par les Milles, zone commerciale. Enfin, j’entre dans  Carrefour. Je me languissais de cet établissement où l’on vend vêtements, articles de jardinage, épicerie, électro-ménagers, en fait un type Club Price dans un bel établissement qui ne ressemble pas à un entrepôt. Le vin est acheté ainsi que les tablettes de chocolat qui reviendront avec moi.

Pendant que nous faisons l’épicerie, les filles vont au chic McDo du coin. Jeannine et moi nous choisissons du poisson pour le dîner. On finit par arriver à Aix vers 21h. Jean-Paul ne nous a pas attendues pour manger et finalement Jeannine et moi dînons ensemble de notre poisson.

 

Information :      Les jours de marché à Aix sont les mardis et les jeudis de 9h à 13h. Les vendeurs s’installent tout autour de la place et dans les petites rues avoisinantes. On trouve de tout au marché, lavande, herbes, vaisselle, vêtements, souliers, souvenirs divers, fruits, légumes et à de très bons prix.

La Provence - 2000 (2e partie)

Vendredi, le 14 juillet 2000

 

Journée de la fête nationale des français. On quitte à 11h15 pour Saint-Jean-du-Gard, petit village à l’ouest d’Aix dans Les Cévennes, où nous attend Michèle, une copine de Jeannine que j’ai rencontrée lors de précédents voyages, Jean-Michel son ami, Damien son fils ainsi que Thierry le fils de Jeannine. Thierry sera absent d’Aix durant toute la durée de mon séjour car je squatte sa chambre. Jeannine pique du nez et se réveille le temps de donner quelques francs pour payer notre passage sur l’autoroute.

Après courbes et montées, nous finissons par arriver chez Michèle. Son mas est au bout d’un petit chemin de gravier longeant une ravine d’un côté et de l’autre la colline. Nous devons descendre pour ouvrir la barrière.

Deux des trois chiens nous reçoivent avec force d’aboiements et je ne suis pas au bout de mes surprises car trois oies criaillent à notre vue. Dangereux les oies, faut pas se faire pincer par elles, ce sont d’excellents « chien de garde ». Michèle, Jean-Michel et les deux garçons arrivent pour nous accueillir. Après avoir monté la butte, nous entrons dans le mas qui a une centaine d’années et des poussières. Les murs étant épais de plus d’un mètre, l’impression de grandeur du mas est trompeuse. La cuisine est dans les tons de jaune citron, bleu et vert. Des perroquets de toutes les couleurs sont disposés aux quatre coins de celle-ci et les poutres au plafond sont apparentes. Et comme dans plusieurs cuisines françaises, le comptoir est en carreaux de céramique. Le tout fait très égayé et pimpant.

Michèle nous désigne, à Mélissa et moi, une chambre au 1er. Jeannine, Jean-Paul et Anne-Sophie dormiront au salon où un canapé dévoile un lit et on installera un matelas pour Anne-Sophie. Michèle nous attend avec une délicieuse paella. On mange dehors sur une immense table de pique-nique de bois. Et quoi de mieux, pour finir le repas, qu’un magnifique péladon. Ouf! Disons que je ne suis toujours pas amateur de fromage de chèvre, mais j’y ai goûté.

Après avoir enlevé le couvert, Jean-Michel me fait visiter la propriété. Un peu plus haut se trouve un vieux mas désaffecté datant du 17e siècle et tout à côté la bergerie. Deux moutons sont là, mais avant d’y pénétrer je demande à Jean-Michel si les moutons font leur besoin à l’intérieur et je me fais répondre que non. Sitôt entrés dans le bergerie, le premier mouton se met à rejeter … enfin le bruit de petits grêlons et le rire de Jean-Michel m’indiquent que je suis aux premières loges des toilettes pour moutons. Je réussis à flatter la brebis et nous sortons de la bergerie. Un peu plus loin, il y a une écurie avec quatre chevaux. Les poules, les canards et canetons, les oies se promènent un peu partout pendant que le coq chante aux cinq minutes. On ne doit pas lui avoir appris que le cocorico se fait le matin et après il n’est plus supposé chanter.

Jean-Paul se réveille après une bonne sieste et nous propose d’aller faire un tour de voiture dans les Cévennes. Jeannine, quant à elle, avait fait une toute petite sieste. Seules Jeannine et moi sont de la partie. J’embarque à l’avant et nous démarrons. Quelle chance ce fut que je sois à l’avant car Jeannine et moi avons l’estomac sur le bord des lèvres après moins de trente minutes. On tourne, on tourne, on tourne et on monte, on monte, on monte à plus de 1 000 mètres. Toutefois, Jeannine réussit à faire un petit roupillon qui lui apaise un peu l’estomac. Je sens que Jeannine et Jean-Paul sont en déficit dodo.

Pour être aride, c’est aride comme paysage, des arbres et des collines à perte de vue, mais les couleurs sont magnifiques; le vert des arbres avec des amas de petites fleurs lilas/mauve au loin. Petits villages pauvres où se regroupent quelques mas autour d’une église. Parfois, on aperçoit une ancienne magnanerie où on élevait les vers à soie.

Au détour d’une courbe, nous apercevons une voiture/camionnette avec, autour, deux adultes et trois adolescents et plein de chèvres dans la colline. Une courbe plus loin, c’est le berger. Oui, un vrai berger avec le bâton, le chien et la houppelande marron. Je suis estomaquée. Je croyais que ce type de personnage n’existait plus qu’à travers mes santons. Mais non, un vrai de vrai berger. De chèvres qui broutaient, il devait bien en avoir plus de cent. Elles étaient toutes marquées de signes et couleurs différents. Or, les adultes dans la camionnette de la première courbe n’étaient pas des touristes comme je le croyais à prime abord mais des bergers venus faire paître leur troupeau. Ca, ça fait beaucoup de péladons….

Après trois heures d’escapade dans les Cévennes, l’estomac complètement barbouillé pour Jeannine et moi, on revient au mas. C’est moi qui dois ouvrir la barrière. Moi qui avais toujours cru qu’être pris dans les ronces n’existait que dans les vieux romans d’époque, je fus bien surprise. Tu essaies du bout des doigts de repousser la ronce qui t’arrache la jambe et elle revient, elle se prend dans ta chair et tes vêtements. Une horreur. Ronce : 1, Moi : 0. Je demande à Michèle un désinfectant; elle m’apporte de l’alcool. Je n’ai plus rien à envier aux troupes de danse à claquettes… Ca brûle, ça chauffe, ça fait mal, mais cela a l’avantage de démontrer mes talents de danseuse sur place.

Comme nous sommes revenus fort tard et que des cousins à Jean-Michel sont attendus, nous nous attablons dès notre retour. Et quoi de mieux pour terminer que le magnifique et puant péladon. Les cousins arrivés, on démarre pour Saint-Jean-du-Gard, petit village à moins de 20km. C’est la fête! On danse à la disco sur la place, on marche dans les petites rues pour se rendre aux feux d’artifice. Comme on ne sait à quelle heure ceux-ci auront lieu, j’ai le droit à la présentation par Michèle au maire à qui je m’enquiers de l’heure. Ce sera à minuit. On retourne, Jeannine et moi, à la disco récupérer les filles pour les feux. Disons que le concours international de Feux d’artifices Benson & Hedges de Montréal m’a gâtée mais les enfants ont bien aimé. On revient au mas où l’on se couche dès notre arrivée. Nous sommes crevés.

 

Information :      La région des Cévennes fait partie du Massif central français. Les Cévennes sont formées de hauts plateaux entre de profondes vallées. C’est une région rude et très aride, très peu peuplée et pauvre. Elle fut plus riche avant la 1ère Guerre mondiale grâce à l’élevage des vers à soie. Aujourd’hui, les gens vivent de l’élevage, de cultures fruitières et de tourisme.

 

Observation :     Au Québec, depuis fort belle lurette, il y a interdiction de vendre des pétards. Or, en France, ils interdisent d’en vendre aux moins de 18 ans. De jeunes enfants d’environ 7-8 ans s’amusaient avec des pétards et les lançaient un peu n’importe où.

 

4h du matin, le 15 juillet 2000

 

Dans toute bonne ferme, il y a un chat. Or, celui de Michèle est du type gêné. Il s’était caché sous un lit dans la chambre où je dormais. A 4h, il a décidé qu’il voulait sortir de la chambre. Je me suis réveillée en sursaut en me demandant si Mélissa ne rêvait pas ou ne pleurait pas. Non, ce n’était que le chat qui miaulait à qui mieux mieux. Après avoir tâtonné pour trouver la lumière, je me suis levée pour ouvrir la porte au sieur LE CHAT.

 

Samedi, le 15 juillet 2000

 

On se lève tous vers 9h. On flemmarde un peu. On quitte le mas vers midi trente pour une crêperie à Saint-Jean-du-Gard. Je réussis à avoir une crêpe jambon, fromage et sirop d’érable. Et oui, du sirop d’érable dans un bled de moins de 2 700 habitants en France. La deuxième crêpe d’Anne-Sophie et Mélissa sont du même type et arrosées de sirop d’érable.

On se sépare et Jeannine, Michèle, Thierry, Damien et moi partons vers Anduze. Jean-Michel doit faire faire de l’équitation aux filles et Jean-Paul ne demande pas mieux que faire une petite sieste. Après avoir marché dans le petit village d’environ 3 000 habitants, on fouine dans les magasins. Jeannine se trouve une paire de chaussures, j’y trouve un pot typique d’Anduze pour une amie avec de la lavande ainsi que des petits sachets d’herbes et d’autres de lavande.

On retrouve les gars et on part vers le mas, non sans un arrêt à l’Hypermarché du coin. Les gars m’aident à trouver les soupes de poissons en sachet et la tapenade (olives à tartiner) que je prendrai avec moi pour le Québec. Je ne trouve que des petites soupes collation rapide. Bon, j’en prendrai quand même une boîte au cas où...

De retour au mas, je vais prendre une longue marche avec Michèle et ses trois chiens. Elle a une propriété de 6 hectares de boisé dans les collines. Elle avait pris des moutons afin de débroussailler un peu derrière et ces derniers avec les chevaux se sont également régalés de l’herbe à l’avant du mas. Nous revenons et Jeannine est à la télévision, les filles à cheval, Jean-Paul à son ordinateur. Quant aux garçons, ils nous ont suivi Michèle et moi durant notre ballade afin d’attraper quelques bribes de conversation au passage.

Au retour, on prend la laitue, les tomates, l’oignon et une magnifique courgette dans le jardin. J’ai bien fait rire de moi car j’ai cru que les plans de courgettes étaient de la rhubarbe. Comme quoi, je suis une fille de ville et pas du tout de la campagne. Malgré tout, j’ai montré à tous que nous pouvions manger de la courgette crue dans la salade. On prend l’apéro ensemble. On regarde le temps passer; tout est si calme et tranquille, on entend presque le silence si ce n’était le gazouillis des oiseaux et le cocorico de l’horrible coq, que j’ai pris en aversion.

On prépare les légumes du jardin, Jeannine fait cuire des pommes de terre pour faire une salade qui accompagnera nos grillades et saucisses. Le tout bien arrosé d’un rosé, comme à tous les repas et pour finir… le flanc à Michèle. Mais entre la grillade et le flanc, il ne faut pas oublier l’inoubliable péladon.

Après la vaisselle, Jean-Paul, Michèle, les filles et moi restons à la cuisine où l’on se conte nos soûleries de jeunesse. On se couche tôt, vers 23h; je vérifie que le chat n’est pas dans la chambre. Avant de s’endormir, Mélissa me fait réaliser à quel point il fait noir. Je colle ma main sur mon nez et je ne vois pas un seul de mes doigts. Je ne suis pas très brave dans ce noir d’encre.

 

Information : Anduze est réputé pour ses pots en poterie. Ils sont de couleurs et grosseurs différentes mais sont tous du même modèle. Ils peuvent servir de coquetier ou d’immenses pots à plante.

 

Dimanche, le 16 juillet 2000

 

Je me lève à 8h45. A part Jean-Michel qui est debout depuis les aurores, je suis la seule à être debout. Pas pour longtemps car Michèle vient me rejoindre quelques minutes plus tard. Tout le monde finit par se lever tranquillement. On regarde le temps passer. On ne fait rien, on ne bouge pas, on ne parle pas, on ne fait que respirer. Tous les hommes sont à l’intérieur à regarder le Tour de France et la course de Formule 1. Après le repas et la sieste de Jeannine, Michèle, Jeannine et moi quittons pour Saint-Jean-du-Gard. On laisse les filles au mas car Jean-Michel leur fera faire de l’équitation. On va à la braderie. Rien pour personne. On se balade à pied dans le petit village et on s’arrête dans un bistro. Il y a quelques touristes qui se promènent, le ciel est bleu et la température clémente. On finit par rentrer au mas. Tous les hommes ont écouté le Tour de France et les filles ont attendu en vain un tour de cheval. Dès que l’étape est terminée, Jean-Michel amène les filles au paddock.

Anne-Sophie part la première; après quelques tours, le cheval galope et prend une courbe très vite. La selle tourne un peu et Anne-Sophie se retrouve dans une position précaire; elle attrape la crinière pour ne pas tomber. Jeannine est verte de peur. Finalement, le cheval arrête et Jean-Michel réussit à resserrer la sangle. C’est au tour de Mélissa. Tout se passe bien mais après deux tours, le cheval se met au galop. Comme elle n’est pas habituée, son poids est projeté vers l’arrière. Le cheval finit par arrêter et se remettre au petit trot. Les deux filles en seront quittes pour une bonne frousse.

Il est temps de retourner à Aix. Nous quittons le mas vers 18h30. Nous arrêterons à Anduze pour une pizza et pâtes. Avant de partir du resto, on décide d’aller aux toilettes. Je prends une porte et Mélissa une autre. Je vois revenir une Mélissa des plus perplexe. Elle me mentionne qu’il y a quelque chose de pas normal dans l’autre toilette; c’est un trou par terre. Elle a vu pour la première fois une toilette turque et elle ne veut pas l’utiliser. Je rigole bien. Après avoir payé l’addition, nous partons.

La lune est magnifique; tous sauf Jeannine la voient puisque cette dernière pique un petit roupillon. Peu de temps après, elle se réveille et nous mentionne que la lune est belle. On rit bien d’elle car nous, nous l’avons lorsqu’elle n’était pas encore tout à fait levée et elle était encore plus belle. Le paysage s’aplanit au fur et à mesure que nous nous éloignons d’Anduze. Jeannine sommeille tranquillement à l’arrière. Anne-Sophie veut aller aux toilettes; nous arrêtons à une aire de repos. Durant l’absence de Jeannine et Anne-Sophie, Mélissa se met à parler, parler, parler et finit par : « On me dit que je parle trop et je parle dans le vide ». Pour une fillette qui n’a parlé que par monosyllabes durant tout le voyage, j’en reste bouche bée. On repart et Mélissa est intarissable, tellement que Jeannine qui est assisse derrière moi se penche et me dit : « Elle cause ». Je m’esclaffe et rit pendant quelques minutes. C’est trop drôle. Il faut bien être rendu à la fin du voyage pour qu’elle parle sans arrêt. Nous finissons par arriver vers 22h30 et les filles partent directement au lit. On reste un peu à parler Jeannine et moi et on finit au lit vers minuit.

 

Information : Les toilettes dans les aires de repos sont sur le modèle turc.

 

Lundi, le 17 juillet 2000

 

On se lève à 9h, on déjeune et on embarque. Direction, Aqua City pour les filles. Il fait un soleil radieux et il ne vente pas. L’eau des glissades ne devrait pas être trop froide. On convient que nous reviendrons vers 12h30 afin de voir si elles en ont assez ou non.

Quant à Jeannine et moi, nous nous rendons au légendaire Plan de Campagne et son Casino. Plan de campagne est une aire commerciale seulement étendue sur plusieurs kilomètres de long et de large; quant à Casino, c’est une autre grande surface du type Club Price mais en beaucoup mieux. Jeannine fait le plein d’essence car nous roulions sur les vapeurs…

On fait des courses car je veux trouver la soupe de poissons en sachet et de la tapenade. On avise d’un type qui place dans les tablettes. Je lui demande, en articulant bien, où se trouve la soupe en sachet. Le type me regarde complètement paumé et me dit : « Quoi? ». Je regarde Jeannine un peu perplexe et elle éclate de rire. Une dame à côté de nous se retourne vers le type et lui dit le mot soupe. Finalement, il nous dit dans quelle rangée et on s’y rend. Jeannine était désolée d’avoir éclaté de rire mais elle ne pouvait pas comprendre pourquoi le type n’avait pas compris le mot soupe. Après m’être fait demander si je parlais anglais à une ou deux reprises à Paris et à Bruxelles, voilà, on ne comprenait même plus rien.

On finit par trouver la soupe, la tapenade, la rouille et on va payer. Il est l’heure d’aller voir les filles à Aqua City. Lorsque nous arrivons, elles nous disent qu’elles s’amusent bien et qu’elles vont rester jusqu’à 16h. Nous retournons donc à Aix, on gare la voiture à l’appartement direction centre-ville. On mange dans un petit resto tunisien. Le propriétaire vient nous parler un peu car il connaît Jeannine. Les gens sont très gentils.

On fait la ville d’Aix; on cherche et trouve le bol avec le Marsepulamis (animal de bandes dessinées) mais pas celui avec Gaston Lagaffe (autre personnage de bandes dessinées). On veut échanger trois santons que j’ai mais le lundi les magasins, et pas tous, n’ouvrent qu’à compter de 14h30-15h. Le santonnier est fermé et nous allons faire d’autres magasins en attendant. Jeannine trouve le débardeur avec des perles au bas pour la fête d’Anne-Sophie. Je prends une glace en l’attendant. On repart tranquillement vers d’autres magasins et on repasse devant le santonnier qui est toujours fermé. Ce sera donc Jeannine qui devra aller échanger les trois santons et qui devra me les rapporter lors d’un prochain voyage.

Nous avons trimbalé les livres à rendre à la bibliothèque, car elle aussi est fermée. On va à la librairie pour acheter un livre à un copain qui me l’a demandé. On débouche sur la place principale, soit la rue du Cour Mirabeau. Nous retournons à la voiture et allons chercher les filles à Aqua City. Elles nous attendaient et nous repartons pour Casino. Pendant que nous faisons les courses pour le souper, les filles sont dans les vêtements. Elles se trouvent chacune une jupe de jeans avec des perles au bas. Le menu ce soir sera gigot d’agneau et haricots verts. On trouve du melon et je dois demander au garçon s’il est bon pour ce soir. Il reconnaît mon accent et nous parlons un peu. Les melons seront bons pour ce soir. Retour à Aix où l’on arrête pour louer un vidéo pour les filles ce soir. A notre arrivée, Jeannine écoute les messages sur répondeur. Mon frère a téléphoné durant notre absence, un message disant qu’il va rappeler.

On s’installe à la table pour arranger les haricots. Mon frère téléphone et parle un peu avec Mélissa et moi. Les filles viennent nous aider à arranger les haricots et nous démarrons le dîner. Jean-Paul arrive et nous passons à table. Dès que le repas est terminé, les filles vont à la télévision, Jeannine au lit car elle a l’estomac encore barbouillé et Jean-Paul et moi au salon où nous devisons tranquillement. Jeannine vient nous rejoindre une heure plus tard. Je pars faire la vaisselle. Jean-Paul et moi nous nous disons au revoir car demain il quittera la maison à 5h car il prend l’avion pour Paris. Jeannine et moi parlons un peu de tout et de rien. Ma valise est prête et surtout bien pleine et je vais me coucher à minuit trente.

 

Information : La loi française mentionne que les commerçants doivent accorder une journée et demie de repos. Comme les magasins sont ouverts jusqu’à 18h le samedi, certains ouvrent le lundi en après-midi et d’autres n’ouvrent que le mardi.

 

Mardi, le 18 juillet 2000

 

Lever à 7h30 car nous devons, Jeannine et moi, retourner au marché pour acheter deux trois trucs pour les enfants de sa sœur Francine. On petit-déjeune en vitesse, je réveille les filles avant de quitter et on courre au marché, non sans avoir descendu ma valise de peine et de misère. Je crois que je transporte de la brique et de la pierre. Au marché, les étalages commencent tout juste à être montés.

Le premier achat est fait en vitesse mais au deuxième on doit attendre que le type place ses lattes de bois sur ses échafauds de métal. Dès que Jeannine a repéré la marchandise elle la prend et paye. Au galop, on arrive à l’appartement. Les trucs sont mis dans mon sac à dos. Anne-Sophie s’était rendormie croyant qu’elle ne pouvait pas venir à l’aéroport en raison d’un manque de place dans la voiture. Finalement, on réussi à tout caser, ma valise, celle de Mélissa et les deux filles.

On arrive à Marignane vers 9h40 non sans que Jeannine m’ait fait croire tout le long du voyage qu’elle ne se souvenait plus du chemin. Au Québec, les indications pour les aéroports portent également le pictogramme d’un avion droit, lorsque c’est tout droit, et penché d’un côté ou de l’autre selon qu’il faut prendre une sortie à gauche ou à droite. Or, en France, l’avion est toujours couché à droite, d’où ma méprise et ma crainte d’être perdue et rater le départ.

Dès notre arrivée, je laisse les filles avec les valises et pars faire tamponner mes papiers pour récupérer la taxe sur le sac à main. Dès que c’est fait, je courre chercher la boîte aux lettres. Je reviens et nous attendons bien trente-quarante minutes avant d’arriver au guichet. Il sera bientôt l’heure de se quitter. Après les dernières bises, nous passons les portes qui nous séparent de Jeannine et Anne-Sophie. On se dirige au duty free où le choix est nul. L’avion quitte à midi, soit avec plus de trente minutes de retard. Nous faisons un arrêt à Goose Bay pour remplir les réservoirs. Le fuel coûte moins cher… Voilà, nous nous posons avec trente-cinq minutes de retard. Ma belle-sœur et mon neveu nous attendent. Le voyage est terminé.

Vancouver - 1998

Le 9 octobre 1998

 

Avec François, un gars du bureau, on va chercher Jocelyne au métro. Nous arrivons à Dorval un peu plus d’une heure avant le départ. On enregistre les bagages de Jocelyne. Quant aux miens, ce ne sont que deux sacs relativement petits que je prends avec moi dans l’avion. On quitte l’enregistrement. Jocelyne s’appuie un peu trop sur le porte-bagages qui bascule vers elle et l’entraîne. En bon québécois, elle fait un « wheely » mal contrôlé et elle tombe à genoux à terre. Naturellement, tout le monde la regarde… moi également. Elle se retrouve avec de belles joues roses d’émotion… On rigole bien. Comme l’embarquement doit se faire à 19h et qu’il est près de 19h on se rend en file indienne aux portes. Finalement, le départ est reporté d’une vingtaine de minutes. L’embarquement se fait et on décole vers les 20h. Et bien, pour une fois le film est potable. C’est 7Days, 6 Nights avec Harrison Ford et Anne Ashe. A l’aéroport, le neveu, Patrick et la nièce de Jocelyne nous attendent. On finit par se coucher vers minuit, heure locale, ou 3h du matin notre heure.

 

Le 10 octobre 1998

 

Avec le décalage, on se lève à 6h40. Le neveu de Jocelyne avait préparé la chambre. Jocelyne a pris le matelas par terre et moi le petit lit. On descend se préparer à déjeuner…. sauf que la veille… Jocelyne avait mis de l’eau dans le chaudron…. qui est en fonte… et ce qui devait arriver, arriva. J’ai pris le chaudron et j’ai aspergé le plancher de la cuisine. Comme la nièce de Jocelyne dormait au salon, il ne fallait pas faire de bruit, ni allumer la lumière. On s’est donc mises à quatre pattes et on a lavé le plancher de la cuisine. On quitte avec Patrick pour Victoria à 8h45. Le long du boulevard on passe devant un « surplus de l’armée ». On a mis en vente un vieux sous-marin russe. Sur la Fraser, il y a de la « pitoune » ou plein de billots de bois. Les haies de cèdre sont magnifiques. Il y a plein d’églises et d’écoles de toutes allégences, shiks, musulmans, catholiques. Finalement, nous arrivons au ferry. On prend le ferry vers Nanaimo, puisque celui qui nous amènerait à Victoria quitte que 2 heures plus tard. On embarque sur le ferry, qui est immense. On se promène sur les différents étages et on aboutit au restaurant. Nous sommes assis à côté de la fenêtre. Il fait gris mais il ne pleut pas; malheureusement le Pacifique est gris aussi. On sent l’odeur de la mer. On longe l’île de Vancouver. Les arbres ont commencé à changer de couleur ici aussi. On débarque à 12h30. On voit les premiers totems! On se promène dans Nanaimo. Très belle petite ville le long du Pacifique. On se dirige vers Victoria en longeant la côte. Il pleut, il fait soleil, il fait gris. On a le droit à toutes les températures. On arrête à Duncan, ville des totems (des centaines de totems). Partout où nos yeux se dirigent, il y a un totem. On arrête et on visite un petit musée et une galerie d’art. Ils sont très beaux les totems et aussi très chers. L’art indien n’est pas vraiment abordable. Jocelyne et moi achetons une petite cuillère et on quitte Duncan. On finit par arriver à Victoria où il fait soleil. On se promène sur le bord de l’eau. C’est une très belle ville. On veut aller prendre le 4 o’clock tea à l’hôtel Empress. Le prix nous fait reculer. 25$ par personne. La ville de Victoria est très « british ». On y retrouve des boutiques identiques à celles de Londres avec ses plaids écossais. On est à la recherche du resto où semblerait, selon Patrick, que les cheesecake sont les meilleurs en Colombie-Britannique. On le trouve… mais un « labour dispute » nous empêche d’y aller. Finalement, tout ce que l’on a mangé depuis le bateau à 11h, c’est un sac de chips à Duncan. On a faim, mais on décide de reprendre le ferry pour Vancouver et manger là-bas. Dans le bateau, il y a plein de shiks qui reviennent d’un mariage. On voit les jeunes mariés qui ont de merveilleux bijoux et qui font plein de bruit. C’est vraiment beau. A l’arrivée, on doit aller chercher la nièce de Jocelyne qui est restée au condo et il faut l’amener chez une copine. On dépose Kathleen vers 22h30. Une chance le resto est tout près. Patrick commande pour nous trois. On a riz frit aux crevettes et porc, brocoli chinois, bœuf au gingembre et tofu. Je finis par céder à la pression et je goûte au tofu. Bizarre comme goût et comme texture. Patrick commande du congee (mixture de riz bouilli avec bœuf). J’y goûte aussi. Pas mauvais, mais… Patrick met un peu de sauce soya dans son plat, sauf que… c’est du vinaigre de soya qu’il a mit. Grimaces et fou rire! Pauvre Patrick. On sort du resto et on se rend à un autre resto où Patrick va acheter du « bubble tea ». Alors là, vraiment, c’est immonde. C’est fabriqué avec du thé vert froid, du lait en poudre et les « bubble » c’est du tapioca. Nous arrivons à minuit.

 

Le 11 octobre 1998

 

On se lève à 9h30. On déjeune et la sœur de Jocelyne, Christiane, téléphone. Patrick vient nous reconduire chez Christiane avec une valise car demain on part de chez Christiane pour Whistler. On quitte la maison de Christiane avec sa fille Stéphanie pour Vancouver. On se dirige vers Queen Elizabeth Park où il y a un magnifique jardin de roses. Enfin, on s’imagine qu’il doit être magnifique car il y a peu de roses. C’est l’automne. On se promène un peu dans le parc. On y a une vue magnifique des montagnes et de la ville de Vancouver. On se rend au centre d’achats Oakridge. Très beau centre d’achats. On y mange, magasine un peu et on repart vers Stanley Park. Un must! On fait le tour. On finit par trouver de peine et de misère les totems! C’est que c’est moi qui conduit et Christiane donne les instructions. Pas évident car je ne connais pas le coin et en plus, les gens sont très « fragiles » du klaxon. Tu te fais klaxonner pour un oui ou pour un non. Les gens de Vancouver n’ont aucune patience. Il faut dire aussi que Christiane m’avise un peu à la dernière minute pour la direction à prendre! On se rend au « View Point » où encore là la vue du port de Vancouver est magnifique. On revient vers les 18h et on s’arrête au marché près de chez Christiane. On y achète du Cha Swo (porc) et de la saucisse. Avec du riz, c’est délicieux. Je me couche à 21h. Au moins, j’ai un bon début de nuit… En effet, Jocelyne et moi devons coucher dans le même lit. Cela est déjà arrivé par le passé et on reste toutes les deux chacune de notre bord. Sauf que… sachons seulement qu’à un moment donné durant la nuit, j’ai eu le goût de me lever pour aller dormir de l’autre côté du lit puisque Jocelyne me poussait presqu’à terre. Deux ou trois fois durant la nuit, je me réveille et j’essaie de la pousser. Bizarre, elle me dit le lendemain matin que je lui ai donné deux trois coups de pied !

 

Le 12 octobre 1998

 

On quitte la maison vers 10h pour Whistler. C’est encore moi qui conduit. Il pleut des cordes! Ca augure bien pour les montagnes. On arrête pour prendre de l’essence! On a pas la clé pour ouvrir le réservoir. On revient à la maison prendre la clé. Le mari de Christiane avait oublié de nous donner la clé. On repart, on retourne à la station d’essence et nous voici en route pour les Rocheuses. Partout sur la route, il y a des barrières qui sont levées, pour l’instant, et qui doivent empêcher les gens de voyager dans les tempêtes de neige. La route est merveilleuse. A un moment donné, il y a un embranchement pour une route encore plus sur le bord du Pacifique. Je le prends… Finalement, la route côtière était celle où nous étions! On perd une trentaine de minutes pour sortir du petit village. On passe devant la cascade d’eau 5-6 fois. On rigole bien. On rembarque sur l’autoroute. C’est majestueux. D’un côté on a le Pacifique avec quelques petites îles et de l’autre, les montagnes avec le pic enneigé. Il pleut tout le long. Il est temps que nous arrivions à Whistler. Le premier arrêt… pipi. Je gare la voiture n’importe comment, j’entraîne Jocelyne, en tant que traductrice, et on s’engouffre au Hard Rock Café de Whistler pour la salle de toilettes. On ressort du resto, reprends le volant et allons nous garer pas trop loin. Le Hard Rock Café… bon pour les toilettes mais pas pour le menu. On aboutit au Mongolian Restaurant. Super comme concept. Un grand buffet avec une multitude de légumes, porc, bœuf, agneau, crevettes, poisson et sauces diverses. On prend un plat et on y met ce que l’on veut. Lorsque terminé, on va à l’immense plaque ronde de fonte qui est brûlante et on donne notre plat à un gars qui pèse le tout et fait cuire sur la plaque. Un coup cuit, il met les aliments dans un assiette et le tour est joué. On paye « au poids ». Après le resto, on se promène un peu au cœur du village où il y a plein de boutiques. On lèche les vitrines, on entre, on achète et on continue à se promener. Comme il pleut et que c’est gris, c’est moins attrayant. Le pic des montagnes est caché dans les nuages. Il est temps de rebrousser chemin. C’est quand même environ 3 heures de route pour revenir. Comme j’ai dit, ça fait loin pour aller au resto! Sur le chemin du retour, il y a un peu de brume durant une à deux minutes. Pas trop intéressant car on est dans les courbes, à monter, descendre les côtes avec à droite, le précipice et le Pacifique et à gauche la montagne et les éboulis. On arrête à Squamish, à mi-chemin, pour un arrêt santé (pipi). On se ramasse chez Tim Hortons et Wendy’s. On arrive à 18h et Patrick et Kathleen arrivent vers 18h30. Christiane appelle pour le lunch. Riz frit, tofu, Egg Foo Yong, riz blanc et autres délices sont sur la table. On quitte vers 22h30. On va porter Kathleen au dortoir de l’Université Simon Fraser. Patrick nous promène un peu et nous amène à un « View Point ». On y voit Vancouver de nuit.

 

Le 13 octobre 1998

 

C’est ma dernière journée. On se lève vers 7h40. Il pleut encore. On prend le bus à 10h pour Vancouver. Pas gentil le chauffeur d’autobus, bête et con comme ça se peut pas. On arrive au Chinatown. On entre dans diverses échopes. Odeurs, couleurs, tout est différent. Le Chinatown de Vancouver est plus vieux que celui de Montréal. On se dirige vers Gastown ou le vieux Vancouver. Il y a trois rues pour le Gastown. On prend pas vraiment la bonne. On se ramasse dans le vieux Vancouver mais celui des robineux, des piqueries, des putains, héroïnomanes, etc. Pas tellement beau, quoi. On continue et on décide de bifurquer. Bien nous en pris car on se ramasse sur la bonne rue de Gastown. On mange dans un petit resto style café français. Très joli concept, mais que les gens sont peu affables. Pas de sourire, pas de merci. On remonte vers Canada Place. On marche beaucoup et on se met plein de belles images dans la tête. Vancouver étant une ville portuaire, beaucoup d’activités se déroulent sous nos yeux. Les hélicoptères, les hydravions, les bateaux petits et gros sont là qui partent et qui viennent sans arrêt. Vancouver est également une ville très étendue avec une grande banlieue. Il est temps de retourner à la maison. On rentre dans plusieurs boutiques d’art indien. On ne s’achète rien car tout y est hors de prix. On voit les chapeaux de plume des indiens… magnifiques; le prix aussi, 5 000$. On voulait s’acheter un masque indien Jocelyne et moi. Trop cher. On s’achète un aimant à mettre sur le frigo. Voilà pour le souvenir. On reprend l’autobus. On en a pour une heure de trajet. Patrick arrive peu de temps après nous. On se rend à l’épicerie où on s’achète une baguette que nous nous empressons de manger à notre retour. Nous partons pour l’aéroport où Patrick connaît un super resto. Malheureusement, à cause de pressions de la part des restos avoisinants, la carte a été coupée du trois quarts. Le super resto n’est plus qu’un resto ordinaire. Je les quitte vers 21h55. Il est temps que je prenne l’avion. Grâce à Patrick, j’ai pu voir l’île de Vancouver et il a eu la gentillesse de m’amener et me ramener à l’aéroport. Christiane et son mari ont été super chics. Ce n’est pas tout le monde qui passerait son auto à une étrangère pour conduire dans une ville inconnue et dans les montagnes. Ce fut un voyage court mais très agréable. Je pourrai maintenant dire que j’ai vu le Pacifique.

 

Londres - 1998 - Le grand verglas (1ère partie)

Vendredi, le 9 janvier 1998

Cinquième journée de pluie, grésil et verglas qui tombe sur le Québec. C’est un type de Boston qui fait partie de Dunkin’ Donuts et que j’ai hébergé la nuit précédente à cause d’un manque de chambre d’hôtel, qui m’amène au bureau. Paysage apocalyptique! Je travaille toute la journée à la chandelle car depuis la veille, 9h30, il n’y a plus d’électricité. Mon frère est dans l’obscurité depuis le lundi 5 et mes parents depuis hier matin.

Finalement à 16h, François l’un des employés du bureau m’amène à l’aéroport. Il pleut de la glace. Il fait un temps gris et il y a peu d’autos sur le réseau routier.

Lili et sa fille Peggy m’attendent à l’aéroport. On se dirige vers le comptoir des inscriptions. On y rencontre une autre fille, Johanne, qui retourne chez elle en Suisse. Le comptoir n’ouvre qu’à 18h. On parle de tout et de rien. Oups! L’électricité manque, ce sont les génératrices qui embarquent. Cela augure bien mal. Finalement, le comptoir ouvre. Lili veut être à l’avant. On décide de se trouver 3 bancs ensemble, soit Lili, Johanne et moi-même. Lili et moi sommes à un comptoir et Johanne celui tout à côté. Après discussions entre filles, on demande aux hôtesses de nous mettre ensemble. Les deux hôtesses ne se parlent pas, ne se regardent pas; elles nous ignorent totalement. Je prends la mouche et leur demande bêtement si elles sont capables de nous aider en leur mentionnant qu’elles sont bien au chaud et que nous, nous avons travaillé au froid toute la journée. Elles sont vraiment bêtes et stupides et finalement on garde les sièges qu’elles ont assignées chacune de leur côté.

On décide d’aller souper les quatre au resto « Eggspectation ». Lili, par manque d’électricité dans la journée, avait été mangé avec Peggy des œufs dans un resto. On laisse notre « caddy » à la porte du resto comme les autres « sauvages » tel que le dit Johanne.  A force de parler ensemble, j’apprends que Johanne, la canado-suissesse, vient de Saint-Germain, village à côté de Drummondville. Le monde est petit. Lili part aux toilettes et revient la mine basse. Notre vol est annulé!

Lili, avec son grand cœur, offre l’hébergement à Johanne puisqu’aucune chambre d’hôtel n’est disponible. On se renseigne… nos valises sont revenues et sont dans le corridor mais nos billets ne nous seront pas redonnés. Nous n’avons que nos cartons d’embarquement. Le préposé nous suggère de téléphoner le lendemain matin au bureau de British Airways. Une chance que la fille de Peggy ne nous avait pas quitté. Elle est donc allée finir de déneiger sa voiture car il y a bien deux pouces de glace sur la valise arrière. On finit par mettre l’une des valises de Johanne, la mienne ainsi que celle de Lili à l’arrière et l’autre valise de Johanne entre elle et moi sur le siège arrière. Il faut dire que les deux valises que Johanne « assumait » étaient volumineuses et pesantes ainsi que de type rigide. De plus, à chaque fois que nous voulions aider Johanne, elle nous disait en rigolant qu’elle « assumait ». Nous avons bien ri tout le long du voyage entre l’aéroport et l’appartement de Lili puisque nous étions comprimées à l’arrière et à chaque fois que Peggy prenait une courbe ou tournait, nous devions tenir la valise afin de ne pas être écrasées.

A 22h30, nous étions au lit puisqu’il n’y avait pas d’électricité mais pas avant d’avoir demandé à Lili si elle avait un séchoir à cheveux…!

Samedi, le 10 janvier 1998

 

Lili téléphone en Angleterre à 6h45. Il faut bien avertir l’hôtel. On nous répond que nous faisons l’actualité internationale et  « we will see you when we will see you et you will pay when we will see you ». On s’habille et on part déjeuner pas trop loin dans un resto-casino du coin. Et pour déjeuner… encore des œufs. A un moment donné, on perd Lili. On finit par la trouver au téléphone avec les gens de British Airways. Elle vient nous retrouver. Si on quitte de Montréal, cela n’ira pas avant mardi! L’agente de British finit par nous trouver trois places sur le vol Toronto-Montréal, dimanche soir et nous les réservent.

De retour chez Lili, on téléphone à Via Rail! Les lignes ferroviaires sont fermées depuis la veille! On se tourne vers l’autobus. Tout semble fonctionner. Le fils de Lili descend de Mascouche afin de venir nous porter au terminus d’autobus. On passe par de petites rues où l’on voit des rues fermées à la circulation, le carré Saint-Louis jonché de branches d’arbres cassées. La ville est dévastée. On dirait qu’une bombe a éclaté.

Le départ du bus est prévu pour 15h30. Nous ne sommes pas les seuls à avoir pris le bus. On quitte Montréal. Le bus arrête un coin de rue plus loin. Wow! On va avoir droit à un film. Pouah! Mr. Bean. J’aime pas vraiment ce type d’humour. Après une quarantaine de minutes, le chauffeur prend, à notre grand désarroi, une sortie et trouve un téléphone public où il fait un appel. On repart. On quitte encore l’autoroute à un arrêt de camions. Le chauffeur revient. C’est Ok, on peut continuer. Il semble qu’il y a de la glace sur le moteur et il voulait l’autorisation de continuer. Ouf! Finalement on arrête vers 20h30 pour souper. Il commençait à être temps car nous n’avions pas mangé depuis 8h30 le matin.

On arrive à Toronto à 22h30. On prend un taxi qui nous amène à l’hôtel. Le taxi est vieux Ford, bien entretenu mais qui fait des bruits bizarres. En plus, le chauffeur aime bien la vitesse car sur l’autoroute on roule à 80 miles/heure… pas kilomètres car l’auto n’indique que les miles. En plus, il réussit à se perdre un peu… Et il ne faut pas oublier que l’une des valises de Johanne est sur la banquette arrière entre Johanne et moi et cela nous laisse peu de place pour nous deux. De plus, à chaque courbe elle doit me tenir car je tombe et je ne peux pas me retenir nulle part. On rigole bien.

A l’hôtel, on regarde un peu la télé dans le hall. Le pont Jacques-Cartier est fermé, des pans entiers de glace tombent du haut des buildings. On va prendre un verre au bar de l’hôtel et on se couche à 23h30. J’ai le droit au petit lit d’appoint et… au séchoir à cheveux!

 

Dimanche, le 11 janvier 1998

On se lève à 8h45 assez reposée. On est moins stressé car on sait que nous allons quitter ce soir pour Londres. On est chanceuse car aucune de nous n’a « respiré gras » comme le dit si bien Johanne. Après le déjeuner, on quitte pour l’aéroport. Encore une fois, on a le droit à la valise mais ce coup-ci, c’est moi qui est entre la valise et Johanne. Disons que nous sommes dans un espace tellement exiguë que Johanne a de la difficulté à fermer la portière. On est presque assise l’une sur l’autre. Encore une fois, on rigole bien.

Arrivées à l’aéroport, nous attendons l’ouverture des bureaux de British Airways. Nous n’avons pas de billets en main, il faut donc organiser le tout. L’agente finit par arriver. Les filles me font jurer de ne pas parler car l’agente a l’air bête comme c’est pas possible et... Après explications, l’agente qui nous parlait en anglais, finit par nous répondre en français car je lui demande si elle ne parle pas en français car son nom est Anne-Marie. Pas trop anglais comme prénom. On apprend qu’elle vient de Châteauguay et que la veille avait été une rude journée car plusieurs « annulés » s’étaient pointés à ses bureaux et les gens de BA de Montréal ne l’avaient pas avertie. De plus, elle voulait bien nous réserver nos places dans l’avion sans que nous ayons à nous présenter à nouveau à l’embarquement trois heures à l’avance. Egalement, elle nous a donné un coupon de 8$ nous permettant de manger. Avec notre bout de papier sur lequel était inscrit nos trois noms pour nos billets et notre 8$ en main nous sommes allées consigner nos bagages. Toutes les trois ont se ramassent au téléphone. Johanne avertisait de l’heure d’arrivée à son mari, Lili parlait à sa fille et moi j’apprenais que l’électricité était revenue après 7 jours chez mon frère et que mes parents étaient chez lui.

Comme Johanne n’avait jamais vu la ville, nous avons pris la navette pour le centre-ville. C’était froid et humide et surtout venteux. On gelait. Lili nous a amené à travers les souterrains jusqu’à l’hôtel de ville, ancien et nouveau, et au centre Eaton. On a dîné dans un « food hall » et nous sommes allés m’acheter une paire de gants. Ceux que j’avais pris pour faire le voyage avaient vécu la période « glaciaire » et en les remettant… ils avaient des trous d’aération. On s’est redirigé vers l’arrêt du bus. On est entré dans une pharmacie pour acheter un truc pour le rhume pour Lili et en ressortant on s’est trompé de direction! Ce n’est que deux coins de rue plus loin que Lili a réalisé que nous n’étions pas dans le bon chemin. Là on était en retard. On avait rien à envier aux athlètes olympiques de marche rapide… on doit avoir battu des records, mais on est arrivé à temps… gelées mais à temps.

Retour à la consigne où Johanne « assumait » pour une dernière fois ses deux énormes valises. J’ai laissé les filles s’occuper des valises et des billets et je suis repartie porter le caddy. De retour au comptoir où les filles m’attendaient, j’apprends que nous serons en classe affaires! Wow! Quel luxe! Nous étions folles de joie!

Nous sommes allées manger dans un petit resto chinois de l’aéroport et il était temps de prendre l’avion qui partait à 20h30. Que demander de mieux! Nous étions assises les trois ensembles dans l’allée du milieu. Les sièges sont très larges et comme nous étions dans la première rangée, nous avions beaucoup d’espace pour les jambes. Les bancs s’allongent un peu comme des « lazy boy » ce qui m’a permis de dormir trois heures. On nous attendait avec une petite pochette qui contenait des crèmes, des pantoufles, des cache-yeux, une brosse à dents. Par contre, pas de films à mon goût et ce, malgré le fait qu’il y avait plusieurs films de disponible dont Mr. Bean! Populaire pas mal trop à mon goût! Quant au souper, ce fut très bon. Nous sommes arrivées à l’heure et c’était temps pour nous de dire au revoir à Johanne en se promettant de s’écrire.

Lundi, le 12 janvier 1998

Lili m’avait averti qu’il y avait beaucoup de sikhs à l’aéroport. Je n’en ai pas vu beaucoup. Par contre, tous les anglais ou presque lisent le journal. On passe à la douane, on se rend au bureau du tourisme pour y prendre nos « travel cards », on se dirige vers l’underground ou plus communément appelé le tube. En mi-trajet, le métro parcourt à l’extérieur ce qui me permet de constater que l’herbe est verte et qu’il y a des gens qui jouent au golf! On est loin de la glace et de la neige. On arrive à notre station « Russel Square ». ll y a 19 marches à monter et cela nous amène à trois immenses ascenseurs. Sur la pancarte près des ascenseurs, il y est inscrit 175 marches pour ceux qui sont claustrophobes! Vive l’ascenseur surtout avec les valises.

L’hôtel est à quatre coins de rue du tube. Il ne fait pas froid (10oC) mais c’est un peu humide. On nous indique que la chambre est au 4e et il n’y a pas d’ascenseur. Le réceptionniste monte nos valises jusqu’en haut mais il faut que n